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La vraie nature des humains est non-naissance et non-mort

Baies sauvages - CC: adigitaldreamer.com

« Quand j’ai perdu ma mère, j’ai beaucoup souffert.

Si vous savez comment pratiquer, quand le temps de la séparation arrivera, vous ne souffrirez pas trop. Et vous constaterez très vite que votre mère est toujours vivante en vous.

Le jour où ma mère est morte, j’ai écrit dans mon journal: «Un très grand malheur s’est produit dans ma vie. » J’ai souffert pendant plus d’un an après le décès de ma mère.

Mais un jour, tandis que je dormais dans la hutte de mon ermitage sur les hauts plateaux du Vietnam, j’ai rêvé de ma mère. Je me voyais assis en train de lui parler, et c’était merveilleux. Elle avait l’air jeune et elle était très belle avec ses cheveux ondoyants.

Quand je me suis réveillé, il était deux heures du matin et j’ai eu la sensation très forte que je n’avais jamais perdu ma mère. J’ai compris alors que l’idée d’avoir perdu ma mère n’était qu’une idée.

Il était évident à cet instant que ma mère était toujours vivante en moi.

J’ai ouvert la porte de ma hutte pour aller marcher un peu. Ma hutte était située derrière le temple, à mi-hauteur des collines qui baignaient dans la lumière du matin, couvertes de plants de thé.

Éclairé par la lune, je me suis mis à marcher lentement à travers les plantations et j’ai remarqué que ma mère était toujours en moi. Elle était le clair de lune me caressant comme elle l’avait fait souvent, très tendrement, très doucement…

C’était merveilleux! Chaque fois que mes pieds touchaient la terre, je savais que ma mère était là avec moi, je savais que ce corps n’était pas uniquement moi mais qu’il était aussi une continuation de ma mère et de mon père, de mes grands-parents et de mes arrière-grands-parents.

Dès lors, l’idée que j’avais perdu ma mère a cessé d’exister. Il me suffit de regarder la paume de ma main, de sentir la brise sur mon visage ou la terre sous mes pieds pour me souvenir que ma mère est toujours en moi et que je peux la contacter à tout moment.

Quand vous perdez un être cher, vous souffrez. Mais si vous savez comment regarder profondément, vous verrez peut-être que la vraie nature de cette personne est la nature de la non-naissance et de la non-mort. Il y a la manifestation et il y a la cessation de la manifestation pour que d’autres manifestations soient possibles.

Vous devez être très attentif pour reconnaître la nouvelle manifestation d’une personne. Mais si vous pratiquez avec persévérance, vous y arriverez.

Prenez la main d’une personne qui connaît la pratique de la marche méditative. Regardez chaque feuille, chaque fleur, les oiseaux et les gouttes de rosée. Si vous pouvez vous arrêter et regarder profondément, vous pourrez reconnaître ceux que vous aimez qui ne cessent de se manifester sous de multiples formes. Vous retrouverez la joie de vivre. »

Thich Nhat Hanh

♥ ॐ 🙂 ॐ ♥

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19 Réponses

  1. Merci Lung Ta !

  2. oui, bien sûr, oui…. « j’ai perdu ma mère » n’est qu’une idée.
    Mais cette idée nous dit la souffrance de ne plus voir la personne, de ne plus pouvoir lui parler,
    cette idée nous parle de notre MANQUE,
    il n’y aura plus jamais la personne à nos côtés, donc il n’y aura plus jamais la RELATION avec cette personne
    Oui en fait, « j’ai perdu ma mère » veut plutôt dire « j’ai perdu la relation avec ma mère et tout ce qui la composait »
    Il faut alors savoir retrouver ailleurs, et autrement , ce qui nous manque..

    • Oui en fait ce manque est légitime et on apprend à voir qu’il est normal qu’il y ait cette séparation, aussi douloureuse soit elle.
      Existe-t-il une seule famille où des êtres aimés ne meurent pas ?
      Quand à communiquer, dans combien de familles, on pleure la relation à l’être disparu alors qu’on a été incapable de bâtir une relation nourrissante lors de sa vie. On pleure en fait, il me semble, l’impossibilité qu’on aura dans le futur de bâtir une relation satisfaisante. J’aurais l’occasion d’en reparler jeudi prochain, mais il me semble que lorsque la personne est vivante, dans ces cas là on vit de l’espoir qu’on pourra un jour établir une relation satisfaisante malgré tous les malgré.
      Or ce que nous ramène le bouddhisme, c’est au présent.
      Quand la personne est vivante, que pouvons nous faire pour notre part, pour que la relation soit nourrissante et non dépendante,
      lorsque la personne meurt comment pouvons nous continuer à vivre sereinement dans l’instant dans la précarité de la vie ?

      je t’embrasse

      frédéric

      • Je te cite Lung Ta Zen

        « …mais il me semble que lorsque la personne est vivante, dans ces cas là on vit de l’espoir qu’on pourra un jour établir une relation satisfaisante malgré tous les malgré.. »

        Cela me touche profondément car je vis de cet espoir tous les jours.

        Oui, que pouvons-nous faire pour que la relation soit « nourrissante et non dépendante?
        Et comment continuer à vivre sereinement lorsque la personne meurt?…

        Mon frère vient d’apprendre qu’il va mourir d’ici peu.
        Au cours de nos conversations, il me dit à brule pourpoint:
        « Nous ne nous sommes pas vus souvent »

        Cela m’a interpelé car moi aussi je me suis dit la même chose.
        Pourtant l’on se voyait presque tous les jours. Je crois qu’il voulait faire le constat de cette incapacité d’avoir une relation nourrissante entre nous.

        J’aimerais être tellement présente pour les derniers moments de sa vie.

        À jeudi, Lung Ta.

        • Être touché par ce qu’il dit est déjà être dans une relation plus intime et nourrissante.
          Il n’y a pas besoin de mots, le toucher,
          Roberto, qui traduit en espagnol ZEM termine ses mails par Un abrazo
          ce qui peut se traduire par se serrer dans les bras
          c’est très beau
          on parle aussi de l’accolade, mais c’est un peu plus je trouve

          Jeudi cela dira : n’attends pas !
          L’espoir c’est maintenant qu’il se construit

          je t’embrasse et te prends dans les bras

          frédéric

  3. « j’ai perdu ma mère  »
    C’est vrai elle n’a plus la même forme,
    mais sa présence est peut être encore plus forte qu’avant.
    Quand c’est effacée la personne ,la relation est devenue profonde, subtile, spacieuse, infiniment délicate et sûre.
    Elle est « Joie » .

  4. Bonjour

    Cet article est baigne d’une tendresse infini …tout est douceur et calme …
    Bon week end
    Amitiés
    Géarrd

  5. Ce que j’ai vécu en perdant ma mère, puis ensuite mon père, ressemble fort à ce touchant récit.
    C’étrange, en perdant les êtres qui nous sont le plus cher de comprendre que la mort n’existe pas. Comme le disait Tagore : « C’est l’angoisse de la séparation qui s’épand par tout le monde et donne naissance à des formes sans nombre dans le ciel infini… »
    amitiés
    adamante

  6. J’ai perdu ma soeur il y a quelques années, ce fut un dechirement car nous étions très liées au delà des mots, bien que sur cette terre, son corps et son mental était « abimé »
    aujourd’hui je rêve souvent d’elle,hier c’etait son anniversaire, j’ai pris un temps de silence avec elle, et comme a chaque fois, j’ai senti une chaleur une douceur et une profonde paix.
    Merci pource texte,
    amitié

  7. Bonjour cher Lung-Ta – je viens de te lire avec beaucoup d’attention – je suis entièrement d’accord avec ce que tu nous décris – j’ai moi-même rêvé mon Père ( paix sur lui ) , jeune et très beau alors qu’il était parti , très beau mais bien plus âgé – nous ne nous sommes rien dit la première fois – la deuxième par contre nous nous sommes jetés dans les bras l’un de l’autre – émotionant au possible ! Ma Pensée est structurée d’une façon différente de la tienne puisque moi j’ai une religion , mais il se trouve que le Dieu auquel je crois profondément , étant le Connaissant de toutes choses éternellement , nous avons toujours habité Ses Pensées qui ne sont pas les nôtres ! de sorte qu’effectivement , nous existons depuis toujours inch’Allah et la mort physique n’est qu’une apparence – Respectueusement à toi Ami , je t’embrasse 🙂

    • Merci chère La Bernache pour ce témoignage
      Je pense que la spiritualité qu’elle soit théiste ou non peut se rejoindre dans ses effets.
      Le fait qu’elle soit théiste pour moi c’est l’hypothèse qu’elle amènera obligatoirement des extrémismes (vérifié dans toutes les religions théistes) mais je suis d’accord aussi qu’il peut y avoir des extrémismes dans des religions non-théistes aussi 😉 Simplement ils auront plus de mal à se propager car ne s’appuyant pas sur une « vérité » (la parole de DIeu).
      Maintenant heureusement, la plupart des humains sont souvent d’eux même dans le juste milieu.
      Et qu’il y ait des voies spirituelles différentes est une belle richesse pour permettre à chacun d’emprunter la sienne.
      Et puis un lama qui m’est cher dans mon parcours disait régulièrement, ce que j’ai repris : Inch’Bouddha 😆

      je t’embrasse

      frédéric

  8. dans qquelques semaines, retraite francophone au village des pruniers, 8 jours à pratiquer et à écouter thich nath hanh…

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