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Entreprises solidaires : le grand retour des coopératives ouvrières

La verrerie d'Albi : son histoire est emblématique et fait date dans les annales des Scop./ Photo DDM, archives D. B.

La verrerie d'Albi : son histoire est emblématique et fait date dans les annales des Scop./ Photo DDM, archives D. B.
La verrerie d’Albi : son histoire est emblématique et fait date dans les annales des Scop./ Photo DDM, archives D. B.

Les consciences économiques se modifient à la faveur de la crise. Déjà bien ancrées en Midi-Pyrénées, les Scop semblent promises à un bel avenir.

Y aurait-il des terres où l’esprit solidaire fleurit plus qu’ailleurs ? En regardant le nombre des Sociétés coopératives et participatives (Scop) dans la région, ce pourrait être la première réflexion qui vient à l’esprit. La région compte en effet 130 Scop -1 925 au plan national – qui font vivre 2 600 personnes (chiffres 2009 sans compter les salariés des filiales de droit commun).

On en dénombre 71 en Haute-Garonne dont quelques-unes de poids : Scopelec, Mobilib et Socorem à Ramonville ; 13 en Ariège dont les très remarquables Couserans Construction (BTP, 80 salariés) à Saint-Girons et Cancela à Tarascon ; 7 en Tarn-et-Garonne ; 8 en Aveyron, 4 dans le Gers, 3 dans le Lot, 8 dans les Hautes-Pyrénées et 14 dans le Tarn dont la Citel, forte de ses 130 salariés avec, à sa tête, une femme. Leur résultat net, toutes confondues, a été de 7 237 342 € en 2008. Ainsi, Midi-Pyrénées fait figure d’exemple à l’échelle du pays et arrive en 3e position des régions les mieux irriguées de France.

SUR UNE COURBE ASCENDANTE

« En dépit des apparences, nous sommes en retard », explique Patrick Pradel, directeur de l’Urscop Midi-Pyrénées (*). « Pour comparaison, la seule Catalogne compte 3 500 Scop. » Interdit par la loi Le Chapelier de 1791, ce modèle économique s’est surtout développé au XIXe siècle en étant traversé par de nombreux courants politiques et syndicaux. « C’est sans doute ce qui lui a longtemps porté tort », commente encore M. Pradel. Paradoxalement, la récente crise et les dérives économiques relancent la machine. Les Scop sont en effet celles qui ont le mieux résisté au choc. De fait, leur nature développe l’esprit de responsabilité et élargit la vision de l’entreprise. Selon l’Insee leur taux de survie à cinq ans s’élève à 57 % toutes origines confondues contre 52 % pour la moyenne nationale. En conséquence, « les chefs d’entreprises s’intéressent au modèle coopératif, explique Patrick Pradel. Cette année, sur la vingtaine de créations de Scop dans la région, la moitié a vu le jour par voie de transmission avec une taille moyenne d’une trentaine de salariés ».

Les politiques locaux ont aussi saisi l’intérêt de ces entreprises. En n’étant pas délocalisables, elles sont garantes du maintien de l’emploi. Aussi, la Région a-t-elle fait de ce statut une priorité. Aujourd’hui, dans tout dossier de Scop, le porteur de projet amène un tiers du financement ; l’Urscop, à travers l’une de ses deux banques, garantit un deuxième tiers et le conseil régional ferme la boucle. D’évidence, dans le schéma économique, les Scop sont entrain de trouver leur place.

Christine Roth-Puyo

(*) www.scopmidipyrenees.coop


Les trois tiers

Une Scop est une entreprise qui appartient à ses salariés. Ils détiennent au minimum 51 % du capital et 65 % du droit de vote, ce qui fait d’eux des associés majoritaires. Le capital ne peut jamais être revalorisé et les bénéfices sont répartis entre l’entreprise (voix de réserve), les salariés (par participation) et les salariés associés au capital sous forme de dividende.


L’historique. La Verrerie ouvrière

Son histoire est emblématique et fait date dans les annales des Scop. La Verrerie ouvrière d’Albi fut la première coopérative ouvrière de France. Elle est née à en 1896 sous l’impulsion des verriers carmausins en grève, avec le soutien du député socialiste Jean Jaurès et d’une souscription nationale lancée par La Dépêche et La Petite République. Depuis l’eau a coulé sous les ponts avec son cortège de difficultés, liées en partie au manque d’esprit commercial et à l’absence de connaissances comptables ou de gestion des ouvriers. En 1936, la société est devenue coopérative ouvrière de production et l’est restée jusqu’en 1975 date à laquelle elle a déménagé pour s’installer sur la zone industrielle d’Albi-Saint-Juery.

À la fin des années 1990, la société a été rachetée par le groupe Saint-Gobain et été transformée en SA. « Mais l’esprit est resté, affirmait l’an dernier Joaquim Romão, le directeur de la VOA à la faveur de la célébration des 150 ans de la naissance de Jean Jaurès. Insufflé par le père fondateur, l’esprit mutualiste et de solidarité est resté. »


L’Orchestre de chambre de Toulouse

Formation d’instruments à cordes internationalement reconnue, l’Orchestre de chambre de Toulouse doit sa renaissance au statut de Scop. Pour les musiciens de l’ensemble, créé en 1953 par le violoniste Louis Auriacombe, tout a recommencé au cours de l’été 2004. Après la liquidation judiciaire de l’association (loi de 1901) qui gérait l’orchestre, les instrumentistes décident de reprendre leur destin en main et de refonder leur formation sous la direction d’un nouveau directeur musical : le violoniste Gilles Colliard. Depuis cette date, chacun des salariés de la coopérative compte pour une voix, quelle que soit sa part dans le capital. Les bénéfices mis en réserve demeurent le patrimoine de l’entreprise pour la pérenniser. « Une Scop, c’est à la fois la démocratie et le meilleur de l’entreprise pour l’efficacité. Depuis qu’il est une coopérative, l’Orchestre de chambre de Toulouse connaît une croissance à deux chiffres. De 250 en 2005, le nombre d’abonnés est passé à 1 100 en 2010. Quatre CD ont été gravés », souligne Renaud Gruss, l’administrateur de l’OCT.

A.-M. Ch.


La réussite. Ethiquable

Créée en 2003 à Fleurance (Gers), la Scop Ethiquable est devenue le n°1 du commerce équitable en France (en volume de produits vendus). Créée par trois battants, Rémy Roux, Stéphane Comar et Christophe Eberhart, Ethiquable s’est rapidement imposé sur le marché du commerce équitable sans avoir à renoncer au moindre de ses engagements dans le domaine social. Selon le principe de la Scop, chaque salarié (ils sont plus de 70) est intéressés aux résultats de l’entreprise tandis que l’écart des salaires reste constamment maîtrisé (de 1 450 à 4 600€ brut). Le statut de Scop correspond parfaitement à l’esprit d’une entreprise qui garantit une juste rémunération à ses fournisseurs. Quarante coopératives agricoles réparties dans vingt-cinq pays fournissent aujourd’hui l’entreprise gersoise ce qui représente peu ou prou 200 000 paysans. On trouve désormais les produits Ethiquable dans tous les hypermarchés de France. L’entreprise est également présente dans six pays d’Europe (Espagne, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, etc.)


Le défi. La Maille au personnel

En janvier dernier, naissait à Montredon-Labessonnié (Tarn) La Maille au personnel, une Scop de 14 salariés. A sa tête, cinq femmes et deux hommes (notre photo), décidés à sauver leur entreprise suite au dépôt de bilan, en mars 2009, de Textile Aéro Tarn, spécialisée dans le tricotage « nouvelle génération ». Devant le tribunal de commerce, ses salariés proposent alors un solide dossier de reprise, épaulés par l’Union régionale des Scop, la communauté de communes du Montredonnais et les clients de l’habillement haut de gamme, et obtiennent ainsi l’accord de reprise. Après 9 mois d’activité, le bilan s’avère plus que positif avec 10 % de progression par rapport au prévisionnel. Notamment grâce aux clients qui s’étaient engagés face au tribunal à poursuivre leur collaboration. Parmi eux Agnès B, qui a passé des commandes au-delà de ce qui avait été prévu. Aujourd’hui, La Maille au personnel prépare l’avenir avec la réouverture de son magasin d’usine, la création d’un site de vente en ligne, le développement de la production, et pense même à recruter.

M.-A. D.

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