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Les trois poisons

Cosey Bouddha azur_0005

(Le Bouddha d’Azur – Dessinateur & Scénariste : Cosey – Editeur : DUPUIS)

Dans le bouddhisme, on considère qu’il y a trois principaux troubles qui créent de la souffrance, ils sont nommés les trois « poisons » :

  1. L’attachement aux passion, les dépendances

  2. L’aversion et tous les sentiments qui nous font rejeter ce que nous ressentons comme « autre » : agression, violence, rage, haine, colère

  3. L’ignorance, qui va du déni de réalité au « je m’en foutisme » en passant par « l’aquaboniste » cher à Gainsbourg.

On peut d’une manière basique chercher à faire disparaître ces tourments, ou s’en servir pour comprendre notre humanité et en quoi nous sommes proches de tous les êtres vivants.

« Quoi qu’on fasse il ne faut pas chercher à faire disparaître les poisons, qui éveillent la bodhichitta en nous, mais la compassion envers soi même et le courage sont indispensables. Sans bienveillance, rester avec la douleur n’est rien d’autre qu’un combat. »

Pema Chödrön

L’ignorance

C’est en fait le désordre principal d’où va se développer les deux autres. C’est la méconnaissance du potentiel réel de notre esprit.

« Une fois qu’on a établi le schéma neuronal qui consiste à s’identifier comme un « moi » unique, pourvu d’une existence indépendante, on perçoit inévitablement ce qui n’est pas ce moi comme « autre ». Nous considérons les autres êtres, objets matériels et toutes choses comme source de bonheur ou de malheur potentiels, et la vie devient une lutte pour obtenir ce que nous pensons indispensable au bonheur avant que les autres ne mettent la main dessus. Cette lutte est appelée « samsara » en sanskrit (roue ou cercle). »

Yongey Mingyour Rimpoché

De cette fausse construction mentale (nous serions indépendants et autonomes) nous allons chercher avidement ce qui semble faire notre bonheur et rejeter âprement ce qui semble faire notre malheur. « Semble » car en fait nous recherchons ce qui consolide l’idée du « moi indépendant », c’est donc chercher à remplir une piscine de sable : sans fin !

Quand on en prend conscience et qu’on sort de cette recherche vaine, on peut atteindre un état de félicité ou de bonheur durable qu’on appelle dans le bouddhisme le nirvana. Cet état ne veut pas dire que tout est facile et sans douleur, mais que tout prend sens, événements plaisants ou non.

« Samsara et nirvana, sont deux points de vue, le premier est un point de vue fondé sur le fait de classer les expériences en deux groupes agréables et désagréables et de s’identifier à elles. Le nirvana est un état de conscience fondamentalement objectif dans lequel les expériences sont acceptées sans jugement. »

Yongey Mingyour Rimpoché

L’attachement

On dit souvent que le désir est la cause de nos souffrances, mais il me semble, qu’au contraire le désir est la vie, telle l’éros de Freud face à Thanatos. En tant qu’humains nous avons besoin de désir, de reconnaissance, d’amour, de soutien, de partage. Les difficultés surgissent quand nous devenons dépendants de désirs qui ne sont plus des besoins ou quand nous cherchons à fusionner avec l’objet de notre désir.

L’addiction est la meilleure illustration de ce « poison ». Le Bouddha comparait ce poison au fait de boire de l’eau de mer. Plus on boit de l’eau salée, plus on a soif. Il est nommé Trishna, la soif en sanscrit.

L’aversion

A l’opposé, nous pouvons avoir une attitude de rejet total de ce qui remet en cause notre image de nous-même. C’est en fait la peur et principalement la peur du changement et de l’impermanence qui nous crée cette confusion.

Nous pouvons lire sur ce billet comment par la méditation utiliser ces émotions par la méditation pour sortir de la souffrance.

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12 Réponses

  1. très intéressant mais pas simple à mettre en pratique, à tout lacher… comment faire ? j’ai conscience de tout cela depuis pas mal de temps, mais c’est « plus fort que moi »…. j’ai beau savoir, voir le danger, le craindre, je suis le même schéma… ça doit correspondre au samsara je pense lol….
    dans le tout ou rien… rhaaaa… j’ai besoin de prendre le temps de me poser, mais la vie fait qu’à présent je ne peux que courir ! 5 min par jour je sais bien c’est mieux que rien… mais ça me fait pas avancer vite ! erf…
    en tout cas merci pour ces msg qui nous permettent toujours de voir plus loin (ou du moins on essaie ^^ )

    charlene

    • Chère Charlène

      es tu sûre d’avoir conscience de tout cela, ou sais tu tout cela ?
      Pour moi la différence est importante, j’ai eu l’occasion dans ma vie professionnelle d’accompagnement de personnes en difficulté de voir venir des tas de personnes qui venaient et qui m’expliquaient pourquoi cela allait mal pour elles. Alors je disais OK super, puisque vous savez pourquoi, changez ! Tu te doutes bien que ce n’était pas si facile pour elles, car elles savaient pourquoi mais n’avaient pas conscientisé ce qui se passait en elles, pour quoi ou pour qui, elles agissaient ainsi
      Et là encore pas besoin de faire des démarches mentales pour trouver la réponse, car la réponse est moins importante que de savoir comment on peut faire pour faire autrement, faire qu’on soit un peu plus heureux, voir qu’on puisse accéder à un bonheur durable, malgré tous les malgré qui continueront quand même.

      On peut soit prendre conscience de comment l’ignorance nous mène par le bout du nez dans toutes nos actions, et alors ayant conscientisé cela, décider de voir ce poison derrière tous nos actes, et les changer en conséquences.
      Telle est la Sagesse au sens bouddhiste.

      Si on n’a pas conscience de cela, et c’est très difficile car l’esprit nous dit intérieurement : oui mais tout cela c’est bien joli, en attendant tu souffres quand même ! nous pouvons simplement voir ce qui se passe (en avoir conscience comme tu le dis) et voir pour quoi faire nous agissons comme cela, comme dit dans l’article cité chaque émotion a une utilité protectrice aussi (protectrice de cette image de nous-mêmes que nous prenons pour pour nous-mêmes)

      Nou s pouvons déjà voir ce qui est protégé et quel est le réel besoin derrière.
      Mon compagnon/compagne me parle le matin avant de partir de qq chose d’important pour elle/lui, et je rentre en colère. On peut penser que ce qu’il/elle m’a dit a créé la colère, mais peut être ne le suis je que simplement d’avoir à discuter sur le pas de la porte d’un sujet si important pour lui/elle, d’avoir à le discuter le matin alors que je suis déjà en retard, de l’apprendre si tard (manque de confiance de mon/ma partenaire)
      je sens la colère qui monte
      Je peux être conscient que cela n’est pas correct,
      en cherchant rapidement en moi (je ne rentre pas dans les détails) je peux voir ces « causes » citées plus haut, je peux rapidement chercher le(s) besoins fondamentaux derrière et les exprimer : J’entends que ce tu me dis est important (pour toi), mais j’ai besoin d’arriver à l’heure à mon rendez-vous et je ne trouve pas correct de te donner une réponse sans réfléchir et si rapidement à une question si importante.
      et on peut terminer par une demande : pourrions nous en reparler tranquillement ce soir après que les enfants soient au coucher et à la place de regarder une émission à la TV ?

      L’émotion n’a pas été chassée, on a été derrière voir le à quoi elle servait et on a pu l’exprimer et surtout faire une demande claire et précise
      (bon je ne rentre ps plus en détail dans le cadre de ce commentaire déjà long sur le processus)

      Ne pas chercher à chasser nos émotions, mais rentrer en contact avec elles, nous permet d’être plus humain, d’être au contact de ce qui est humain en nous, au contact de tous les humains et mieux comprendre la souffrance que nous partageons tous (même si c’est de manière différente).

      Comprendre cela, même sans rien changer, peut être déjà une belle action, d’amour, c’est la voie du coeur

      Pour acéder à cette sagesse, le mental n’y peut rien, les métaphores peuvent nous aider, les paradoxes nous forcer à y accéder, mais surtout la méditation est une voie royale, car elle nous permet de nous donner du temps, nous donner de l’ouverture, de voir la souffrance en l’humain, de s’autoriser à vivre pleinement ces émotions humaines, de partager l’amour en les êtres vivants.

      Mais chacun doit trouver la voie qui lui convient dans le moment dans lequel il vit.

      Pour finir sur ton commentaire très riche, je dirais qu’il ne sert à rien de vouloir changer le monde, cherchons à changer au mieux l’instant présent en nous quoi que nous faisions, alors nous n’aurons pas l’excuse de ne pas avoir le temps
      et enfin en effet si on fait 5 mn de méditation par jour ou plusieurs jours par semaine cela ne fait pas avancer vite, je dirais même je ne suis pas sûr qu’on puisse accéder à la méditation, mais on met en place un geste très beau : celui de se poser, de s’ouvrir, même si en ce temps court on n’y arrive pas. En fait le temps ne fait rien à l’affaire pour plagier Brassens, car cette ouverture se passe en un 72° de claquement de doigt 😉
      alors cette courte pratique est une graine que nous semons, un ancrage en nous
      et il y a des périodes de notre vie où le dharma passe par s’occuper de ses enfants (et je suis suffisemment au contact de personnes qui sont des familles monoparentales , pour savoir par exemple le temps que cela peut prendre) soit on le vit comme une contrainte qui nous éloigne de la pratique, soit comme un trésor une richesse qui nous permet de pratiquer.

      je te souhaite le meilleur dans ta vie
      chaleureusement

  2. L’inquiétude est un aussi un poison subtil qui distille ses effets au compte-gouttes à longueur de temps, jusqu’à l’intoxication.

    • Oui tu as tout à fait raison,
      l’inquiétude est une peur quasi continuelle sans objet précis,
      la peur a pour but de nous protéger par une réaction de survie
      ces réactions peuvent être dans les émotions liées à ce qu’on appelle l’aversion dans les trois poisons (en fait il y a des points de vue bouddhistes qui intégrent bien plus que les trois poisons, mais ceux ci sont suffisemment simples pour être retenus et compris)

      ce qu’il faut savoir c’est que lorsque notre esprit est perturbé d’une manière quasi-continuelle ou très récurente, il n’est pas facile, voir impossible, d’accéder à la sagesse dont on parle dans le bouddhisme, car l’esprit sera toujours le plus fort pour nous en détourner et nous ramener vers nos dysfonctionnements, dans de tels cas, et nous en traversons tous au moins à un moment d e notre vie, il faut savoir aller demander du soutien
      cela peut se faire auprès de l’enseignant, du maître de méditation, mais lui même en toute clairvoyance, peut nous dire, cela n’est pas de mon domaine, il faut que tu aies un soutien médical ou psychologique qui te permettra de pacifier suffisemment ton mental pour accéder ensuite à la méditation pour toucher la sagesse

      chaleureusement


  3. Comme Mingyour Rimpoché sait bien expliquer les choses !
    Et toi aussi.
    Curieux comme un billet sur les trois poisons peut éclairer un matin houleux.
    Merci
    Bises

    • Puisse éclairer mon chemin et celui des autres chère Mifa
      Mingyour Rimpoché fait partie de cette nouvelle génération de lama complètement intégré dans le monde moderne, et la forme de l’enseignement risque de changer, comme Trungpa l’avait déjà lui-même bcp adapté pour être complètement imprégné dans la culture contemporaine

      je t’embrasse

  4. la seule maniere de vivre le present c’ est de « mourir » pas physiquement mais de l’ experience Passé! On apprend a mourir a toute chose et de la le silence a des chances d apparaitre… Si on est encore dans le shema de l’ ego qui pense et qui par son besoin d’ etre RASSASIé tente tant bien que mal de sublimer son passé en recherchant a chaque fois plus de plaisir, plus de bonheur, tjrs Plus, mais la vie ne marche pas comme cela… alors il soufre… et au contraire quand le silence se fait plus rien d’ autre que le maintenat n’ a d’ importance seul reside la magie d’un enfant innocent qui redecouvre a chaque instant la vie, les choses! et le mirracle se fait! mourer mes amis mourer de vous meme devener un enfant…

    • Oui tout à fait cher Skyo, je préfère le terme s’ouvrir à que mourir qui peut entraîner des peurs et donc une fermeture, par exemple comment parler de mourir à soi-même à une mère qui vient de perdre son enfant ?
      mais nous parlons de la même chose 🙂

      chaleureusement

  5. ce long chemin commence par un pas, puis un deuxième et à chaque jour suffit sa peine…

    Merci pour les liens…je lis tt ça ce we au calme et m’en réjouis d’avance

    • Chère Bérangère j’aime bcp de terme de se réjouir, merci

      J’ai été à Carrefour, j’ai rien vu de bioéthicécolo en vêtement, je suis donc allé chez idéo, le pb est évidemment aussi le prix, comme pour la nourriture qui est 30 à 100% plus chère
      je sais bien qu’on peut aussi moins manger, mieux manger, mais néanmoins je trouve cela bcp !

      chaleureusement


  6. […] Ce qui vous a le plus attiré : Om mani padme hum : le joyau dans le lotusL'arbre vacuitéToucher l'esprit lors de l'assemblée de l'éveil, du 8ème jour du 12ème moisLe sourire intérieur en Chi-Kung (Qi Gong)Mettre en lumière…« Plasticité neuronale » : en lisant cet article, vous modifierez vos neurones… Mais la modification sera encore plus importante si vous tombez amoureux !Graines germées : alimentation vivanteLe bouddhisme, religion ou philosophie ?Pratique de Sangye MenlaLes trois poisons […]

  7. […] En ce moment, en France, on parle beaucoup de l’identité nationale. J’avoue que je ne saurais pas définir ce que c’est pour moi. depuis. Depuis les années 80 je me suis déclaré comme Citoyen du Monde, je porte toujours cette carte d’identité sur moi. (n° 175972) . Ce n’est pas qu’une vision philosophique, intellectuelle, politique, mais c’est une réelle prise de conscience que nos  problèmes économico-écologico-sociaux mondiaux ne permettent pas de rester simplement centré sur un petit pays, alors que les solutions éventuelles ne peuvent venir que d’une vision globale de notre planète terre. A contrario augmenter les tensions liées aux “identités nationales”, à leur appartenance, leur “défense” permet d’évacuer le réel fondement du problème et au contraire de renforcer les idées égocentriques qui sont à la base du système économique qui  nous a conduit là où nous sommes. J’aurais l’occasion d’y revenir en reparlant encore une fois des trois poisons. […]

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