• Catégories

  • Chaque jour est le bon

    décembre 2018
    L M M J V S D
    « Jan    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Pages

  • Archives

  • J'ai été heureux de vous accueillir, vous les

    • 261 427 lecteurs depuis avril 2009

Manque confiance en soi et agitation mentale

Comme je le suggérais hier, un point important pour concrètement entrer en contact avec cette « nature de Bouddha en nous » est la pratique de la méditation silencieuse.

En effet quand nous décidons que nous ne sommes pas « capables » ou « bien » ou autre chose qui nous rabaisse, le mental s’emballe en puisant dans ses « entrailles inconscientes » pour renforcer ce manque de confiance en soi.

La méditation va nous permettre d’expérimenter le fait que tout ce bouillonnement mental n’est pas nous, et que nous pouvons le laisser passer, sans lutter contre et sans être embarqué par lui.

« Un obstacle à une un meilleure compréhension de soi est un état d’agitation mentale. Puisque la compréhension de soi demande une certaine capacité à se concentrer sur ses propres capacités et son caractère, un esprit constamment agité ne disposera tout simplement pas de la place pour entreprendre une réflexion sérieuse sur soi. »

Dalaï-Lama & Howard Cutler

Mais il ne s’agit pas d’essayer de faire 30 mn de méditation et de voir que cela ne fonctionne pas, et d’arrêter et de reprendre 1 mois après avec un autre enseignant.

« La méthode principale pour obtenir une vie plus heureuse est d’entraîner votre esprit à une pratique quotidienne qui affaiblit les attitudes négatives et renforce les comportement positifs. »

Le Dalaï-Lama

Nous devons nous maintenir dans une pratique (quasi) quotidienne dont la durée sera adaptée à nos possibilités, quitte à être très courte au début, pour au moins ancrer le processus en nous. Et de conserver sur de longs mois une même pratique, si possible en étant en contact avec un enseignant.

Il ne s’agit pas de penser que plus nous pratiquons plus nous y arriverons, mais simplement savoir que nous avons besoin de cette réactualisation régulière pour la garder imprégnée en nous, comme on recharge son portable régulièrement. Mais la félicité ne vient pas « au bout de » mais dans l’instant, et parfois non 😉

Comme nous le verrons demain cela ne changera pas notre contexte de vie, mais pourtant cela changera beaucoup .

In fine, il n’y a rien à atteindre, à comprendre, à conscientiser, il n’y a qu’à cesser.

Le Bouddha a découvert une voie de libération des agrégats par l’arrêt de leur production. Cette découverte amenant d’après lui l’arrêt de notre névrose continuelle, remplacée par une paix qui ne cherche rien à obtenir.

Notre souffrance vient de nos perceptions mentales. Et c’est le piège du matérialisme spirituel dont parle Chögyam Trunpa, nous croyons avancer sur une voie spirituelle et nous utilisons encore nos perceptions mentales pour le faire et l’apprécier et le faire savoir.

Mais pourtant le Bouddha a découvert qu’il était quand même possible de faire cesser la souffrance, d’une manière tellement simple qu’elle en paraît inaccessible. Un peu comme Jésus qui nous dit

« Si vous ne devenez pas comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux »

(Mt 18, 3)

et nous, nous savons tout compliquer, comme des adultes que nous sommes, mais nous ne savons plus être simples comme des enfants. D’autant plus que la révélation du Bouddha détruit tous nos rêves de transcendance dans un ailleurs de temps, de lieu ou d’être.

C’est en effet toute la complexité de ce que nous propose la voie du Juste milieu qui est l’extinction de la souffrance par la prise de conscience de l’impermancence et de l’interdépendance de ce que nous croyons être avec un début et une fin. Il n’y a rien à obtenir, pas de conscience supérieure, pas de conscience non duelle, pas de conscience, car extinction des 5 agrégats.

Pour finir cette série de billet sur « être le son de la pluie » nous verrons demain que ce processus n’est pas du tout nihiliste.

complément à lire éventuellement

Être le son de la pluie

cliquer sur l'image pour lire la BD de Tsaï Chih Chung ©

Dans cette Bd, la voie zen nous propose d’être le son de la pluie. Tsaï Chih Chung nous dit

« pas de discrimination, soyons un avec les phénomènes ».

D’un point de vue neurologique comme philosophique on considère que la perception sensorielle est la perception « immédiate » que nos sens nous livrent, comme des informations directes. Le terme de « sensation » est parfois utilisé dans un sens plus large (recouvrant aussi les émotions).

Mais ensuite ces sensations sont traduites directement par système nerveux et le mental, et cette interprétation crée une séparation entre nous et l’objet perçu, nous et le monde.

Lalande nous dit que :

 » la perception est l’acte par lequel un individu, organisant immédiatement ses sensations, les interprétant et les complétant par des images et des souvenirs, s’oppose un objet qu’il juge spontanément distinct de lui, réel et actuellement connu de lui. »

Les anciennes traditions chamaniques ont une vision complètement différentes du monde et de l’humain. L’humain est inclus dans le monde, en relation avec le monde, sans pouvoir dresser une frontière fixe entre lui et le monde. C’est une vision systémique où nous sommes éléments en relation avec les autres éléments et l’ensemble des éléments, le système.

Le zen, lui, nous propose d’aller au delà du processus de séparation du monde, qui nous fait croire bien souvent que nous sommes au-dessus du monde (comme dans la Genèse, où l’humain se trouve pourvu d’un rôle particulier dans la nature). Le zen nous donne les moyens de simplement (totalement ?) être dans la vie.

Nous verrons demain comment le bouddhisme a très tôt étudié les perceptions humaines, et pourquoi.

pour complément lire ici.

Le mental dirige toutes choses

Mental Health © Blue-Fish

« Les grandes personnes m’ont conseillé de laisser de côté les dessins de serpents boas ouverts ou fermés, et de m’intéresser plutôt à la géographie, à l’histoire, au calcul et à la grammaire.

C’est ainsi que j’ai abandonné, à l’âge de six ans, une magnifique carrière de peintre.

J’avais été découragé par l’insuccès de mon dessin numéro 1 et de mon dessin numéro 2.

Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications. »

Antoine de Saint –Exupéry

« Tanhâ, le désir avide, la soif des plaisirs des sens (kâma-tanhâ), est la principale cause de la souffrance, celle contre laquelle une lutte systématique doit être engagée.

Cette soif, et cette lutte, s’applique aux cinq sens qui nous sont familiers, mais aussi au sixième (suivant le bouddhisme) : le mental.

La Soif de théoriser, ratiociner, supposer, professer, croire, opiner et jouir de ses opinions, est peut-être la plus pernicieuse de toutes, car moins connue, moins habituellement critiquée par la morale courante et combien plus épouvantable dans ses conséquences. »

Jean-Pierre Schnetzler

« Le mental dirige toutes choses, le mental y prédomine, tout provient du mental.

Comme la roue du char suit le sabot du bœuf, la souffrance suit qui parle ou agit avec un mauvais mental. »

Dhammapada (Les dits du Bouddha)

Voir l’esprit véritable.

Quand on commence (et qu’on continue 😉 ) la pratique de la méditation, le mental restant souvent rebelle à la pacification que l’on souhaiterait, on peut se poser la question : notre méditation est elle « bonne » si ce mental continue à « pédaler » ?

« Beaucoup pensent à tort que lorsqu’on médite, il faut arrêter volontairement le mouvement naturel des pensées et des émotions. Il est possible de le faire quelques temps, et même d’en retirer une certaine sensation de paix, mais c’est une paix de zombie, sans discernement ni clarté. »

Yongey Mingyour Rimpoché

Nous pouvons donc comprendre que « ne pas penser » n’est pas un but.

« L’esprit est en essence vide, mais bien qu’il soit vide, tout y surgit sans cesse. »

le III° Gyalwang Karmapa

Nous n’avons plus qu’à laisser surgir, sans s’attacher à ces resurgences et simplement goûter de la tranquillité de voir l’esprit véritable qui est derrière tous ces phénomènes, comme on peut voir le miroir sans s’attacher à ses réflexions et il n’y a alors plus de « mauvaise » méditation, mais seulement de la méditation, « juste s’asseoir » comme lorsqu’on fait zazen.

« Quand vous comprenez réellement que vous êtes ce que vous voyez et savez, vous ne sillonnez pas la campagne en pensant « Je suis tout cela » Il y a simplement « tout cela ». »

Alan W. Watts

♥ ॐ 🙂 ॐ ♥

Bookmark and Share

Lorsque la pensée surgit …

Une nouvelle BD sur le blog de Zem - Cliquez sur l’image pour y accéder

Une nouvelle BD sur le blog de Zem - Cliquez sur l’image pour y accéder

.

♥ 🙂 ♥

Bookmark and Share

Prendre refuge hors les murs. 2 / 3

tsai chih chung jouvences  _278_0033

(dessin de Tsai Chih Chung – Editions Jouvence)

Comme je l’ai dit hier je suis sorti de cette nuit de méditation avec des questions importantes pour moi, sur ma pratique.

Comme je l’expliquais, il y eu des moments plus délicats que d’autres, ma question est, est-ce que dans l’état éveillé on est plus à l’écoute des douleurs et qu’on se repose immédiatement, ou faire cela est fuir ce qui surgit ? Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :