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La relation au maître

Un extrait d’un article lu sur le blog de Frédéric Lenoir.

Pourquoi parler de l’autorité du « maître spirituel » et non de l’autorité de la tradition ou de l’institution? En Orient de manière générale, mais également en Occident depuis que l’Orient s’y est implantée, le maître spirituel est la figure centrale de l’autorité religieuse. Les notions d’institution, de tradition, de canon, d’enseignement autorisé sont également très présentes – contrairement d’ailleurs à ce que croient certains occidentaux – mais elles sont en arrière plan d’une réalité plus tangible qui est le rôle primordial du maître dans la transmission de cet enseignement traditionnel. De manière très schématique, l’idée force est que la communauté religieuse se doit avant tout d’aider, au fil des siècles, des individus à réaliser une expérience personnelle libératrice. Les hommes étant enfermés dans l’ignorance, il est crucial de les aider à se libérer des voiles qui enveloppent leur esprit. Pour cela, il est nécessaire d’étudier les textes de la tradition, de pratiquer certains rituels collectifs ou d’avoir une conduite éthique correcte – tout ce que transmet un groupe religieux – mais le plus important reste le travail sur soi, l’expérience intime qui ne peut se faire sans la conduite d’un maître réalisé. Le maître est d’ailleurs aussi indispensable pour apprendre à méditer et à se transformer que pour comprendre correctement l’enseignement traditionnel consigné par écrit. Il est donc le pivot de la transmission spirituelle et la véritable autorité religieuse.

De manière très synthétique je retiendrais 6 points essentiels concernant la légitimité de l’autorité du lama tibétain

– Premièrement: l’autorité est librement choisit. Tous les disciples insistent en effet sur le fait capital que l’autorité religieuse ne leur est pas imposée. Ils choisissent librement de suivre tel ou tel maître et certains insistent d’ailleurs sur le fait qu’ils peuvent aussi changer de maître si ils se sont trompé dans leur premier choix.

– Deuxièmement: le bouddhisme tibétain encourage l’instauration d’une relation affective avec le maître. On parle même d’une relation « amoureuse », même si la traduction peut prêter à confusion, et nous y reviendrons, pour qualifier le lien qui doit unir le maître et le disciple. On est donc invité à aimer son maître et à être aimé de lui, ce qui, du point de vue des adeptes, instaure une véritable relation de confiance et facilite grandement les progrès spirituels en permettant que le cœur, et pas seulement l’intellect, soit impliqué.

– Troisièmement: le lama est un être qui a des qualités reconnues: il aide le disciple parce qu’il a déjà parcouru le chemin et atteint le terme. Et puisqu’il a expérimenté ce qu’il enseigne, le maître protège des dangers et des pièges du chemin spirituel. C’est à la fois un guide et un garde fou.

– Quatrièmement: le lama transmet les modalités d’une expérience que l’on doit faire à son tour. Il n’est pas là seulement pour transmettre un enseignement théorique mais pour aider ses disciples à faire une expérience et à progresser (pragmatisme et efficacité).

– Cinquièmement: Il est rayonnant. On peut savoir qu’il est un maître parce qu’il rayonne, parce que ses actes sont en conformité avec ses paroles: charisme personnel.

– Sixièmement: Le lama est le garant de l’authenticité d’une tradition ancienne: il veille à ce que ses disciples restent fidèles à cet enseignement millénaire qui a fait ses preuves avec le temps.

Le caractère charismatique de l’autorité n’est pas sans poser de sérieux problèmes. Particulièrement sensible en effet au « rayonnement » de certains lamas, qui tranchait singulièrement avec la grise mine des curés de leur enfance, nombre d’adeptes en sont cependant venus à projeter sur ces maîtres toutes sortes de problématiques infantiles et amoureuses qui n’avaient plus grand chose à voir avec la notion traditionnelle de « dévotion » envers le maître. En insistant sur l’importance de cette dévotion, notamment dans l’école Kagyupa, les lamas tibétains ne pensaient sans doute pas déclencher autant d’affects, créant ainsi des relations souvent plus passionnelles que spirituelles.

Au delà de cet aspect affectif et des problèmes qu’il pose, la nature purement charismatique du mode d’insertion dans la tradition constitue en fait un véritable handicap pour la stabilisation des adeptes dans la communauté. De nombreux adeptes quittent en effet les centres ou cessent de les fréquenter après le décès du maître. Soit ils abandonnent tout contact avec le sangha, la communauté bouddhiste, et continuent éventuellement de méditer seuls, soit ils vont fréquenter un autre centre qui dépend d’un autre maître.

Lire l’article intégral.

♥ ॐ 🙂 ॐ ♥

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22 Réponses

  1. Notre besoin d’amour est si grand ..
    Apprendre à le puiser en nous même peut demander un certain temps..
    Mais le chemin qui nous y mène est fait d’Amour .

    • Oui tout à fait, en fait atteindre l’éveil est une sorte de paradoxe il me semble, puisque je pense que c’est la capacité à être autonome tout en prenant consience qu’on est complètement interdépendant
      redit autrement c’est être capable de dépendre des autres, sans en faire une relation pathologique dans un sens ou un autre 😉

      l’enseignant est en effet amour dans sa relation, même si parfois cela n’est pas facile à accepter, comme normalement les parents sont amour avec leurs enfants et pourtant prennent parfois des décisions responsables que les enfants ne voudraient pas prendre 😉

      bises

      • Cela rejoint pour moi la notion  » d’amitié spirituelle »
        telle que la définit Jacqueline Kelen ici :
        http://spinescent.blogspot.com/

        • Merci pour ce lien vers ce très bon blog
          oui elle parle d’amitié céleste, ce qui est encore un peu différent me semble-t-il
          on parle souvent de l’ami spirituel pour le maître, mais cela n’est il pas un euphémisme ?
          L’ami est celui qui peut nous soutenir, nous comprendre, nous aider, et la réciproque est vraie
          le maître est celui qui nous laisse libre de venir à sa compréhension de la vie, la réciproque n’est pas vraie au sens égalitaire, si le maître va à son élève ce n’est pas pour changer de niveau pour être plus épanoui, mais pour mieux comprendre son fonctionnement, et être sûr de pouvoir l’aider
          Je dirais que le maitre est un ami spirituel mais pas que cela
          aussi ce qui élève (jeu de mot 😆 puisque c’est le maître qui élève)

          je t’embrasse


          • Je ne saurai dire
            qui du maîre ou de l’élève fait avancer l’autre
            quand tous deux marchent d’un commun accord.

            Ce qui les lie les dépasse et les porte
            vers « autre chose »

            C’est en ce sens que « l’amitié spirituelle » me semble s’appliquer à ce parcours particulier.

            Ils s’élèvent,
            se nourrissent tour à tour
            et se faisant
            s’élèvent
            prennent de la hauteur.

            La Maître exite parce qu’on le voit tel
            On le voit tel parce qu’il manifeste sa Maîtrise
            et l’ensemble fait que Cela devient possible.

            • Il y a en effet certainement une relation interdépendante !
              Mais ce que chacun met dans la relation n’est pas identique, sinon ce serait en effet une belle amitié spirituelle mais il me semble qu’il y a qq chose en plus

              Je t’embrasse chère Lilou, amie spirituelle


  2. je me demande si c’est pas un leurre, ou plutôt un lot de consolation, d’apprendre à « puiser l’amour en nous même »
    Car si c’était « humain » de « puiser l’amour en soi », comment ça se fait que nous naissions désespérément faible et nu, dépourvu d’instincts de survie (que les animaux ont, eux) et qui nous rendent par là mm dès notre naissance dépendant ?
    Nous commençons par être dépendant de notre mère, de nos parents, et d’ailleurs de la façon dont est vécu et appréhendé cette dépendance dépend toute notre existence !
    Cela se poursuit avec la dépendance à un Autre, dans l’amour
    car bien sûr que quand on aime, humainement je veux dire, on dépend de celui qu’on aime ! on est malheureux s’il ne nous regarde plus, s’il n’y a plus de désir, etc.. l’amour est une suite ininterrompue de présences et de deuils (c’est en ce sens que je pense que c’est quelque chose qui se construit chaque jour, comme une oeuvre d’art)
    D’ailleurs, comment composer avec le fait qu’aimer, c’est lâcher prise, jusqu’à accepter de se défaire de soi ? quel paradoxe !

    • Oui c’est bien cela un paradoxe !
      mais on peut le dépasser en trouvant une autre voie que dépendance / indépendance = éveil 😀
      elle inclut tout cela et le dépasse sans le renier 🙂

      bises

  3. Il existe aussi des phrases, puisées au hasard des livres, qui peuvent être de véritables maitres spirituels. Ces phrases sont appelantes, rayonnantes, elles nous plongent soudainement au cœur de cet élément infini d’amour que nous recherchons souvent vainement chez l’homme. Ces phrases d’ailleurs peuvent être appelantes un jour et pas un autre. De notre état intérieur dépend cette ouverture. Ce jour-là une autre phrase, une autre rencontre (car la musique, la nature… peuvent aussi devenir « maitres spirituels » peuvent être agissantes).
    Je pense qu’il n’existe pas un seul moyen, ni une seule forme, pour accéder à cette rencontre intérieure.

    • En effet il existe plusieurs chemins pour aller d’un point à un autre, d’autant plus quand on considère la voie spirituelle plus comme un cheminement qu’un objectif à atteindre, néanmoins je pense qu’il faut être vigilant à ne pas confondre maître spirituel et inspiration, une phrase prise au hasard, peut nous amener une grande inspiration pour un moment donné, je ne dirais pas qu’elle est un maître spirituel, celui adapte son enseignement en fonction de la personne, du contexte
      par ailleurs je reste très circonspect sur le travail qui peut se faire seul, Ithaque a mise en ligne un bon article sur l’auto-coaching, jene suis pas trop sensible à cette mode du coaching qui nous donne des outils pour être plus performant, plus beau, plus , plus , plus, on est souvent loin du être. Mais les articles que met Ithaque sur son blog , qui sont de l’autocoaching pour bcp sont intéressants. pour en revenir à l’autocoaching mais on pourrait parler d’une manière plus large d’autothérapie ou encore plus large d’auto-maîtrise spirituelle , l’article indique bien ses limites, nous avons aussi des résistances au changement en nous, ces résistances sont en fait des solutions trouvées pour éviter ce qui nous pose pb, et cela peut faire des années que nous avons de tels comportements, il y a donc peut de probabilité, qu’une lecture puisse ainsi nous changer. Alros qu’une personne extérieur, qui nous accompagne dans une démarche non-egotique (pas de prise de pouvoir) sera capable de nous amener, par exemple par des méthodes paradoxales ou métaphoriques, à entrer dans cette zone que nous nous interdisons. Nous pourrons le faire parce que pris au dépourvu par un tiers (le thérapeute, coach ou maître -chacun évidemment agissant dans son domaine de compétence, je ne les mets pas sur le même plan) et que nous sentirons que le cadre dans lequel nous sommes nous autorise à aller vers cette zone de danger, dans une sécurité relative (que nous ne trouverons guère si nous sommes seuls).
      Bon ce n’est que mon hypothèse 😉

      chaleureusement

  4. C’est bien ainsi que j’ai compris le rôle et l’importance du maître.
    @Ambre : cet « amour » est gratuit. Il donne, c’est tout. Et il rend libre. Et toutes ces questions n’ont plus de sens, elles tombent d’elles-même.

    • Et il rend libre,
      c’est en effet certainement un des éléments de réponse du paradoxe car la liberté c’est ne pas avoir de maître justement, or le maître doit nous emmener au point où nous devenons notre propre maître , il fait de nous un pair, mais en même temps ne pas avoir de maître ne veut pas dire qu’on n’a pas besoin d’agir ensemble (interdépendance)

      chaleureusement

  5. Dans le bouddhisme Theravada, la relation maître/disciple est différente : pour éviter tout attachement, le maître renvoie ses disciples au bout de 2 à 3 ans, estimant qu’il leur a enseigné tout ce qu’il pouvait. Il les envoient vers d’autres maîtres.
    Dans le bouddhisme tibétain, cette relation peut aller loin, puisqu’un bon disciple doit donner tous ses biens à son gourou au moins une fois dans sa vie. On peut imaginer les dérives que cela provoque. Il est vraiment important de bien choisir son maître!

    • Cela peut en effet être intéressant, mais cela part du principe que le maître n’emmène pas à l’éveil
      Un autre point de vue est que le maître favorise l’éveil, la prise de conscience et l’épanouissement de la nature de Bouddha en nous, pour cela il nous aide à nous dépouiller de ce qui l’entrave. Alors le maître nous renvoie … à nous-même 😉

      Pour le fait de donner tous ses biens à son lama dans le bouddhisme tibétain, je n’ai jamais entendu parler de cela, pas en occident, quand à l’himalaya, ce sont le plus généralement des moines qui suivent des maîtres, or ces moines n’ont aucun bien propre.

      Mais tu as raison, il est important de bien choisir son maître 🙂

      chaleureusement

      • J’ai lu ce point dans la biographie de Kalou Rinpoche (me semble-t-il, je vérifierais à l’occasion). Kalou aurait donné plusieurs fois tous ses biens à son maître (Dilgo K.R), preuve d’un esprit hors norme. Je ne connais pas beaucoup la tradition tibétaine, mais je ne pense pas que cette pratique soit courante en France.
        Dans le Zen Soto, le maître n’est pas là pour amener à l’éveil. Il n’est que le doigt qui montre la lune. Il n’y a pas non plus cette notion d’affect dans la relation. Plus d’explication sur http://www.kanjizai.fr/publication3_17.htm

        • Merci pour ce lien Pseudoo (quel pseudo doux 😆 ) oui personne ne peut donner l’éveil à qqn d’autre, mais pour moi le maître est bien là pour permettre à celui qui le suit de laisser épanouir cette fleur de lotus en soi qu’est notre nature de Bouddha.
          Je pense qu’il y a aussi de l’amour, on peut donc dire de l’affect, dans cette relation, même dans le zen, par contre et normalement, cet accompagnement vers l’éveil vient permettre de faire sentir ce qu’est l’amour, total et non exclusif. Sinon ce serait en effet de la manipulation.

          Chaleureusement


  6. Je viens de découvrir ce site :
    http://www.berzinarchives.com/web/en/index.html

    Avec, entre autres, un texte sur la relation maitre-élève
    http://www.berzinarchives.com/web/x/nav/group.html_1305527811.html

    C’est en anglais et d’autres langues, mais pas en français ! néanmoins, avec du temps, j’arriverai à en comprendre un peu.C’est authentifié par un message du Dalaï Lama.

  7. Comment as-tu deviné que « Google » est mon pseudo de traductrice ? 😉

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