• Catégories

  • Chaque jour est le bon

  • Pages

  • Archives

  • J'ai été heureux de vous accueillir, vous les

    • 259 174 lecteurs depuis avril 2009

Bouddhisme et homosexualité

Lu sur Actualités Unitariennes

Les récents propos de Mgr Léonard sur l’homosexualité ont fait beaucoup de bruit ces derniers jours. En tant que bouddhistes, nous avons assisté à ces passes d’armes avec étonnement. Mais de quoi, bon dieu, est-il question ici ?

Il n’est pas rare que l’on nous demande le point du vue du bouddhisme sur le sujet. Et nous sommes alors amenés à décevoir notre auditoire. Le bouddhisme, par essence rétif aux « points de vue », n’a pas de point de vue sur la question… Cela voudrait-il dire que le bouddhisme n’a rien à dire sur la sexualité ? Bien sûr que non ! Mais il s’exprime de préférence de manière quelque peu plus nuancée que ce que nous avons pu lire dernièrement dans la presse.

Pour commencer, le bouddhisme ne s’intéresse pas à ce qui est permis ou pas. Nous n’avons du reste aucun être suprême ou autre critère ultime pour en décider. Ce qui préoccupe le bouddhisme, ce sont les causes de la souffrance et du bonheur.Il est clair que la sexualité peut être un moteur important de l’une et de l’autre. Il y a malheureusement beaucoup de violence sexuelle. La presse s’en fait régulièrement l’écho, et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. Mais les êtres humains peuvent aussi être parfaitement heureux dans une relation sexuelle.

Ceci n’a en soi rien à voir avec la nature homosexuelle ou hétérosexuelle de la relation. Étant moi-même psychiatre, j’ai entendu d’innombrables récits poignants d’abus sexuels cachés dans le cadre de relations parfaitement légitimes entre couples hétérosexuels mariés.

La souffrance ou le bonheur ne sont pas déterminés par la nature du désir sexuel mais par la manière dont ce désir est géré. Il n’y a rien de mal en soi dans le désir. Ce n’est que lorsque le désir devient une exigence dans le cadre de laquelle l’autre n’est plus respecté en tant que personne, lorsque l’autre doit se soumettre à mes exigences, que mon désir devient une source de souffrance.

Ne pourrions-nous donc pas cesser de nous perdre dans des questions accessoires ? Il y a suffisamment de souffrance comme cela. Et si nous faisions plutôt passer un message positif de respect et de compassion ?

Edel Maex, psychiatre, secrétaire général de l’Union bouddhique belge (UBB)

11 Réponses

  1. j’ai apprécié cet article
    qui me conforte dans mes idées profondes sur le sujet

    je retiens cette phrase :
    « faisons passer un message positif de respect et de compassion  »

    là est l’essentiel dans nos vies

    bonne journée

  2. « Ce n’est que lorsque le désir devient une exigence dans le cadre de laquelle l’autre n’est plus respecté en tant que personne, lorsque l’autre doit se soumettre à mes exigences, que mon désir devient une source de souffrance. »

    C’est pourquoi le désir d’un être humain, au nom d’un e religion ou d’une idée, de soumettre son corps à l’absence de désirs est un manque de respect pour lui même source de souffrances multiples.

    • En faut j’aurais un raisonnement plus modéré, je dirais que tout personne qui CHOISIT de prendre pour une durée limitée donnée l’engagement de réduire ses désirs, dont ceux du sexe, peut ainsi vivre une expérience particulière. Quitte à CHOISIR de la renouveller.
      Ce qui me semble violent c’est de prendre un tel type d’engagement À VIE ! car cela me paraît inhumain et donc créateurs de tensions dangereuses en soi.
      Même si certaines personnes pourront le respecter toute une vie.
      Pour un peu tout je suis assez pour les contrats renouvelables 😉
      Ceux qui connaissent le programme des Alcooliques Anonymes le savent bien, par exemple face à la compulsion de boire de l’alcool (ou toute autre compulsion) il est IMPOSSIBLE de dire : je ne boirais plus. C’est un engagement tellement utopique qu’il ne pourra être tenu dans la plupart des cas (et on voit bien en Centres de désintoxication, des personnes revenir plusieurs fois avant de pouvoir rester abstinentes). Alors suivant ce programme on prend l’engagement de ne pas boire JUSTE pour 24 heures, cela me semble plus respectueux. (Je ne parle pas de compulsions qui peuvent créer de la violence à autrui comme les compulsions sexuelles de certains pédophiles bien entendu, où là la loi doit obligatoirement aider la personne à contraindre ces compulsions)

      bises

      frédéric

      • Oui se donner du choix et de l’espace pour toute expérience..vers d’autres possibles.
        C’est un engagement ouvert et aimant.

        Mais le fait de soumettre son propre corps à une exigence me semble , quelle qu’en soit la durée , constituer une violence envers Soi.
        Dés que la tête dit  » tu dois faire cela  » (pour l’autre ou nous même) nous ne sommes plus dans l’amour , nous imposons une condition à l’amour et la souffrance nous suit.

        Nous sommes désir..
        Il s’agit peut être juste de savoir ce que nous désirons..
        Passer progressivement des désirs au Désir.

        Comme l’alcoolique a soif d’alcool..
        Ce n’est pas en s’interdisant de boire qu’il vivra mieux
        mais en s’appliquant à découvrir la saveur d’autres boissons.

        Voilà du moins ce que cette phrase d’ Edel Maex a éveillé en moi. Merci pout ce partage Frédéric.

        • Les « tu dois », « jamais », « toujours », « je ne peux pas », « je dois » sont des petits mots qui nous ferment à toute créativité et découverte, ils ont l’avantage d’être des marqueurs de nos peurs et donc de mieux repérer celles ci même quand elles se camouflent.

          bises

          frédéric

  3. Merci pour ce bel article et pour ce paragraphe particulièrement :La souffrance ou le bonheur ne sont pas déterminés par la nature du désir sexuel mais par la manière dont ce désir est géré. Il n’y a rien de mal en soi dans le désir. Ce n’est que lorsque le désir devient une exigence dans le cadre de laquelle l’autre n’est plus respecté en tant que personne, lorsque l’autre doit se soumettre à mes exigences, que mon désir devient une source de souffrance.

    Tout est dit, passez une belle soirée.
    Lyli

    • Merci Lyli, et au delà de la sexualité, pour aller cette fois dans le sens du commentaire de Lilou on parle souvent dans le bouddhisme de supprimer le désir cause de souffrance or la seconde noble vérité est Tanha ! la soif. C’est en fait cette énergie que l’on a en nous de trouver à boire quand on a soif, qu’on pourrait traduire en fraçais par avidité. Pour aller plus loin, on peut étudier dans le bouddhisme l’origine de cette avidité et pour faire simple, on peut dire qu’elle vient de notre attachement à nos sensations, et tous nos agrégats qui forment ce que nous croyons être, c’est donc s’attacher à une illusion

      chaleureusement

      frédéric

  4. j’apprécie ces 2 commentaires
    ouverts sur le monde
    bonne soirée

  5. Namasté mes amis,

    c est dommage que le boudhisme ne se positionne pas sur ce propos. 🙂

    J aurai aimé lire des propos tels les valeurs Bhoudistes….comme:  » tous les êtres méritent le respect….. et chacun est libre de vivre sa sexualité en toute liberté… pour peu qu il ne nuise à personne et est heureux dans ses choix…..

    Belle journée les amis.

    Je vous Aime tous.

    Doramour

    • alors il faut écrire l’article, pour lire ce qu’on aimerait y lire 😉

      Mais ce message ne se termine-t-il pas par cette notion de respect ? Ne parle-t-il pas du respect à l’autre ?

      chaleureusement

      frédéric

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :