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Mahapajapati Gotami, la mère de toutes les nonnes

Cosey Bouddha azur_0011

(Le Bouddha d’Azur – Dessinateur et Scénariste : Cosey – Editeur : DUPUIS)
Résumé d’un article du magazine des Fermmes Bouddhistes.

Mahapajapati Gotami, qui allait devenir la fondatrice du premier ordre de nonnes bouddhistes est née dans le clan Koliyan au Nord Est de l’Inde, près des contreforts de l’Himalaya.

À sa naissance, un astrologue prédit qu’elle serait à la tête de nombreux disciples et elle fut nommée « Pajapati » qui signifie « Guide d’une grande assemblée ». Il lui fut prédit aussi qu’elle serait, comme sa soeur aînée Maya, la mère d’un grand chef religieux ou laïc.

Les deux soeurs épousèrent Suddhodana, un chef du clan Sakya, les clans étaient petits, leurs membres travaillaient à l’agriculture, maniaient les armes si nécessaire, et faisaient du commerce avec les provinces voisines.

Maya fut la première à attendre un enfant, un voyant réputé déclara que le nouveau-né deviendrait un grand enseignant religieux. Il fut nommé Siddhata « Celui qui accomplit son but ». Sept jours après la naissance, Maya, sa mère, mourut. Pajapati éleva l’enfant comme son propre enfant. Elle eut elle-même deux enfants, une fille et un garcon.

Les années passèrent. À l’âge de vingt-neuf ans, Siddhata Gotama quitta son foyer et ne revint pas durant les six années de sa quête. Sa mère adoptive avait dans les cinquante ou soixante ans quand il revint à Kapilavatthu.

Après s’être convertie et être devenue une disciple laïque du nouvel enseignement de son fils, elle fut probablement regardée avec davantage de respect en tant que femme ayant atteint un tel niveau d’instruction et de pratique religieuse.

Individuellement ou en groupes, les femmes recherchaient son soutien, ses avis et ses conseils. Elles partagaient avec elle l’anxiété, propre à la société indienne, que pouvait ressentir une femme qui n’avait plus de soutien masculin. En effet, à la suite du retour de celui qui était devenu le Bouddha, l’Eveillé, son propre fils Nanda et le fils du Bouddha, Rahula, étaient devenus moines. Suddhodana, son mari et père du Bouddha, mourut peu de temps après. Pajapati se retrouvait sans le support masculin qui donnait – et donne encore – en Inde leur identité aux femmes. Le statut des veuves en Inde est accablant.

De nombreux hommes devinrent moines. Or, pour une femme, devenir « veuve de moine » signifait son exclusion sociale, sans bénéficier du support accordé aux renoncants religieux. Cet événement laissa encore davantage de femmes « veuves de moines », sans support masculin.

Au total, le nombre de femmes venues trouver Pajapati atteignit dit-on « cinq cents », chiffre symbolique utilisé dans les textes pour signifer un grand nombre. Le désarroi de ces femmes devint l’aiguillon de leur aspiration spirituelle. Toutes avaient une experience personnelle de la première Noble Vérité : la souffrance. C’est ce qui les poussa à rejoindre Pajapati dans la voie nouvelle et radicale qu’elle était sur le point de proposer.
Pajapati se rendit compte de l’opportunité qu’offrait cette puissante conjonction d’événements. Elle alla voir le Bouddha et lui dit : « il serait bon Seigneur que les femmes puissent être autorisées à renoncer à leur foyer et à entrer dans l’état sans famille du Dhamma et de la discipline. »

Le sutra Cullavagga rapporte que le Bouddha refusa. Elle réitéra sa requête et il refusa une seconde puis une troisième fois (un refus non détaillé, qui a fait l’objet de nombreuses explications et commentaires par les érudits boudhistes par la suite).
Le Bouddha partit ensuite pour Vesali. Pajapati se coupa les cheveux, s’habilla de la robe safran, vêtement du bikkhu, renoncant bouddhiste, et se dirigea vers Vesali accompagnée d’un certain nombre de femmes. Elle y arriva, les pieds enflés et couverte de poussière. En larmes, elle se tint à l’extérieur de l’enceinte.

La voyant, le vénérable Ananda s’approcha du Bouddha et dit :
— Pajapati se trouve à l’extérieur, sous le porche de l’entrée, les pieds enflés, couverte de poussière et en train de pleurer parce que vous ne permettez pas aux femmes de renoncer à leurs foyers et d’entrer dans l’état sans famille. Il serait bon, Seigneur, que les femmes puissent être autorisees à agir ainsi.
— C’est assez, Ananda, ne mets pas ton coeur dans l’espoir que les femmes puissent y être autorisées.

Ananda présenta la même requête une deuxième fois et une troisième fois et recut la même réponse.

Puis Ananda pensa : « Le Bienheureux ne donne pas son autorisation. Essayons de poser la question autrement. « 

— Seigneur, est que les femmes, une fois entrées dans l’etat sans famille, sont capables de réaliser les fruits de l’entrée dans le courant, de ceux qui ne reviennent qu’une fois, de ceux qui ne reviennent plus et de l’état d’arahant ?
— Oui Ananda, elles le peuvent.

— Si les femmes sont donc capables de réaliser la perfection et puisque Pajapati vous a été d’un grand secours (elle a été votre tante, votre nourrice et votre mère adoptive), ce serait bien si elles pouvaient être autorisées à entrer dans l’état sans famille.
— Si donc, Ananda, Pajapati accepte les huit grandes conditions, considérons qu’il s’agit là de son ordination.

La vision de ces femmes et de leur sincerité inébranlable dut produire une vive impression, et pas seulement sur le bienveillant Ananda. Leur résolution était audacieuse dans une culture où l’humilité et l’obéissance étaient le comportement que l’on attendait d’une femme. Les huit grandes conditions relèguent les femmes à un statut secondaire, mais Pajapati les accepta afin de parvenir à son but premier qui était la fondation d’un ordre de nonnes.
Par la suite, elle demanda au Bouddha de modifier ces règles sexistes, ce qui montre qu’au fond de son coeur, elle désapprouvait la discrimination que reflète ces règles. Mais le Bouddha refusa.

Elle atteignit « l’état où tout s’arrête » qui est synonyme du nibbana, le plus haut accomplissement. À l’âge de « cent vingt ans », elle sut que la mort était proche. Elle demanda que son fils vienne la voir, ce qui etait contraire à la règle, le Bouddha vint la voir et changea la règle.

lire l’article intégral.

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15 Réponses

  1. « …(un refus non détaillé, qui a fait l’objet de nombreuses explications et commentaires par les érudits boudhistes par la suite). »

    J’aimerais en savoir plus sur les ces explications et commentaires. Sais-tu où je pourrais les trouver ? J’ai lu l’ouvrage dont ces lignes sont extraites et il précise que le Bouddha a déclaré que le Dharma durerait moins longtemps à cause de cette entrée des femmes dans les ordres. En fait, le Jaïnisme, contemporain du Bouddha, admettait les femmes sans restriction, de sorte que l’explication par les conditions historiques du refus (statut inférieur de la femme et choix de ne pas troubler l’ordre social) me semble insuffisante, et cela n’explique pas non plus pourquoi la durée du Dharma en sera diminuée. Néanmoins la question me paraît secondaire, compte tenu de la splendeur de l’Enseignement, et sans doute propre à ma mentalité d’occidentale.

    • Ah chère Mifa, j’aimerais pouvoir te répondre, mais tu en sais plus que moi, car en effet nous en avions déjà parlé et tu as acheté le livre et je me souviens bien de ton article sur ton blog.

      On peut penser (hypothèse) à une raison ésotérique (qui fait que d’ordonner les femmes dimnuerait la durée du Dharma), pour ma part c’est une hypothèse à laquelle je n’adhère pas du tout

      On peut émettre l’hypothèse que malgré le côté révolutionnaire de la pratique du Bouddha (qui sort des contraintes sociales imposées par la tradition des Vedas) il était prudent à ne pas tout révolutionner pour pouvoir être entendu de tous, que la condition de la femme était telle que déjà ce qu’il leur a accordé était révolutionnaire. Je serais plus sur cette hypothèse
      Mais cette hypothèse a deux inconvénients : cela ne fait plus de Bouddha un super héros qui dépasserait toutes les conditions « mondaines », qui le met « hors du monde »
      Je pense que si son exemple nous apprend à simplement être plus humain, cela est déjà extraordinaire et n’a pas besoin de plus, donc pour moi ce n’est pas un inconvénient
      autre inconvénient que tu cites : le jaïnisme admettait les femmes sans restrictions. J’avoue ne pas être suffisemment au courant des pratiques du jaïnisme pour trop en parler.
      Simplement il faudrait savoir ce que veux dire ce « admettait les femmes ». Car Bouddha aussi admettait les femmes, simplement il ne leur accordait pas le même statut MONIAL, c’est une chose d’accepter un groupe et une autre de leur accorder un statut égalitaire dans un des statuts les plus élevés de l’ancienne religion Veda (Brahman)
      Par ailleurs le jaïnisme a(vait) une conception de la protection de la vie bcp plus extrême que le bouddhisme apparemment (d’où la pratique du voile sur la bouche ou de balayer devant soi à chaque pas, pour ne pas risquer de tuer un moucheron ou autre insecte) donc on s’aperçoit que sur des principes un peu commun l’application en était bien différente.

      En tout cas si ton karma en cette vie est de trouver la réponse, merci de le partager avec nous et avec amour 😀

      je t’embrasse

      frédéric 🙂


      • « On peut penser (hypothèse) à une raison ésotérique (qui fait que d’ordonner les femmes diminuerait la durée du Dharma), pour ma part c’est une hypothèse à laquelle je n’adhère pas du tout »
        Ce n’est pas une hypothèse, c’est dans un soutra (il me semble). Donc, la parole du Bouddha.
        http://www.buddhaline.net/spip.php?article205
        Mais cela n’empêche pas la pratique du Dharma, et finalement c’est bien l’essentiel. Si j’en apprends plus, j’en ferai part (mais je ne vois pas comment ce serait possible). Tout ce que j’ai appris, hier, dans mes recherches, c’est qu’il y a eu une réunion à ce sujet en 2007 et que S.S. le Dalaï lama est favorable à l’évolution de ce statut, préconisant en particulier une amélioration de l’enseignement dans les monastères de nonnes.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Bhikkhuni
         » Vajrayana
        La proposition d’ordonner des bhikkhunis (gelongmas) dans le bouddhisme tibétain rencontre peu d’opposition ouverte. Le Dalaï Lama a proposé d’améliorer tout d’abord la qualité de l’enseignement dans les monastères de femmes, et indiqué que les bhikkhunis des pays occidentaux étaient peut-être les mieux placées pour faire évoluer la situation. Un comité composé de Carola Roloff (Jampa Tsedroen), Tenzin Palmo, Pema Chödrön, Karma Lekshe Tsomo et Thubten Chodron, conseillées par Heng Ching Shih, moniale taïwanaise, a entamé ses travaux au printemps 2006. Autour d’une association internationale de femmes, Carola Roloff s’implique dans un développement des femmes dans le bouddhisme. »
        En revanche, il semble y avoir une forte opposition dans la branche Théravada du Bouddhisme, à moduler selon les pays concernés.
        http://www.sakyadhita.org/pages/french.html

        • tant mieux que cela puisse évoluer (bien que pour ma part je ne sois pas très favorable au statut monial, en dehors de temps précis et limités)


          • C’est ce qui est pratiqué dans le bouddhisme Zen, je crois ?
            Mais le monachisme (je ne suis pas sûre de l’orthographe) est une tradition humaine, si je puis dire. Toutes les religions, (j’ai un doute pour l’Islam, que je ne connais guère) ont eu des « prêtres » et selon le cas une tradition monastique ou ce qui s’en rapproche. Avons-besoin (ou le droit ?), par ailleurs, d’avoir une opinion sur tout ? En fait, j’ai fini par me poser la question pendant ma recherche sur la place des femmes dans le bouddhisme. Voilà une tradition religieuse qui a 2500 ans, avec de longues lignées de maîtres accomplis qui ont travaillé dur et voué leur vie à ce chemin, et nous arrivons la bouche en cœur, après quelques années seulement d’approche – ni érudits, ni réalisés (je parle pour moi 🙂 – ) pour dire : attention, y a un truc qui coince !
            Dans la vie, si on nous faisait ça, on aurait vite fait de répondre : « mais de quoi je me mêle ??? »
            Voilà, c’est ce sentiment que j’ai eu. De me mêler de ce qui me dépasse – et ne m’appartient pas personnellement.
            En revanche, et pour situer ce qui « m’appartient », le débat actuel sur l’identité française me fair bien rigoler.

            • Dans le zen au Japon , pour ce que j’en sais, les moines sont en fait des prêtres, des pasteurs, c’est TRES institutionalisé ! 😦

              Que le monachisme soit une tradition humaine, est le reflet de la recherche d’introspection qui doit faire partie de la condition humaine, mais ce qui me gêne (cela ne regarde donc que moi 😉 ) c’est l’institutionalisation de ce monachisme !

              Mais sinon je pense que non seulement on a le droit de se poser ces questions,mais le devoir, car en effet cest en rapport avec nos besoins dans le contexte dans lequel on vit, je pense qu’il faut toujours questionner la spiritualité enseignée d’après notre quotidien (Ce que d’ailleurs proposait le Bouddha je crois, qd il disait qq chose comme ne me croyait pas mais mettait en pratique)

              Si qqn me répond de quoi je me mêle je peux répondre de mon cheminement
              désolé, je ne peux suivre, sans regarder, expérimenter, essayer de comprendre ce qui se passe dans ma vie, pouvoir ne pas tout accepter

              Pour le débat sur l’identité nationale , j’ai bien aimé ce que tu as marqué sur ton site :

              Je n’ai aucun problème avec mon identité française et ça ne me gêne pas que le voisin d’origine étrangère considère qu’il n’est français que pour les papiers. Tant qu’il respecte la loi, comme tout un chacun, et tant que la loi le respecte.

              j’appécie et j’adhère

              je t’embrasse

              frédéric 🙂

  2. Cela m’a rappelé un billet que j’avais fait (et toi aussi avant moi, je crois ???)
    http://otibet.over-blog.com/article-30385997.html

      • … Ton image me rappelle un koan Zen auquel je n’ai jamais rien compris….
        J’espère ne pas t’importuner avec les notes de lecture ci-dessous, que je reporte ici pour clôre ce chapitre – en tout cas pour moi.

        Les femmes dans le bouddhisme tibétain.

        « Tous les moines tibétains sont des hommes, mais ce n’est pas le cas de tous les maîtres bouddhistes. Les exemples sont nombreux : Pajapati, la tante du Bouddha, parcourut, pieds nus, plus de deux cents conquante kilomètres pour fonder un ordre de nonnes bouddhistes. Elle fut ordonnée, obtint la libération, devint un arhat, et atteignit le Nirvana, comme le firent beaucoup d’autres nonnes. La reine tibétaine du VIIIé siècle, Yeshé Tsogyal, fut le principal disciple de Padma Sambhava, ainsi que son successeur, et détentrice de la lignée. l’épouse de Naropa, Nigune, avec la dâkinî Sukkhasiddhi, est la source de la lignée Shangpa Kagyu. La jeune gardienne de troupeau Jomo Manmo fut une terton (maîtresse du trésor, trouveuse de trésor). »
        Suivent encore d’autres exemples, jusqu’à aujourd’hui. Ensuite :
        « Le regretté maître de méditation Kalu Rinpoche remarquait que les femmes qui pratiquent progressent souvent plus vite que les hommes sur la voie du Vajrayana, à cause de leur plus grande ouverture intuitive, de leur réceptivité supérieure : dans les tantras supérieurs, l’orientation ‘’finaliste’’ et l’effort énergique – ces attributs typiquement masculins – peuvent faire obstacle à la réalisation de la perfection innée. Namkhai Norbu Rinpoche dit que les femmes sont plus susceptibles d’atteindre, grâce à la pratique de Dzogchen, le Corps de lumière Arc-en-Ciel ; il dit qu’il ne fait que citer Garab Dorje, le premier patriarche Dzogchen.
        Padma Sambhava, le deuxième Bouddha, dit : ‘’ Homme, femme : pas grande différence. Mais quand il s’agit de développer l’aspiration à l’illumination (Bodhicitta), la femme est meilleure.’’ Ainsi parlait le fondateur, au VIIIé s., du bouddhisme au Tibet. »

        Extrait de Contes tibétains, de Surya Das, introduction de S.S. le Dalaï Lama.

        Je clos d’autant mieux ce chapitre que ma curiosité est satisfaite, que je n’ai pas le sens de la compétition, et que les choses semblent être en voie de changement et en d’autres mains que les miennes ! 🙂
        Amitiés

        • Je pense que le koan dont tu parles n’a pas de rapport avec les notes qui suivent ?
          quel est il ?

          en tout cas MERCI de ce partage

          • Je n’avais vu ta question, excuse-moi.
            Le koan était à peu près ceci : quel était votre visage avant votre naissance ?

            • jamais né, jamais mort…

            • ton koan me fait penser à la dernière (merveilleuse)question que m’a posé l’aîné de mes petits fils
              « comment est le corps de mamy » – ma mère-  » et où est-il maintenant qu’elle est morte ? »

              • Un de mes petits fils qui avait demandé à voir le corps de sa grand-mamy décédée, celle qui préférait (elle lui donnait de l’argent à chaque fois ! 😉 ) m’a dit « c’est comme si elle dormait » 🙂

                bises


            • un des plus célèbres en effet, avec le bruit que fait une seule main qui applaudit 😉

              bises

              frédéric 🙂


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