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Identité nationale : Citoyen du Monde

En ce moment, en France, on parle beaucoup de l’identité nationale. J’avoue que je ne saurais pas définir ce que c’est pour moi. depuis. Depuis les années 80 je me suis déclaré comme Citoyen du Monde, je porte toujours cette carte d’identité sur moi. (n° 175972) . Ce n’est pas qu’une vision philosophique, intellectuelle, politique, mais c’est une réelle prise de conscience que nos  problèmes économico-écologico-sociaux mondiaux ne permettent pas de rester simplement centré sur un petit pays, alors que les solutions éventuelles ne peuvent venir que d’une vision globale de notre planète terre. A contrario augmenter les tensions liées aux « identités nationales », à leur appartenance, leur « défense » permet d’évacuer le réel fondement du problème et au contraire de renforcer les idées égocentriques qui sont à la base du système économique qui  nous a conduit là où nous sommes. J’aurai l’occasion d’y revenir en reparlant encore une fois des trois poisons.

J’ai toujours dit à mes filles vous êtes croisées entre des pizzas et des paellas, vos origines vont de paysans qui ont voulu renverser la République à des mineurs communistes, mais l’important est ce que vous faites, ce que vous laissez aux autres.

Mais plutôt que m’apesentir sur des histoires personnelles, je préfère vous donner un extrait d’un très bel article de Françoise Simpère. Je me souviens d’une balade le long de la mer où elle m’avait parlé de son arbre généalogique, quelle richesse, qui m’avait beaucoup touché émotionnellement, quand on voit ce qu’on vit, et ce que nos parents, grands-parents, arrière-grands-parents et leurs parents etc… ont vécu, d’autant plus quand il y eu de la mixité culturelle, nous pouvons nous dire que nous sommes des êtres complexes  faits de tout cela, et non pas d’un bloc uniforme qui rentrerait dans une seule case.

Que signifie identité dans un pays de 63 millions d’individus aux histoires toutes différentes ? C’est un peu comme chercher par un test ADN si on est le père : qu’est-ce qui fait un père ? Un génome, ou le fait d’aimer un enfant, de vivre avec lui et de lui transmettre des valeurs ? On aurait pu parler de valeurs communes : Liberté, Egalité, Fraternité, plus la laïcité depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais en quoi ces valeurs seraient-elles porteuses d’une identité nationale ? D’autres pays sont épris de liberté, d’autres pays prônent l’égalité, et la fraternité est une valeur morale universelle plus qu’un facteur d’identité nationale.

Ce qui se cache derrière ce débat, on le sent bien, c’est évidemment la peur de l’Autre, de celui qui est différent. Crainte xénophobe ou raciste lorsqu’elle se fonde sur le pays d’origine ou la couleur de peau. Crainte « de classe » quand elle se fonde sur les inégalités. Avec en filigrane l’idée que « ces gens-là, monsieur, sont source d’insécurité. » Les étrangers comme les pauvres. L’élu local qui a stigmatisé « les dix millions de gens payés à ne rien foutre », n’a du reste rien trouvé de mieux pour s’excuser que de dire qu’il n’avait pas voulu parler des immigrés, mais des pauvres !

Puis très vite, le débat sur l’identité dérape vers le débat sur l’Islam… L’Islam devient une obsession médiatique, un fait public. On sert dans les cantines scolaires et les avions des menus sans porc pour les musulmans, mais pas de menus sans boeuf pour les hindouistes, ni de menus sans viande pour les Jaïns strictement végétariens, et il ne semble pas que le port de la kippa par les juifs ou d’une croix autour du cou par les catholiques suscite autant de débats que le port du foulard. Si on s’en tenait au principe de laïcité : « crois et pratique la religion de ton choix, mais que cela reste une affaire privée », on pourrait s’attacher à la question en filigrane derrière tous les débats sur l’Islam : la peur du terrorisme et du fanatisme.

Décidément, ce débat me met mal à l’aise, peut-être pour des raisons personnelles. Le terme d’identité nationale ne me parle pas. J’ai épousé un français né à Constantine, ai vécu douze ans en Afrique, suis née au Gabon, de père et mère français. Mais mon père était né au Vietnam, d’un père français Pondichérien et d’une mère française d’Indochine. Ce qui m’a valu qu’un zélé flic du temps de Pasqua ministre de l’Intérieur, exige un certificat de nationalité française pour me renouveler ma carte d’identité. J’ai refusé. Je suis remontée jusqu’au Ministère de l’intérieur pour avoir gain de cause et j’ai obtenu ma carte, sans certificat de nationalité. C’était odieux, cette soudaine discrimination, cet arbitraire, et encore plus odieuses les excuses piteuses du zélé flic quand il a su que j’étais journaliste. J’ai fait remarquer à l’uniformisé que ma carte de presse ne m’enlevait pas ma gueule de niakoué ni mes gènes venus d’ailleurs. Il s’est empressé de m’expliquer que sa vigilance venait du fait que certains, les arabes notamment, ne méritaient pas la nationalité française. Comme quoi, dès qu’on parle d’identité nationale on réveille les pulsions racistes… Mériter la nationalité française, ça veut dire quoi ? On n’y a aucun mérite : « On choisit pas ses parents, on choisit pas son pays… être né quelque part, c’est toujours un hasard » belle chanson de Maxime le Forestier, écrite contre « les lois Pasqua » justement.

mon père et ses parents

Quand j’étais étudiante, j’avais écrit à mon père pour lui demander de me raconter son enfance au Vietnam et son adolescence en Inde. Il m’a fait dire par ma mère qu’il ne souhaitait pas évoquer des souvenirs où il avait été exclu, au Vietnam comme métis indien, en Inde comme métis Viet, et que désormais, sa patrie était la France. Pourtant, sa couleur de peau lui a valu des remarques. Pourtant, en lui remettant son diplôme de magistrat, le président de jury avait grommelé « et on appelle ça un français! » Son pays, c’était là où il vivait, travaillait et avait construit sa vie. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir les larmes aux yeux quand il écoutait de la musique indienne, et d’accompagner de nuoc-mâm son steak-frites.

lire l’article intégral

♥ ॐ 🙂 ॐ ♥

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11 Réponses

  1. L’idée de nationalité n’a ni sens ni légitimité pour moi. Hier soir, le même enfant qui me posait la question sur la création de dieu m’a demandé comment on avait fait les pays. Tout ce qui m’est venu à l’esprit, c’est que c’était le fruit de conflits, de violences etc. Je les cartes d’identité n’ont pas plus de sens mais je vais quand même aller faire un tour sur le site.
    Bonne journée :-)))

  2. « Comme quoi, dès qu’on parle d’identité nationale on réveille les pulsions racistes »
    Je dirais que pour réveiller les pulsions racistes on parle d’identité nationale. J’ai vécu des dizaines d’années à l’étranger sans me sentir autre que française, et sans même me poser la question. Et c’était pareil pour les gens natifs de ces pays. Nous avions plus besoin d’apprendre à nous comprendre que d’apprendre à nous opposer. Bien sûr, il y avait la politique et l’exacerbation des nationalismes à des fins ponctuelles, mais quand on revenait à la vie courante et qu’un drame se produisait, il n’y avait plus que la solidarité humaine. Ces gens que nous traitons comme dans le texte cité  » et on appelle ça un français!” sont d’abord des gens comme nous avec une culture différente. Et on peut penser qu’ils honorent la nôtre en choisissant de devenir français sans pour autant abandonner la leur, mais en fuyant la misère, la guerre, ou le fanatisme qui rendent leur pays mortifère. La suite, nous en sommes responsables. Si vous voulez faire un voyou, écartez-le, ne l’éduquez pas, insultez-le, moquez ses usages et méprisez sa religion. Je ne dis pas tout est toujours aussi simple, je dis que si j’étais traitée comme ça je serais certainement un voyou.

  3. Lorsque j’ai lu dans l’article,
    – « Quand j’ai enquêté sur les sectes- les branches fanatiques des religions quelles qu’elles soient fonctionnent avec les mêmes mécanismes que les sectes- j’ai vu que le recrutement des adeptes se fonde sur leur fragilité, et leur fragilité sur leur sentiment d’exclusion. On leur dit « tu es malheureux, on ne reconnaît pas ta valeur, viens avec nous, tu trouveras des gens qui t’apprécient et tu deviendras quelqu’un ». Même exploser au milieu d’un marché avec une ceinture d’explosifs à la taille, c’est devenir quelqu’un, c’est avoir été investi d’une mission par des gens qui vous font confiance. La force des fanatiques, c’est leur sens psychologique…. » –

    je me suis retrouvée en « ma passion » pour l’Humain… et si je l’avais pu ici, j’aurais souligné de deux traits la dernière ligne : « La force des fanatiques, c’est leur sens psychologique…. » … c’est bel et bien de ce sens là que naissent tous les pouvoirs et tous les abus de pouvoir…parfois en soi-même d’ailleurs, car au-delà même de l’illusoire, fausse, pernicieuse et sournoise idée d’une quelconque « identité nationale » se tient le problème encore plus fondamental de « l’identification à la forme »…
    Bon OK, je t’entends Frédéric… 😉 … ce dernier entre guillemets, ce n’est la question du jour … 🙂

    Il n’est que de constater ce qui se passe devant un tribunal où l’on juge un « criminel » et où s’élève des voix prêtes au lynchage…. Wow ! là n’est pas encore, le question du jour… calmos Mutti… 😉

    Bon ! Mais, mal à l’aise en ce débat, je le suis aussi, comme Françoise Simpère….peut-être parce que j’ai été élevée, durant la toute petite enfance par un extraordinaire grand-père, enfant trouvé, QUI VENAIT DE NULLE PART…. et que plus tard, je suis devenue l’épouse d’un « asiatique », d’un être né au Vietnam… que son nés des enfants, des « Eurasiens » dit-on … a qui, ensemble, nous avons appris à se percevoir comme étant des êtres humains, des passagers dans l’univers infini et inconnu… comme nous le sommes tous !

    Infiniment merci, cher Frédéric, pour cette très édifiante note.
    Je t’embrasse
    Michèle

  4. Concernant l’idendité nationale, « C’est paradoxalement le langage, cet instrument de libération et de progrès, qui véhicule aussi les influences les plus marquantes et les plus néfastes. Le danger le plus insidieux réside dans l’utilisation d’étiquettes verbales pour départager et caractériser les autres. Car ces étiquettes stéréotypées, avec les images et les slogans tout aussi stéréotypés qui y sont associés, ont des effets dépersonnalisants et déshumanisants: dans un groupe ainsi étiqueté, les individus ainsi étiquetés sont « interchangeables », et l’attitude ainsi que le comportement à leur égard seront déterminés par leur appartenance au groupe, et non par les caractéristiques de la personalité de chacun.
    Le verbe devient, dans ces conditions, un déterminant puissant du comportement, et cette détermination verbale menace « la compassion et la compréhension humaine ». La tendance à catégoriser, à exclure et à rejeter est particulièrement marquée chez le sujet doué d’un « caractère autoritaire »qui fait de sa relation à l’entourage une relation de subordination et d’exclusion. Dans son cas, il s’opère un véritable renforcement mutuel entre la personne et le groupe qui se constitue par opposition à un « dehors ». Car « le groupement permet au caractère autoritaire de porter sans appréhension ni angoisse un jugement péjoratif sur autrui, jugement qui autorise toutes les hostilités et toutes les injustices ».
    extrait de « l’homme agressif » de Pierre Karli.
    ( étude sur le comportement)

    L’identité nationale n’est qu’un langage de plus vers ces « hostilités et injustices ». Ne faisons de la France un caractère autoritaire!

    Marie;)

  5. YES ! dis-donc tu as une drôle de tête sur la photo, tu n’as pas peur de te faire arrêter ? dixit une femme dite « de souche » qui n’a pas fait souche et qui est louche pour certains flicards car ressemblant à une espagnole…;-)) Amitiés Lung Ta

  6. Débat ? Toujours les mêmes fondamentaux !

    Le plus extraordinaire c’est que l’équipe en place arrive en permanence à relancer la polémique sur des thématiques dont elle a pourtant déjà tout dit depuis longtemps. A chaque fois en exploitant tel ou tel évènement, mais toujours avec les mêmes fondamentaux, ceux qui lui ont permis en 2007 de siphonner l’électorat du FN.

    Sur le thème des ‘Valeurs’, fondateur de la stratégie de N Sarkozy, je recommande vivement de visionner – surtout d’écouter – une excellente anthologie des mots et des idées qui construisent sa prise du pouvoir et ses deux premières années à l’Elysée: http://www.youtube.com/watch?v=Fm-TdlB8QNI

    Quatre autres vidéos de la même série sont aussi sur YouTube, mots clés: Sarkozy Midterm

    Pour la version ‘intégrale’ de la série (la compression de l’image est de moindre qualité que sur YouTube mais, ici, les 5 volets sont réunis en une seule video, dans leur ordre chronologique), c’est sur MySpace : http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&VideoID=101067879

    Un petit bijou pédagogique, si l’on a 30 minutes devant soi et deux cachets d’aspirine de secours: non-pas qu’il soit mauvais orateur, mais dans ce tourbillon …

  7. ah ça me parle aussi, née en Algérie indépendante de parents français
    – maman née en Occitan de papa français deuxième génération mi espagnol et de maman allemande de naissance, elle-même espagnole par sa mère et prussienne par son grand-père paternel
    – papa né en Algérie française de parents français, famille maternelle de pieds-noirs de longue date…
    – le père de mes enfants est né français au Maroc, de papa marocain et sénégalais par sa mère, et de maman française née en Moselle, seulement… le père de cette dernière est né en 1918 en territoire annexé par les Allemands… et est mort en 45 à l’âge de 25ans (laissant trois enfants petits) résistant partant avec le dernier train…
    et c’est cette ascendance-là qui pose problème pour la nationalité de mes enfants!!! pourtant à la demande de sa veuve il a recouvré sa nationalité dès la libération comme pour tous ceux nés pendant l’annexion… il y a même une rue à son nom dans une ville de Charentes… à chaque fois il faut six mois minimum pour que d’un employé zélé à l’autre on finisse par faire ou refaire des papiers…
    soupir…
    un ami a épousé une indienne, en Inde. Elle est venue vivre avec lui en France, le mariage avait été validée à l’ambassade. Deux ans plus tard, commerçants tous les deux, elle est enceinte de 6 mois, elle part voir ses parents et finalement doit accoucher en Inde. On ne l’a plus laissée entrer en France avec son bébé. C’était là ya moins de cinq ans…
    parfois, j’ai un peu de mal à comprendre…
    définitivement citoyenne du monde, c’est ce que je clame depuis que j’ai quinze ans…

    belle soirée à toi

    • Merci chère Mamalilou pour ce témoignage, qui comme celui de Françoise Simpère, montre la complexité des humains, et comme quoi il est difficile de dire où commence et où s’arrête une identité nationale, bon je n’ai pas trop voulu intervenir dans le débat des commentaires, mais nous avons des racines mais celles ci ne doivent pas nous limiter, et tout statut ne doit pas élaguer nos racines, mais elles doivent nous permettre de mieux grandir au contraire

      chaleureusement

  8. J’avais été tentée il y a quelques années de prendre aussi le passeport de citoyenne du monde mais voyageant pas mal à l’époque, j’avais crains que mon point de vue ne soit pas bien compris dans les aéroports, les controles étant déjà assez pénibles comme ça 😉 bref, je n’ai pas eu le courage administratif mais dans mon fort intérieur je ne me sens plus de nulle part, ne vivant plus en France depuis longtemps, et en même temps, je me sens un peu chez moi partout. On est tous des humains, non? Et puis tout ça c’est peut-être une question de distance, vus depuis les étoiles, on est une forme de vie sans nom.
    Mes amitiés
    Nathalie

    • En fait il faut savoir que la carte d’identité « citoyen du monde » n’a aucune réalité légale
      Tout est fait pour que cela puisse l’être, inscription sur un registre au niveau mondial depuis les années 60
      il m’est arrivé souvent de la présenter lors de contrôle et cela fonctionnait néanmoins dans la moitié des cas
      mais pour ce qui est de passer une frontière, surtout à notre époque, ou une personne qui n’est ni blonde, qui n’a pas les yeux bleus, qui a un accent, qui n’a pas la peau blanche etc… est tout de suite suspectée d’être un terroriste !!!!
      ou que dans la rue le fait de demander l’heure à un policier peut suffire à vous retrouver en garde à vue !!!!

      chaleureusement

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