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Spécisme et anti-spécisme

poupon

(Le Fond du Bocal – Dessinateur & Scénariste : Nicolas Poupon – Editeur : GLÉNAT)

Résumé d’un article lu sur Almendron.

Peut-on exploiter les animaux, extraire leur lait, leur peau, leur viande? Séparer les petits des mères et les faire travailler comme bêtes de somme? Les obliger à pondre et à engraisser en batterie? Les enfermer et les priver de tout contact avec leur milieu de vie naturel? Les forcer au cannibalisme en les nourrissant de la farine de leurs congénères? Les massacrer à grande échelle dans des abattoirs géants mais discrets? Les exterminer en tant qu’espèces, comme le thon rouge, la baleine ou le gorille, pour en faire des sushis ou des condiments censés favoriser la virilité masculine?

Si la relation entre les hommes et les animaux a toujours posé problème, aucune civilisation, aucune culture ne l’a esquivée. Plusieurs religions, comme le jaïnisme, le bouddhisme et l’hindouisme, en vertu de la croyance à la réincarnation, ont même érigé le respect de la vie animale en principe sacré, bannissant toute consommation de viande. Idem pour les chamans sibériens et nord-américains. Les confessions qui se réclamaient de l’héritage grec et chrétien en ont également débattu: à chaque époque, il s’est trouvé de vigoureux défenseurs des animaux.

D’Epictète («tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entre-tueront») à Boris Cyrulnik («quand les hommes comprendront ce qu’ils ont fait aux animaux, ils se mettront à pleurer»), en passant par Saint-François d’Assise qui parlait aux oiseaux, les théologiens médiévaux qui se demandaient si les animaux avaient une âme (ce qui était en tout cas une manière de les mettre sur le même pied que les femmes!) à Descartes et sa théorie des animaux-machines, l’animal a toujours eu ses avocats, même s’ils concluaient qu’il était d’un rang inférieur à l’homme. La morale et l’éthique se sont souvent rangées aux côtés de l’animal.

Depuis Darwin, qui a remis l’homme au bout de la chaîne de l’évolution et non au commencement, c’est à une troisième révolution copernicienne que nous sommes invités et qui est au centre du débat contemporain. L’enjeu est d’importance puisqu’il s’agit de renverser la place de l’homme au sommet de la hiérarchie de la vie. Darwin, puis les recherches en génétique ont établi que l’homme n’est qu’un singe comme un autre et que, génétiquement parlant, il ne diffère pas plus du chimpanzé ou du bonobo qu’un orang-outan se distingue d’un gorille. Parallèlement, les éthologues et les primatologues, à la suite de Konrad Lorenz, de Jane Goodall et d’innombrables autres chercheurs ont démontré que les animaux possédaient un psychisme, une intériorité, une spontanéité et des sentiments aussi puissants que ceux des hommes à défaut d’être identiques. Ce que les éleveurs de vaches et de cochons savaient d’ailleurs depuis des siècles, même s’ils ne l’exprimaient pas en termes scientifiques.

Aujourd’hui, on sait que les animaux parlent (même s’ils n’ont pas de langage verbal), pensent (car ils peuvent se projeter dans l’avenir dans une certaine mesure), échangent et possèdent une certaine conscience d’eux-mêmes et des autres.

Cette prise de conscience de la parenté profonde homme-animal a émergé alors que l’exploitation de l’animal par l’homme a pris des dimensions industrielles, avec les élevages et la pêche de masse, et que la biodiversité animale se réduit comme peau de chagrin.

Dans ce contexte tendu, deux camps s’affrontent, celui des humanistes, pour qui homme et animal ont non seulement des différences de degré mais de nature, et celui des anti-spécistes, pour qui les distinguos entre espèces vivantes relèvent de la casuistique et pour qui le «spécisme» anti-animal n’est qu’une forme de racisme.

Deux champions, tous deux nord-américains, se sont illustrés dans la défense de l’anti-spécisme, le philosophe Peter Singer, auteur d’une célèbre Libération des animaux en 1975, et Tom Regan, professeur de philosophie morale à l’Université de Raleigh. Le premier soutient «qu’il ne peut y avoir aucune raison – hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur – de refuser d’étendre le principe fondamental d’égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces».

Le second, auteur d’une Défense des droits des animaux en 1983, milite pour l’abolition totale de l’utilisation des animaux dans les sciences, l’élimination totale de l’élevage à des fins commerciales et l’interdiction totale de la chasse pour le sport et le commerce ainsi que l’interdiction du piégeage.» Les Cahiers antispécistes estiment ainsi que le spécisme est une idéologie qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains avec des manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines.

En face, les humanistes, notamment chrétiens, pensent que le dogme selon lequel l’homme est créé à l’image de Dieu (mais pas les autres animaux) est en contradiction directe avec la doctrine de l’égalité en dignité des espèces entre elles. Pour un chrétien, les autres espèces ont été créées par Dieu pour servir à l’homme: même si elles méritent le respect que leur confère le statut de créatures de Dieu, elles restent inférieures et n’ont pas droit au salut, ni aux sacrements.

lire l’article intégral.

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10 Réponses

  1. ce qui m’a toujours interpellé dans l’hindousime c’est que les avatars des Dieux ou leurs véhicules sont souvent des animaux .
    j’ai sur mon bureau un magnifique Nandi 🙂
    on peut aussi parler de l’horoscope chinois.

    • Bon je t’avouerai que je ne connaissais pas Nandi
      Enchanté 🙂

      Je crois que c’est lié à une époque de l’humanité d’avoir mis en divinité tout ou partie d’animaux
      pour être passé il y a qqs milliers d’années à des divinités plus humaines cela est certainement du à une élévation de conscience mentale et une perte de conscience naturelle, en tout cas lié à un désir d’une place particulière de l’humain dans la nature, qui lui permettrait de régner sur elle (c’est toute l’histoire de la Genèse)

      chaleureusement


  2. Mon premier désaccord sérieux avec l’église fut quand on m’a dit les animaux n’ont pas d’âme, j’avais 5 ans et j’ai crié : c’est pas vrai !
    Depuis rien n’a changé.
    A l’époque je ne savais pas que les femmes il y avait peu n’en avaient pas non plus. Je l’ai appris plus tard et -travers ?- j’ai ressenti que ma compréhension des animaux venait sans doute d’un lot commun qui était loin de me déplaire. Je préférais me penser plus proche d’un chat, d’un chien ou d’une vache, que des vieilles barbes nourris au biberon de chef de famille qui se sont appesantis sur l’histoire jusqu’à la faire basculer dans la folie de nombreuses fois.
    Il n’est que de voir l’attitude des prétentieuses badernes politiques dans les débats avec des femmes (ils sont tombés petits dans un chaudron de mauvaise testostérone), pour voir que la politique est une affaire d’homme.
    Le seul pays d’Afrique pourtant où a reculé la corruption est un pays dirigé par des femmes !

    « …avec des manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines… »
    Cela reste à prouver ! lors de la guerre Chine Japon des chercheurs japonais ont fait des expériences de laboratoire sur les prisonniers chinois, (de vrais cobayes humains, une aubaine!) recherches qui ont choqué certes, mais dont les résultats nous l’avons su il y a peu, ont été achetés par des firmes pharmaceutiques américaines… Tout cela pour repousser toujours plus loin la suite logique de la vie : la mort.
    Qui a dit « l’homme est un loup pour l’homme », alors pour les animaux !

    • Gamin j’avoue que j’avais du mal à imaginer cette période pas si lointaine en effet où on se questionnait sur le fait que les femmes avaient ou non une âme
      maintenant je comprends car en effet la polémique a t elle vraiment changé ? Encore dans un restaurant la semaine dernière j’entendais un couple de retraité qui parlait et dont le monsieur se plaignait des revendications des femmes !

      Bon depuis j’ai bcp progressé et je fais l’hypothèse que les femmes n’ont pas d’âmes !!! 🙂

      A mon avis, les hommes non plus 😆

      mais c’est un autre débat 😀

      Je suis bcp moins positif que toi par contre concernant la capacité des femmes à mieux diriger des pays, Renaud dans les années 80 chantait :

      Femmes du monde ou bien putains
      Qui, bien souvent, êtes les mêmes
      Femmes normales, stars ou boudins
      Femelles en tout genre, je vous aime
      Même à la demiére des connes
      Je veux dédier ces quelques vers
      Issus de mon dégoût des hommes
      Et de leur morale guerrière
      Car aucune femme sur la planète
      N’s’ra jamais plus con que son frère
      Ni plus fière ni plus malhonnête
      à part, peut-être, Madame Thatcher

      je suis désolé de le dire, mais on a pu voir depuis que moult femmes qui arrivent au pouvoir se conduisent …comme de s hommes ! Avec pas moins de désir de pouvoir, de magouilles…

      Quel est ce pays d’Afrique dont tu parles, je ne vois pas ?

      Enfin je suis d’accord avec toi on se conduit avec les animaux comme on se conduit avec les humains, même si des lois cherchent à empêcher cela (montrant que c’est possible) et ce que tu cites est valable aussi pour l’époque nazie et à la Libération il y eu une course entre Russes et Américains pour récupérer les cerveaux nazis dans tous les domaines.

      chaleureusement


  3. Ouais bein quand on voit que la femme n’est pas encore mise au même niveau que l’homme, partout sur la planète, et bien je peux te dire qu’il y a encore plus de boulot avec les animaux et va falloir attendre pas mal de temps avant qu’on prenne tous bien conscience de ce qu’ils sont vraiment !
    Pour ce qui est du végétarisme, je m’interroge. Après tout, les plantes aussi sont vivantes. Oui car je peux te dire qu’un jour on va comprendre que les plantes aussi ont une âme et compagnie, mais ça c’est dans encore plus longtemps ! lol ! alors quoi ? vivre d’eau et d’air… ?
    Je penche pour l’instant plus du côté de ces indiens qui mangeaient de la viande. chasseurs qui remerciaient l’animal capturé et aidaient son âme à aller vers la lumière.
    En tous les cas, merci pour ce texte qui nous fait nous interroger et nous remettre en question ! Pour plus de cohérence !
    bises !

    • la femme n’est pas encore mise au même niveau que l’homme

      je le dirais autrement, je dirais que la plupart du temps elle est soumise par l’homme, car le niveau, impliquerait qu’elle doit progresser

      oui il y a encore du travail vis à vis des animaux, je suis bien d’accord avec toi, et je suis le premier à avoir à faire ce travail
      mais cela n’empêche pas de le faire 😉

      voilà deux expressions que j’aime bien :

      « Le difficile, c´est ce qui peut être fait tout de suite ; l´impossible, c´est ce qui prend un peu plus de temps. » Georges Santayana

      et bien sûr :

      « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Sénèque

      sinon nous n’aurions qu’à baisser sans cesse les bras

      Sinon les plantes sont en effet vivantes.
      Je crois qu’il faut relativiser & mettre en contexte chaque chose.

      Il paraitrait un peu ridicule de critiquer les 1ers humains qui mangaients de la viande (voir crue) , de la même manière qu’on ne peut reprocher aux animaux carnivores de manger d’autres animaux
      pour au moins deux raisons :
      – d’abord parce que c’est dans l’ordre des choses,
      – ensuite parce les relations naturelles sont conservées (ce qui n’est pas le cas depuis belle lurette avec l’élevage et l’élevage industriel)

      Mais l’humain progresse en conscience plus vite que les animaux, cela lui a permis de changer de niveau (pour le coup) et de ne plus les choses de la même manière, mais en même temps qu’il découvre la conscience, le hiatus, c’est qu’il se croit supérieur

      Les plantes sont donc bien vivantes, je pense qu’elles ont un niveau de conscience (on sait qu’elles ressentent des émotions comme des stresses), qui semble bcp moins évoluée que celle des animaux et des humains, mais qui existe.
      On peut donc penser que manger une plante c’est manger de la vie consciente, néanmoins est on capable de s’en passer à notre époque ? Je ne le pense pas 😉
      Mais d’ici l’été j’aurais l’occasion de revenir sur ce sujet, suivant de près les possibilités de se nourrir d’amour et d’eau fraîche :D, j’y reviendrai
      il n’empêche que de la même manière qu’on ne peut comparer la façon de se nourrir des animaux des indiens d’amérique avant l’arrivée des occidentaux et la nourriture (et élevages) industrielle actuelle, on peut déjà favoriser une agriculture qui est plus en harmonie avec la nature (comme les produits certifiés Demeter par exemple) qu’une agriculture industrielle qui apporte autant de mort que de vie.

      Pour ce qui est d’aider les animaux à aller vers la lumière, ou les rendre plus humains en les mangeant (cela existe comme théorie) je crois que ce n’est que du blabla qui dédouane celui qui le fait
      ce qui change comme je l’écris plus, haut c’est la façon de se conduire humainement ou pas
      et il semblerait en effet que les peuples indiens avaient un rapport aux animaux bcp plus respectueux (ils en faisaient leurs modèles, avec les totem par exemple) même s’ils s’en nourrissaient.

      pour terminer, la conscience dans l’alimentation, concerne ce qu’on mange, (animaux ou végétaux), la façon dont ce qu’on mange est produit (plus lié à la nature ou l’industrie) mais aussi la façon de manger, j’étais hier soir à un atelier-conférence sur l’alimentation végétarienne, avec donc que des personnes intéressées par ce type d’alimentation (soit parce qu’elles l’ont déjà soit parce qu’elles ont le désir de l’avoir) et je regardais la façon dont tout un chacun nous mangions, et je me posais la question de l’utilité de manger un paté végétal par rapport à un hamburger, si c’est pour l’avaler, le manger sans conscience, rapidement …

      chaleureusement


      • Merci pour cette longue réponse. Je te rejoints en grande partie.
        Sauf pour ce que tu penses être du « bla bla » (retour des animaux vers la lumière. Je pense sincèrement que les animaux ont une âme (ou énergie vitale qui subsiste après la mort si tu préfère), comme nous. Et que, de la même façon qu’on prie l’âme d’un humain mort pour qu’il aille au Ciel, dans la lumière ou je ne sais où encore en fonction des cultures, on peut le faire également pour les animaux et je pense que c’est ce que faisaient les indiens.
        Bises !

        • Je n’ai pas été clair, désolé, le « blabla » concernait le fait qu’on pouvait se dédouaner de tuer des êtres vivants sous prétextes qu’on leur permettait ainsi d’évoluer.

          je ne sais pas bien ce qui subsiste après la mort, chez les humains comme les animaux, je ne crois guère à l’âme, au ciel ou autre
          mais je crois comme toi que ce qui se passe au moment de la mort concerne TOUS les êtres vivants sans discrimination, même si le processus identique peut s’accomplir différemment, comme nous avons tous la vie en nous et pourtant en tant qu’humains nous ne vivons pas tout à fait de la même manière qu’une araignée, sans y mettre de valeur.

          chaleureusement

          frédéric

  4. je voudrais préciser que, si j’ai bien compris mes lectures sur ce sujet (l’arbre généalogique de l’homme), l’homme actuel et le singe actuel sont « cousins » : ils ont un ancêtre commun. Ce sont les mécanismes de l’évolution qui ont produit l’un et l’autre. L’homme ne descend plus du singe depuis longtemps (en fait, ça n’a jamais été le cas) mais en revanche le choix que nous faisons de notre survie par rapport à celle des singes et des autres êtres vivants reste basé sur l’opinion que nous nous faisons de notre supériorité et sur le fait que nous avons la capacité de les conduire à l’extinction, de manipuler leur patrimoine génétique et de les exploiter de la façon que tout le monde connait.
    En ce qui concerne les plantes, si elles sont vivantes, elles n’ont pas de conscience – à ce qu’on m’a affirmé par ailleurs.

    • Oui tout à fait, concernant l’évolution, l’article ne dit pas autre chose
      mais ce cousinage fait que nous avons peu de gênes de différences avec certains singes comme l’orang outan, si je me souviens bien, mais en effet il n’est pas question de dire qu’on descend du singe (ouf l’honneur est sauf 😉 , je parle de l’honneur des singes bien sûr 😆 )

      en effet tout le pb vient de cette capacité que l’humain s’est donné de se croire supérieur au lieu de se reconnaître comme faisant partie d’un système global

      pour la conscience des plantes, j’ai donné mon point de vue, mais tout reste à trouver 🙂

      bises

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