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S.V.P. : « triangle dramatique »

superheros

(Superman & Batman : L’Etoffe des Héros – Dessinateur : Steve Rude – Scénariste : Dave Gibbons – Coloriste : Steve Oliff – Encreur : Karl Kesel – Editeur : URBAN COMIC)

Extraits d’un article lu sur Evolute.fr

Avant toute chose, souvenez-vous que l’attitude de base de tout changement positif est une attitude de bienveillance vis-à-vis de qui nous sommes et n’oubliez pas que nos attitudes négatives (vis-à-vis de nous-mêmes et des autres) sont toujours la conséquence d’une souffrance intolérable pour nous-mêmes.

Nous avons tous eu dans notre histoire de bonnes raisons de nous comporter en Victimes. Alors que nous demandions quelque chose à notre mère et que celle-ci nous le refusait, il a pu nous apparaître avantageux de nous plaindre afin de l’obtenir. C’est ainsi que la plupart d’entre nous avons trop rapidement conclu que de devenir la victime de l’autre nous permettait d’obtenir ce que nous ne savions pas obtenir autrement…

Parallèlement nous avons également appris qu’en faisant plaisir aux autres, en leur rendant service ou en nous soumettant à leur autorité, nous attirions leur reconnaissance, c’est ainsi que nous nous sommes inconsciemment appréciés dans un rôle de Sauveur qui nous rapportait…

Quand, embourbés dans les complications émotionnelles et relationnelles de nos schémas de victimes et de sauveurs, il nous arrivait de ne plus en pouvoir – suffoquant d’injustice – nous basculions dans l’amertume et le ressentiment et espérions nous en sortir grâce au rôle de Persécuteur…

C’est ainsi que les trois rôles  forment la triade :

Une personne ne se cantonnera pas seulement à entrer dans le rôle du Sauveur, de la Victime ou du Persécuteur mais sera les trois à la fois à des moments différents, dans des situations différentes, car une fois entré dans le « triangle dramatique » on adopte tôt ou tard et obligatoirement… les autres positions.

Ces rôles nous mettent en porte-à-faux vis-à-vis de nous-mêmes comme vis-à-vis des autres, ils nous usent et nous mènent au burn-out.

L e SAUVEUR :

Déguisé en conseiller, en justicier ou en protecteur, il croit que le monde a besoin de lui et cherche à aider alors même que l’autre ne demande rien, il place donc l’autre en incapacité. Il souffre de la souffrance de l’autre (parce qu’il s’identifie à lui), il le prend en pitié en lui apportant une aide inefficace (alors même qu’il agit avec une bonne intention) parce qu’il prend garde de ne pas vérifier le désir réel de l’autre. Son but inconscient est d’entretenir la Victime dans son rôle afin de rester dans le sien dans lequel il se sent briller. En faisant « à la place » de l’autre, il crée donc de la passivité et de la dépendance pour se faire du bien. Mais souvent il s’épuise, finit par s’irriter et se transforme en Persécuteur… victime de l’agressivité de la Victime-Persécutrice.

Son problème caché : Il tente de recevoir quelques miettes de reconnaissance parce qu’il en manque… mais il a peur de faire de la peine en imposant des limites. Il accumule donc les rancœurs, culpabilise et ne sait pas ne pas en faire trop et s’épuiser en pure perte.

La VICTIME :

Le rôle de Victime (parce qu’il attire l’attention sur lui) est très prisé, on se l’arrache car il apporte des bénéfices secondaires de reconnaissance. Parce qu’elle ne veut pas de l’aide qu’elle demande (qui lui ferait abandonner son rôle), la Victime s’arrange pour se plaindre auprès de personnes qui, le plus souvent (bien sûr), n’ont pas la compétence pour l’aider. Ainsi elle apitoie (le Sauveur), et attire inconsciemment la brimade et les critiques (du Persécuteur).

Son problème caché : La Victime a honte et manque de confiance en elle. Elle a peur d’exister par elle-même, de s’affirmer et accumule ainsi les rancunes. Elle a aussi souvent peur de manquer, de perdre, d’échouer ou d’être abandonnée. Pleurs, incrédulité, révolte, rancœurs sont ses modes d’expression.

Le PERSECUTEUR :

Parce qu’il cherche à se libérer de ses pulsions, il fait preuve de colère, de sévérité, d’agressivité. Il attaque, infériorise, ordonne, dévalorise, critique, fait la morale et provoque la rancune des autres en triomphant.

Son problème caché : Il craint essentiellement de montrer sa vulnérabilité et sa frustration, il tient à ce que les autres pensent qu’il n’a pas de problème, qu’il est fort. Il cherche donc à dominer l’autre et pense en termes de rapport de force, puisqu’il vit dans la peur secrète d’être démasqué. Il cherche donc inconsciemment à se venger de sa frustration, en passant dès que possible du statut de victime à celui de bourreau.

ALORS, COMMENT SORTIR DE CES RÔLES ? OU PLUTÔT NE PAS Y ENTRER ?

Pour détecter notre entrée dans le « triangle dramatique », il faut :

1. Comprendre pourquoi nous avons besoin d’y entrer. Le passé non résolu continue de vibrer à l’intérieur de nous, nous attirons involontairement ce que nous ne voulons pas.

2. Comprendre comment nous nous y prenons pour y entrer. C’est en reconnaissant les origines de nos comportements… que nous pourrons agir dessus.

Pour sortir du « triangle dramatique » dans la pratique d’une relation d’aide à soi-même :

1) Trouvez une situation à la fois problématique et répétitive qui entraîne pour vous un vécu difficile.

2) Notez les gratifications inconscientes qui sont attachées à vos comportements (bénéfices cachés donc « non avoués » de vos comportements compulsifs et contraignants de Sauveur, Victime et/ou Persécuteur.)

3) Trouvez comment vous pourriez échanger ces récompenses contre d’autres réellement gratifiantes.

Pour ne pas entrer dans le « triangle dramatique » dans la relation d’aide aux autres, il faut :

1) Avoir personnellement soigné ses blessures passées.

2) Avoir le désir de respecter l’autre et d’être empathique.

3) Être « adulte » donc lucide et conséquent, c’est-à-dire ne pas entreprendre ce qui ne nous est pas demandé.

Pour ce faire, répondre aux 5 questions suivantes avant d’agir peut nous aider :

1) Y a-t-il un besoin explicite – donc une demande clairement formulée – chez celui que nous nous proposons d’aider ?

2) Qu’est-ce que – précisément – l’autre attend de moi ? Pour cela écouter et questionner afin de cadrer précisément la demande et ses limites.

3) Ai-je la compétence nécessaire pour aider dans ce cadre ? Pour ne pas être un Sauveur déçu, contraint de se transformer en Persécuteur, parce qu’il se sent Victime.

4) Ai-je vraiment la disponibilité de faire ce que l’on me demande ? Donc recadrer la demande dans le temps et l’espace.

5) En ai-je véritablement envie ? En ai-je le goût ? Sinon je me ferai rattraper par la situation et rentrerai dans le « triangle dramatique » en me plaignant. Cela implique donc que je ne me laisse pas manipuler par la culpabilité ou la peur de déplaire aux autres.

« Celui ou celle qui a un penchant pour le sauvetage devrait s’entraîner à répondre ceci aux Victimes qui croisent sa route (après les avoir écoutées avec respect et compassion) : « Mon Dieu ! C’est terrible ce qui t’arrive ! Qu’est-ce que tu penses faire, dans la situation ? » Il renvoie ainsi la Victime à sa responsabilité. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne l’aidera pas, à condition que celle-ci formule une demande claire.

Ne serait-il pas plus simple et moins épuisant pour nous dans nos relations – avec nous-mêmes et les autres – de prendre le risque de notre vérité, en partageant, quand nous l’estimons nécessaire, nos sentiments et ce que nous pensons ?

© Renaud PERRONNET

Lire l’article intégral.

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16 Réponses

  1. bonjjour Frédéric, ce matin je me suis réveillée avec un rëve sur le Pardon. J’ai commencé à jeter deux trois mots sur l’écran et voilà ton texte…Instructif comme d’hab ! Bonne joiurnée…..

    PS: je t’écris aujourd’hui ou lundi (rapport au zafu ;-))

  2. Il est une seule position à l’intérieur du triangle
    qui reste à égale distance des trois côtés,
    c’est le centre.

    • Oui trouver le centre permet de pouvoir aider, être aidé, comprenre ce qui concerne l’autre quand il nous adresse
      J’en avais déjà parlé dans mon ancien blog, je tacherai un jour de reprendre cet article, concernant le mandala de l’être de Richar Moss

      Merci de ce rappel centré Lise

      jet t’embrasse

      frédéric

  3. Théorie séduisante en trois points. J’ai cependant la même impression qu’en lisant un traité de psychiatrie, je me trouve des symptômes dans chaque pathologie…

    Alors, comme j’ai une très haute estime de « moi-je », je souris et je conclus que cette théorie est vraiment excellente car la démonstration rend « tout le monde » captif de celui qui l’a émise! Mais j’ai décidément l’esprit très mal tourné, je suis vraiment très loin du centre, de la neutralité, du détachement… J’attends que les gens applaudissent et me récompensent ainsi de cette effronterie!

    Sérieusement… Il me semble que nous sommes de grands enfants, de tendres animaux, nous avons BESOIN de récompenses, de reconnaissance tout au long de la vie. C’est ce qui nous incite au mouvement. Assis au centre, détachés, dénués de besoins vis à vis des autres, nous serions dans l’immobilité de la mort.
    Je n’ai aucune idée au sujet de la théorie du triangle, je sais que je suis TOUT, du meilleur au pire, chaque jour. C’est parce que je trouve le pire détestable que je bouge vers le meilleur et c’est parce que je suis TRES imparfaite que n’accédant pas au meilleur facilement, je fais parfois le pire!

    Je retiens la bienveillance indispensable, c’est elle que je cultive pour accueillir chaque instant et chaque personne « pire » , comme le surfeur accueille le creux de la vague… Parce que sans creux, il n’y a aucune chance de crête…
    :-))))))

    • Je me sens partir sur la planche de surf avec toi, avec ta métaphore, moi qui ne suis jamais monté sur de telle planche 😮
      La re-con-naissance (et ce n’est pas anodin que ce Toi qui en parle 😉 ) nous en avons tous besoin je pense, je crois même que c’est un besoin vital
      Pour moi ce n’est pas un problème, les difficultés naissent quand nous n’avons pas suffisemment de bienveillance pour nous-mêmes pour passer les moments où nous ne recevons pas de la bienveillance.

      Tout tentative de définition de la vie est fausse, car ce n’est qu’une hypohtèse face à la complexité de la vie. Mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faille pas tenter des hypothèses et s’assurer qu’elles fonctionnent ou pas et dans quelles limites 😉

      beau week-end à toi, pluie et soleil, la permaculture va donner encore de l’activité 😆

      je t’embrasse

      frédéric

      • Entièrement d’accord cher Frédéric, nous sommes des aventuriers/explorateurs de la vie, nous avançons à tâton vers une lumière (mot formidable dans la diversité de ses définitions… on parle AUSSI de la lumière du canon ou d’un fusil en parlant de son ouverture…) que nous pressentons mais dont nous ignorons tout!
        Il nous faut donc tester, essayer, trébucher, échouer, perdre le nord et le retrouver! Si tu savais à quel point j’Aime cette vie là!
        🙂

        Je t’embrasse

        PS : Le jardin est rayonnant, c’est un peu « mon » livre ouvert…

  4. Grand merci Frédéric pour cette piqure de rappel.
    Une brassée de bises printanières et parfumées

  5.  » Avoir personnellement soigné ses blessures passées. »
    On peut être en train de saigner et tout oublier s’il se présente quelqu’un qui saigne encore plus fort.
    On peut boiter et l’oublier s’il se présente quelqu’un qui ne peut pas marcher.
    On peut aussi être en train de mourir (figurativement) et l’oublier si quelqu’un se plaint d’un petit rhume.
    Mais, en règle générale, si on veut aider quelqu’un il est urgent d’attendre, sans cesser d’être attentif.
    (Ce n’est que ma vision des choses, bien sûr)

    • C’est en effet UNE vision, qui montre toute la capacité à transmuter ses difficultés face à celles d’autrui et notre désir de compassion tout en courant pas après le rôle de sauveur
      Dans la mythologie Bouddhiste on dit qu’il y a 6 mondes (que certains rapportent à 6 états d’être et principalement 6 états émotifs ou comportementaux)
      des mondes où l’on peut extrêmement souffrir
      mais dans chacun de ces 6 mondes , se tient un Bodhisattva
      Il ne sauve pas ceux qui y sont parce qu’ils y sont
      Mais peut répondre aux demandes de ceux (rares) qui en font

      je t’embrasse

      frédéric

  6. un billet des plus utiles dans le cadre particulièrement toxique des relations entretenues aujourd’hui sur des modèles très très mauvais qui sont portés en exemple par le biais des différents media mais aussi des lectures et des films proposés…
    insidieusement ces comportements s’installent, et pas seulement parce qu’ils sont ancrés dans notre enfance, une enfance qui tarderait à s’éteindre
    ce triangle est très fréquent, et quand les relations sont durables (familiales ou professionnelles), elles d’autant plus « d’opportunités » de déraper ainsi de façon imperceptible…
    il faut vraiment avoir totalement tordu le cou à nos travers d’identification et bien bien réglé toutes nos frustrations anciennes et non formulées pour espérer échapper à tout triangle de ce type…
    m’est avis que bien peu de personnes peuvent dire y avoir toujours entièrement échappé…
    un billet à marquer d’une croix…

    belle soirée à toi
    merci énormément
    j’avais rien demandé, mais je prends et t’en suis reconnaissante!!
    si, ça aussi c’est possible!!!!! lol

    • Oui régler, ou simplement, voir
      tout n’est pas si simple à régler, et quand on règle d’autres choses sont à régler qui apparaissent 😉

      je t’embrasse et te remercie

      frédéric

  7. J’aurai du lire cet article hier, cela m’aurait peut-être évité colère et culpabilité à midi !
    A moins que cet article n’arrive à point, après mon expérience pour mieux me faire comprendre ce « triangle dramatique ».
    L’apprentissage par l’expérience étant le plus efficace.
    Je te souhaite un beau printemps lumineux et chaleureux.

    • C’est la praxis, l’aller et retour entre le vécu et la théorie, c’est en effet la meilleure pédagogie 😉

      chaleureusement

      frédéric

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