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Se donner du courage

Pour se donner le courage de faire ce qui nous rebute mais qui est essentiel, une des méthodes connues et simple, est de se donner une durée limitée, par exemple un quart d’heure, tout en se préservant du temps disponible pour au moins une heure à la suite. Il vaut mieux commencer par faire ce qu’on aime le moins. Le plus agréable, on trouvera toujours le temps de le faire.

Tout peut être abordé en 15 mn, c’est un temps suffisamment court pour que tout soit acceptable, même l’activité qui nous rebute le plus. Au bout de 15 mn on peut s’arrêter, et cela peut apporter de la satisfaction, car « ce qui est fait n’est plus à faire ». Mais comme ce à quoi on résiste est surtout pénible au début, vous verrez qu’après ces 15 mn, il ne sera pas si difficile de continuer encore.

« Vous gagnez en force, en courage et en confiance à chaque occasion où vous vous arrêtez et affrontez vos peurs. Vous pouvez vous dire ensuite : j’ai survécu à cette horreur. Je peux affronter la prochaine épreuve. Vous devez faire ce que vous pensez être incapable de faire. »

Eléanor roosvelt

Le temps me manque

lapinblanc

Si dans les précédents articles j’ai parlé de la confiance en soi, pour l’acquérir, l’effort n’est pas la moindre des qualités qu’il faut développer. Mais faire un effort ne veut pas dire faire un travail de forçat, mais plutôt d’avoir de la constance dans ce que l’on fait, d’avoir le courage d’aller au bout, de commencer, de faire mais aussi de finir. C’est en fait de faire un pas après l’autre.

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Faire le premier pas

Hier nous voyions qu’on pouvait utiliser le corps pour essayer de ne pas sombrer dans ce manque de confiance en soi. Cela peut paraître utopique, mais comme je l’écrivais, même si nous ne sommes pas coupable de vivre ce que nous vivons, c’est de notre responsabilité de bouger.

Il nous faut prendre conscience que nous dépensons beaucoup d’énergie pour éviter d’être confronté à ce qui nous fait peur. Nous pouvons utiliser une petite partie de cette énergie pour se lancer dans le grand saut vers l’inconnu qu’est la vie

 » Exister c’est oser se jeter dans le monde. »

Simone de Beauvoir

On peut se donner un objectif simple et limité, dans le temps et les effets. L’important est de faire le 1er pas.

« Celui qui franchit le seuil de la porte a déjà parcouru une bonne partie du chemin. »

Proverbe hollandais

Pour conforter toute notre démarche nous verrons demain un point central proposé par le bouddhisme.

Nous sommes déjà éveillés, à nous d’être magnanimes

Nous parlions hier de l’importance de s’ouvrir aux autres, et entre autres au Maître, mais trop s’ouvrir n’est ce pas se mettre en danger ? C’est sûrement mettre en danger l’ego pour accepter de laisser s’épanouir ce que dans le bouddhisme nous considérons que nous avons déjà en nous : la nature de Bouddha. L’éveil n’est pas de trouver quelque chose en plus, mais au contraire de se défaire d’attitudes qui apportent de la souffrance pour révéler cet éveil déjà présent.

Si nous intégrons ce fait, cela change tout, car nous pouvons avoir plus ou moins de compétences dans différents ou peu de domaines, mais en nous ,nous savons que nous portons cette graine d’éveil qui nous fait humain, vivant, pas moins que les autres.

« Comprendre, même à un niveau conceptuel, que nous sommes éveillés dans notre véritable nature peut être extrêmement puissant, cela nous encourage. Notre attachement voile bien souvent cette nature. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous possédons déjà ce dont nous avons besoin pour être en paix et heureux. En entraînant notre esprit à l’aide de la méditation et en cultivant des attitudes correctes dans la vie, nous pouvons faire ressortir ce qui est déjà là. Nous pouvons nous améliorer, être plus heureux et plus sains d’esprit. »

Tulku Thondup

Cet état d’éveil dont on parle, on peut aussi l’idéaliser suffisamment pour le rendre inatteignable et retomber dans un nouveau manque de confiance en soi (je n’arriverai jamais à l’éveil). Mais Suzuki Roshi nous explique que l’éveil ne concerne pas tant la personne que l’activité qu’elle met en place :

« Il n’y a pas à proprement parler de personne éveillée, il y a seulement une activité éveillée. »

Confirmant qu’il n’y a rien à atteindre mais qu’à être et mettre en oeuvre.

Quoi ?

Un état de largesse, par rapport à nous-mêmes, notre vie, les autres et nos activités.

« Vous devez écrire le caractère « grand », vous devez comprendre le caractère « grand », vous devez étudier le caractère « grand ». »

Dogen

Eric Rommeluère nous donne une explication sur ce caractère « grand ».

« Dogen explique tout d’abord l’allégresse, kishin, puis la gentillesse, rôshin, enfin la largesse, daishin. Ces trois dispositions sont commentées une à une comme des qualités de la vie éveillée. Et dans le dernier passage consacré à la largesse (dai, « grand », shin, « condition mentale », on pourrait également traduire par « grandeur »), Dôgen propose aux hommes de qualité cette belle méditation sur le caractère chinois « grand ».

Le caractère « grand » est l’un des plus simples et l’un des plus évocateurs de l’écriture chinoise. Le pictogramme original, moins épuré que la forme actuelle, représente un homme les jambes écartées et les bras ouverts légèrement inclinés vers le bas. La grandeur est rendue par cette image d’un corps qui s’étire largement et librement dans l’espace »

Eric Rommeluère

Dans un enseignement oral, Eric Rommeluère parlait de « magnanimité », ce mot un peu désuet me paraît particulièrement bien parlant. Je m’en suis rendu compte en faisant un dessin de Zem, les traducteurs avec qui je travaille m’ont proposé (pour deux d’entre eux) dans leur langue de traduire cela par «générosité » ce qui est bien sûr tout à fait correct. Mais « magnanimité » c’est étymologiquement la grandeur d’âme, donc plus que la générosité, celle ci serait même plutôt l’effet de la magnanimité selon moi. (voir le ZEM publié après-demain). En inde on appelle Gandhi le Mahatma, la grande âme.

Réveler sa nature de Bouddha c’est chercher à être magnanime dans toutes ses activités et on peut se programmer pour faire cela, même si nous n’y réussissons toujours, chaque matin et chaque soir de dédier sa journée à cette grandeur peut nous aider pour être plus confortable dans la vie.

Etre magnanime nous permet aussi de voir notre réalité autrement, comme nous le verrons demain.

être dans le monde sans être du monde

La cessation dont nous avons parlé hier, n’est pas du tout nihiliste, elle n’est pas un refus de prendre en compte le monde, au contraire quand on a l’intuition de ce qu’a découvert le Bouddha, on le vit comme un appel à s’engager dans le monde pour aider les êtres à moins souffrir.

Il nous invite à vivre une intériorité pour déconstruire nos schémas comportementaux afin d’avoir plus de bienveillance pour soi, pour agir d’une manière responsable (qualité de celui qui rend réponse de ses actes) pour pouvoir répondre aux demandes d’aide des autres êtres en souffrance comme nous.

« Il faut comprendre pourquoi le bouddhisme s’intéresse en premier à l’intériorité et non pas, par exemple, aux problèmes sociaux comme vecteurs de souffrance (la pauvreté réelle). Le monde, pour le bouddhisme, n’est pas donné comme une extériorité pure. Le monde n’existe pas en dehors de moi, c’est moi-même qui le fait vivre. Le monde n’est pas une collection d’objets simplement posés devant moi. On parle bien improprement des cinq agrégats (skt.skandha) comme des constituants de l’individualité mais dans son interprétation, le bouddhisme voit dans la concaténation de ces cinq agrégats la constitution à la fois du soi et du monde perçu (et non pas juste d’un soi indépendant d’une réalité). Tout le travail bouddhique va constituer à travailler sur ce rapport du soi au monde. À l’expliciter. »

Eric Rommluère

Nous en revenons à « notre » pluie et à être le son de la pluie et non pas quelqu’un qui se croit à l’extérieur du phénomène perçu appelé « pluie ».

« Il nous faut accorder l’intérieur, mais ce n’est pas pour se détacher de l’extérieur. Au contraire, il s’agit de s’y impliquer mais d’une tout autre manière. Avec conscience, non plus dans la passivité mais dans l’action. Toute la tradition sino-japonaise résonne des paroles du Bouddha Shâkyamuni dans le Sûtra du Lotus, au chapitre « La Parabole » :

Maintenant, ces trois mondes sont tous ma possession,
Les êtres qui y sont sont tous mes enfants.

Il n’y a pas de délaissement mais au contraire un mouvement de (ré)-appropriation par une compréhension de ce qui nous unit au monde. L’agir nous est donné sur le mode de l’amour et de la responsabilité.

Ce chemin implique donc un double mouvement : celui, premier, du retrait et celui, second, du retour au monde. Par retrait, on entend fondamentalement la pratique de la méditation. Nous ne pouvons éclairer, comprendre ce qui nous habite sans faire l’effort de nous déprendre de nos schèmes intérieurs. »

Eric rommeluère

Nous ne sommes plus sortis du monde, supérieurs, nous pouvons être le son de la pluie,  mais comme le dit Jésus :

« être dans le monde sans être du monde »

St Jean Chap 17

Le bonheur : être pleinement vivant !

photo tirée du site http://www.tripalbum.net

Dans la vie nous voulons tous êtres heureux, mais il nous faut encore savoir ce qu’est être heureux.

J’ai entendu récemment une personne âgée me dire « qu’il ne lui manquait plus que les poux  pour se gratter, pour être heureux ». 🙂 Je ne connaissais pas cette expression, mais au delà de cette personne comme le disait La Rochefoucauld :

« On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine »

et je dirais qu’on est souvent bien plus facilement malheureux qu’heureux comme le dit cette blague :

Quand je suis déprimé, les raisons pour lesquelles je suis déprimé, sont profondes, essentielles, fondamentales. Il m’arrive d’être heureux bien sûr. Mais les raisons pour lesquelles je suis heureux sont si futiles, si ténues, que cela me déprime. »

Alors qu’est ce que le bonheur ? Voilà ce qu’en dit Suryakanta :

« Le but de la vie est le bonheur.

Le bonheur ne se trouve ni dans la jeunesse, ni dans les richesses. ni dans les étreintes éphémères, ni dans la domination des autres.

Le bonheur n’existe que dans la conscience de soi, dans la conscience de la Réalité. »

Thich Nath Hanh est encore plus précis et concis :

« Respire, tu es vivant ! »

Tulku Thondup va nous aider à comprendre cela concrètement en nous donnant quelques détails :

« Etre présent « ici et maintenant », détendu tout en vaquant à nos activités, quelles qu’elles soient, c’est être vivant et sain d’esprit. Dans le bouddhisme, la conscience de ce qui se passe au moment même est appelée « attention ».

L’attention est une conscience totale du présent, qui ne se soucie ni du passé ni du futur.

Dans la méditation, l’attention consiste à être totalement présent à la respiration ou aux autres exercices que l’on effectue.

L’esprit est calme et détendu, et donc clairement conscient de tout ce qui arrive, tel quel, sans conflit intellectuel ou émotionnel. Lorsqu’on remarque que l’esprit est distrait, on le ramène, doucement mais fermement, au présent et à notre occupation du moment. »

On voit que cette attention n’est pas une concentration fermée sur un objet mais une ouverture à ce qui se vit.

Vivant, celui qui EST, en sanscrit c’est Sattva, que l’on retrouve dans le mot : Bodhisattva. Le mot Bodhi veut dire l’éveil, l’ouverture, le déploiement total, il donnerle mot Bouddha, celui qui s’éveille et on le retrouve dans l’étymologie du mot français « bouton » (de fleur, qui s’épanouit).

Finalement nous pouvons voir que la voie de Bodhisattva dans laquelle certains bouddhistes s’engagent, est celle de la VIE, la plus complète possible, être le plus totalement humain :

« le Bodhisattva explore ce monde d’éveil, le vie.

Il aspire :

à l’éveil, car le bodhisattva, vit dans l’abandon, il renonce à ce monde pour expérimenter la sagesse / vacuité

et en même temps à venir en aide aux être

C’est un oxymore : il se détache et s’attache aux être en même temps.

Le bodhisattva est un être paradoxal. Il intégre les autres dans sa pratique, chaque relation est une possible occasion d’éveil, car le côté inouï du bouddhisme et des bodhisattva c’est de nous inviter à expérimenter que dans toute limitation il y a une possibilité !

Les 4 méthodes intégratives du Bodhisattva (d’après Dogen) sont les 4 vertus du vivre ensemble :

1.Le don, fait avec amour et intelligence, pas tant pour répondre aux désirs qu’aux besoins (que ce soit le don matériel, pour que chaque être soit entier, intègre (vêtements, nourriture, toit, médicament), le don du respect par l’écoute de l’autre dans ce qu’il est, tout en sachant respecter le silence, et aussi le don du Dharma, du partage de son expérience.

2.Les paroles aimantes, paroles d’amour.

3.Les pratiques bénéfiques : toute action qui bénéficie à tout un chacun.

4.La coopération, le faire ensemble.»

(notes d’après un enseignement de Eric Rommeluère)

Pour trouver le bonheur, puissions nous tous êtres VIVANTS, mettre de l’attention dans notre vie, dans nos relations et d’user sans réserve du don, des paroles aimantes, des pratiques bénéfiques et de la solidarité.

♥ ॐ 🙂 ॐ ♥

 

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