• Catégories

  • Chaque jour est le bon

    novembre 2009
    L M M J V S D
    « Oct   Déc »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    30  
  • Pages

  • Archives

  • J'ai été heureux de vous accueillir, vous les

    • 259 174 lecteurs depuis avril 2009

Vagabondage mental et méditation

Anmasir1007

Ma méditation est souvent submergée de pensées non désirées, d’émotions, de sensations, de souvenirs. Au début j’avais beaucoup de mal avec cela, puisque je me posais dans l’espoir d’obtenir une certaine sérénité et j’avais en fait de la confusion à profusion.

«  Quand les gens commencent à méditer, ils se plaignent souvent que leurs pensées se déchaînent, qu’elles n’ont jamais été aussi incontrôlables. Je les rassure en leur disant que c’est bon signe. En effet, loin de signifier que vos pensées sont de plus en plus déchaînées, cela montre que vous êtes devenu plus calme, vous prenez finalement conscience de combien vos pensées ont toujours été bruyantes. »

Sogyal Rimpoché

Anmasir1001

Cela créait une véritable césure en moi entre ces pensées qui couraient et ce désir de silence mental. Il m’a fallu comprendre que les pensées sont indissociables de la vie en l’humain.

« Les pensées sont l’activité naturelle de l’esprit et la méditation n’a pas pour but d’arrêter les pensées. Elle consiste simplement à reposer l’esprit dans son état naturel, lequel est spontanément conscient des pensées, des émotions et des sensations à mesure qu’elles surgissent, sans les suivre ni les rejeter. »

Mingyour Rimpoché

En fait si ce mental qui erre d’une manière anarchique, ces rêves éveillés, toutes ces émotions aléatoires, me paraissaient au début un obstacle à la méditation j’ai pu me rendre compte qu’ils m’ouvraient la porte sur mon inconscient pour mieux trouver l’origine de mes comportements que je croyais conscients.

La première démarche est donc de reconnaître ce que l’on vit dans son être entier, et donc dans son mental et ensuite de l’accepter comme tel.

« Certaines personnes pensent que lorsqu’elles méditent, elle ne devraient avoir aucun pensées, aucune émotions. Rien n’est moins vrai. Les pensées et les émotions sont le propre rayonnement de l’esprit. l’océan a des vagues, pourtant il n’est pas particulièrement dérangé par elles : les vagues sont la nature même de l’océan. Les vagues se dressent, mais où vont elles ? Elles s’en retournent à l’océan. d’où ces vagues viennent elles ? De l’océan. De même, les pensées et les émotions sont le rayonnement et la manifestation de la nature même de l’esprit. Elles s’élèvent de l’esprit, mais où se dissolvent-elles ? Dans l’esprit.

Quand vous comprenez ceci, les pensées qui s’élèvent ne peuvent qu’enrichir votre pratique. mais tant que vous ne réalisez pas qu’elle est leur nature intrinsèque – le rayonnement de la nature de l’esprit – elles deviennent le germe de la confusion. Entretenez donc envers vos pensées et vos émotions, une attitude bienveillante, ouverte et généreuse.

Lorsque vous devenez plus conciliant avec elles, elles le deviennent aussi. »

Sogyal Rimpoché

Anmasir1002

Devenir conciliant avec ses pensées est peut être les premiers pas en nous de la bodhichitta, déjà prendre soin de nous pour mieux sentir que chaque être humain a besoin de soutien et d’amour.

« Je regarde la conscience comme un bol à aumônes »

Dogen

Qu’y a-t-il de plus précieux pour vivre que son bol pour celui qui vit du don des autres ?

« Le bol d’aumône selon Dogen, est le récipient de l’éveil. De la même manière on peut regarder sa conscience comme infiniment précieuse. Dans le bouddhisme tibétain on regarde son corps comme précieux, sans lui nous ne pourrions méditer. Mais la conscience est tout autant précieuse et il ne convient pas de la maltraiter. Ainsi, on devrait toujours être à l’écoute de ses désirs, de ses sentiments, de ses peurs qui remplissent la conscience. Il s’agit de prendre soin de soi, prendre simplement conscience que ce n’est qu’avec ce seul corps et ce seul esprit que nous vivons. Nous devons en prendre soin. »

Eric Rommeluère

Anmasir1003

En étant compatissant vis à vis de nos pensées, cela ne veut pas dire qu’il faille leur donner une place suprême, mais les regarder pour ce qu’elles sont (comme dit plus haut : les vagues de la mer, l’écume de notre esprit).

«  Soyez à l’égard de vos pensées comme un vieil homme sage qui regarde jouer un enfant. »

Dudjom Rimpoché

Lutter contre elles les renforce, les laisser telles qu’elles leur permet d’aller et venir telle la marée. Et nous découvrons la marée étale, ce moment entre deux marées, et cette « étale » a des durées variables mais qui peuvent augmenter avec le temps.

« Quelques soient les pensées et les émotions qui se manifestent, laissez-les donc s’élever et se retirer, telles les vagues de l’océan. Permettez leur d’émerger et de s’apaiser, sans contraintes aucune. Ne vous attachez pas à elles.

Vous découvrirez par vous-même qu’un intervalle sépare chaque pensée de la suivante. Un espace dans lequel Rigpa, la nature de l’esprit, est révélé. La tâche de la méditation est donc de permettre aux pensées de ralentir afin que cet intervalle devienne de plus en plus manifeste. »

Sogyal Rimpoché

Anmasir1004

Le vagabondage mental, n’est donc pas un obstacle ultime à la méditation.

« sentez vous libre en pensant « peu importe que ma pratique soit bonne ou pas » L’essentiel est de vouloir méditer. En soi cela suffit. »

Yongey Mingyour Rimpoché

toutefois il peut nous paraître tellement envahissant, comme une angoisse, qu’on peut ne plus pouvoir, ou ne plus vouloir méditer. On peut alors utiliser des techniques de concentration pour diriger sa pensée, son attention et son énergie sur une seule chose.

Cela peut être une aide quand notre vie fait que notre méditation semble trop difficile.

Anmasir1005

Nous avons différents types de concentration :

  1. Nous pouvons évoquer une perception neutre ou positive, d’un de nos 5 sens vécue dans le passé (un bruit régulier, un visage pacifique, une odeur agréable etc…). Souvent on parle de visualisation, ce qui pour certaines personnes est trop compliqué car elles ne « voient » rien, mais en fait il faut privilégier le sens avec lequel on est le plus à l’aise.

  2. Nous pouvons aussi diriger notre attention sur une image symbolique. Cela peut être un symbole pur (comme le lemniscate, un point, un cercle) ou une image qui prend sens pour nous (une représentation d’un être qui nous inspire).

  3. Nous pouvons ramener notre conscience sur un point du corps, cela amène d’ailleurs en général, une chaleur sur ce point qui crée une action tonique et régulatrice sur cette partie, cela peut même faire diminuer une douleur (on se concentre pas sur la douleur, mais sur la zone qui souffre). Mais on peut aussi se centrer sur un processus du métabolisme, comme la respiration.

  4. Enfin, surtout en dehors des périodes de méditation, on peut se focaliser sur un acte en cours. Si toute notre conscience est tendue vers cet acte, le mental ne peut nous envahir.

Anmasir1006

Et quand nous nous sentons plus apaisé, moins angoissé, nous pouvons tenter de nous ouvrir à ce qui , en dehors de toute technique.

♥ 🙂 ♥

Bookmark and Share

18 Réponses

  1. Au dehors, le calme,
    Au-dedans, le mouvement,
    C’est comme le cheval entravé
    Et le rat qui se cache.
    Tous les maîtres de la transmission
    S’en sont affligés
    Aussi ont-ils divulgué le Dharma.
    Chacun suit l’illusion et se fourvoie,
    Il ne distingue plus le blanc du noir
    Mais, quand l’illusion se dissipe,
    Chacun peut comprendre par lui-même.

    Tong-Chan (807-869) – Samâdhi du Miroir du Trésor

  2. Voilà pourquoi je ne sais pas méditer ..
    J’ai renoncé un jour à savoir ..
    Et , tout ce que cherchais à saisir, à comprendre, à faire pour obtenir le calme, s’est peu à peu répandu en moi.

    « L’essentiel est de vouloir méditer « ..
    non pas dans le sens de décision de ce que le calme doit être, mais d’ouverture à la manière dont on peut le vivre dans notre simple et totale individualité.

    Merci pour ce partage .

    • L’essentiel n’est en effet pas de faire celui qui médite, que l’on trompe soi-même ou les autres, mais bien d’être dans cette ouverture consciente à la vie, aux autres, les mots que l’on pose sur notre pratique ne sont qu’un vernis, ne prenons pas le vernis pour le support

      je t’embrasse

      frédéric 🙂


  3. je retiens que finalement si l’on se pose et que l’on essaie de faire le vide dans sa tête, il n’y rien d’anormal a ce que les pensées affluent, il ne faut pas chercher a les contrôler simplement les accueillir, c’est rassurant de le savoir, je ne pratique pas vraiment de méditation mais c’est vrai qu’il m’arrive frequement de ressentir le besoin de me poser et de me recentrer alors ce doit être un genre de méditation , enfin je voulais simplement te dire merci pour ces informations et ces conseils.
    bon week end
    Virginie.

    • Oui cela y ressemble fort 😉
      La méditation bouddhiste telle zazen, y rajoute une ouverture compatissante au monde pour agir à apaiser cette souffrance, cette ouverture arrive avec la perception de l’interdépendance et de l’impermanence.

      bises

      frédéric 🙂

  4. J’aime beaucoup méditer. Ce sont pour moi de vrai rendez-vous avec moi-même. Je médite selon mon besoin pendant 5 à 10 minutes et parfois jusqu’à 1 heure. Je fréquente également de temps à autre un dojo zen.
    Pour moi méditer c’est prendre conscience de la « folie » qui nous habite et arriver progressivement à transformer le poison en nectar.
    🙂

  5. ne faut-il pas suivre un dojo zen ou un zazen pour arriver à méditer ? je me sens incapable d’y arriver seule, je peux rêver, essayer de me concentrer sur la nature ou un objet, je ne tiens pas longtemps sans avoir « autre chose à faire  »
    comme je me sens loin de vous les bouddhistes, arriverai-je à vous rejoindre.
    merci pour les sujets que tu abordes, ils me permettent de mieux réfléchir à ce que je suis
    je t’embrasse Frédéric.

    • Peut être déjà ne faut il pas rejoindre les bouddhistes 😆
      il est important de vivre sa vie, les mots bouddhistes ou autres, sont peut être moins importants voir trompeurs parfois (quand devient on bouddhiste ?)

      mais tu as raison la pratique de la méditation seule est très difficile surtout pour débuter, et souvent on abandonne rapidement
      commencer comme il est dit dans l’article d’aujourd’hui par 5 à 10 mn par jour peut être suffisant, à mon avis, non pas pour rentrer en méditation mais pour se créer un ancrage de cette nécessité de la pratique, voir comment même ce peu nous aide à mieux être dans la journée

      mais rapidement la pratique collective au moins hebdomadaire, dans un groupe, un dojo zen par exemple, est un appui fort pour persévérer et même après pour aprofondir sa pratique, pour que ce ne soit pas une simple relaxation ou la recherche d’un bien être personnel, mais que cela aille au de là, comme je l’écris ici, il peut être important de trouver un ami spirituel (appelons cela comme ça, traditionnellement on parle d’un Maître) pour nous accompagner, mais cela demande plus de temps, car il faut trouver la personne compétente et de CONFIANCE, voir comment elle vit au quotidien sa pratique.

      je t’embrasse

      frédéric 🙂

  6. pourrais-tu être un Maître?
    mais tu es bien loin d’ici.
    amitiés.

    • puissais je être maître de moi même , cela serait déjà bien 😆

      être maître veut dire qui maîtrise, il ne s’agit pas de savoir tout, ni tout faire, mais savoir ce qui est juste au moment idoine et savoir le partager
      pour cela il faut de l’apprentissage et de la mise en oeuvre

      alors disons que je suis dans l’apprentissage 🙂

      je sais partager mon parcous, mes interrogations, mes propres réponses, parfois provisoires, toujours impermanentes, j’ai plaisir à être moi même accompagné et guidé par un maître mais n’en suis pas un

      je t’embrasse

      frédéric 🙂

      • Cet échange me donne envie de laisser mon petit témoignage sur la notion de Maître ou de guide.
        Lorsque j’ai demandé à la personne qui est mon devenue guide de m’accompagner, voici ce qu’il m’a répondu : « Souviens toi d’une chose, le meilleur guide au monde n’arrivera jamais à la cheville de ton propre guide intérieur, c’est à dire toi. Place toi dans ton cœur et avance… »
        Bises
        Sophie

        • Sage réponse
          il me semble que le maître n’a pas à rester le maître durant toute la vie, même s’il restera l’ami de coeur tout le temps
          mais il a amené le disciple à son propre état de maître
          le maître devient alors la Vie , car à ce moment nous avons la capacité de voir , écouter, entendre la vie, sans fuir ce qui est dit

          chaleureusement

          frédéric ॐ

          « On paie mal un maître en ne restant toujours que l’élève. » Friedrich Nietzsche


  7. […] pas le …lungtazen sur Méditer un jour, méditer …lungtazen sur Vagabondage mental et méd…lungtazen sur Méditer un jour, méditer …Mifa sur Vous n’avez pas […]

  8. Comme le dit Matthieu Ricard :
     » La méditation consiste à prendre le contrôle de son esprit
    , à se familiariser avec une nouvelle compréhension du monde et à cultiver une manière d’être qui n’est plus soumise à nos schémas de pensées habituels.
    Elle débute souvent par une démarche analytique et se poursuit par la contemplation et la transformation intérieure.  »
    Bises

  9. […] face aux multiples pensées qui vont aborder notre conscience par exemple. Mais on a pu voir que ce vagabondage mental n’était pas un obstacle en soi, donc on peut rentrer dans l’expérience méditative à pieds […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :