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Du syndicalisme comme moyen de s’élever dans la société _ Misère – journal de pauvres, fous et menteurs

Les salariés d’origine étrangère trouvent dans les organisations ouvrières un puissant facteur d’intégration et de promotion

«Le délégué syndical Lahouari Boubakeur? Une énergie irrésistible. En quelques minutes, il peut galvaniser une salle entière!» Des responsables syndicaux enfants d’immigrés comme Lahouari, Vincent Pigache, permanent régional de la CFDT en Ile-de-France, en voit de plus en plus. Ils seraient plusieurs milliers, ces dernières années, à avoir intégré les rangs de la CFDT, de la CGT ou de SUD. Et ce secteur semble avoir promu bien plus de Français d’origine africaine que les grandes entreprises ou le monde politique ne l’ont fait en trente ans.

Pour Maurad Rabhi, la réponse ne fait pas de doute. A 34 ans, cet ancien technicien de maintenance chez Cellatex, né de parents algériens, a été nommé en 2001 secrétaire confédéral auprès de Bernard Thibault: «Ne nous voilons pas la face: l’univers des cols blancs ou du monde politique est bien plus fermé que celui du syndicalisme.»

La politologue Jacqueline Costa-Lascoux confirme: «Quand l’ascenseur social se bloque, le syndicalisme redevient un instrument de promotion sociale, comme il le fut durant les années 1970. Notamment dans les usines, où il permettait à des ouvriers, parfois maghrébins, d’accéder à la classe moyenne, voire de devenir des notables locaux.»

Elu haut la main en 2003 au comité des œuvres sociales de la mairie de Dunkerque, Mohamed Bourhani, un Français d’origine comorienne, arrivé en France à l’âge de 20 ans, avait ainsi comme challenger un cadre municipal important. Petite revanche, pour cet homme de 40 ans aujourd’hui qui a pris également la tête de l’antenne syndicale CFDT de sa région: «Il est essentiel d’affirmer notre place dans la société française et le syndicalisme est un très bon moyen de faire avancer les choses. Vous y êtes choisi par les adhérents pour vos seules qualités, contrairement au monde politique, qui pratique plutôt la cooptation.»

Ainsi les dirigeants syndicaux ont-ils su exploiter une réelle combativité. «C’est vrai que nous, enfants d’immigrés, sommes parfois plus revendicatifs, plus sensibles aux problèmes rencontrés dans le monde du travail, surtout dans certains secteurs pénibles, mais nous avons vraiment envie de réussir», insiste Maurad Rabhi.

D’autant que, pour certains, le syndicalisme est devenu la nouvelle école républicaine. Arrivée en France à l’âge de 2 ans, Kheira Boulou, une Toulousaine d’origine algérienne, a commencé à travailler à l’usine dès l’âge de 17 ans. «J’ai adhéré à la CGT en 1981. L’année suivante, j’ai été élue déléguée syndicale. Au début, c’était dur, et puis j’y ai appris à écrire grâce aux formations internes, à parler en public, à organiser des réunions, à débattre.» Son ancien patron, Paul Boyé, PDG du groupe éponyme, confirme: «Elle a gagné ses galons à la CGT.» Aujourd’hui, Kheira Boulou est à la direction centrale de la CGT, à la fédération du textile (250 000 salariés).

Des diplômés fraîchement arrivés «Les syndicats en mal de cadres ont trouvé là un vivier important. Récemment surtout, avec les diplômés fraîchement arrivés de leur pays d’origine et à la recherche d’emploi qualifié», complète Jacqueline Costa-Lascoux.

C’est le cas de M’hamed Ganzani, d’origine marocaine, délégué central de la section CGT France chez Quick. Diplômé en linguistique de l’université de Censier (Paris III), il est depuis quatorze ans simple équipier au fast-food. «Le syndicalisme nous donne la possibilité d’avoir des responsabilités, d’entrer dans un monde plus intellectuel. Celui qui nous est fermé pour l’instant malgré nos diplômes», explique M’hamed, un brin désabusé. Un bon exemple de pragmatisme syndical…é
viaLa voie syndicale – L\’EXPRESS.

viaMisère – journal de pauvres, fous et menteurs – du syndicalisme comme moyen de s’élever dans la société.

 

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