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Action de résistance non-violente contre violence

Photo Jacques Perconte

Photo Jacques Perconte

Lu sur Technart

Aujourd’hui est un temps de honte et de chagrin. Ce n’est pas un jour pour la politique. Je saisis cette opportunité afin de vous parler de la menace non-réfléchie de la violence en Amérique qui a nouveau entache notre pays et à nouveau chacun de nos vies.

Ce n’est pas une question de race. Les victimes de la violence sont noires et blanches, riches et pauvres, jeunes et vieux, célèbres et inconnues. Elles sont, avant tout, des êtres humains que d’autres êtres humains aiment et dont ils ont besoin.

Aucun méfait n’a jamais été réglé par une émeute ou un désordre civil. Un tireur d’élite n’est qu’un lâche, pas un héros; et une foule non-contrôlée et incontrôlable n’est que la voix de la folie, pas la voix de la raison.

A chaque fois que la vie d’un Américain est ôtée par un autre Américain sans nécessité – que cela soit accompli au nom de la loi ou en défiant la loi, par un homme ou par un gang, de sans froid ou par passion, dans une violente attaque ou en réponse à la violence – à chaque fois que nous déchirons ce tissu qu’est la vie qu’un autre homme a difficilement, et du mieux qu’il peut, cousu pour lui et ses enfants, la nation toute entière est dégradée.

Trop souvent nous honorons les parades et les éclats et les exercices de force; trop souvent nous excusons ceux qui ont la volonté de construire leurs propres vies sur les rêves anéantis des autres. Certains Américains prêchent la non-violence à l’étranger, mais oublient de la pratiquer ici, chez eux. Certiains cherchent des boucs-émissaires, d’utres cherchent des conspirateurs, mais ce qui est clair, c’est que : la violence engendre la violence, la répression amène les représailles.

Parce qu’il y a un autre genre de violence, plus lente mais tout aussi destructrice qu’un tir ou une bombe dans la nuit. C’est la violence des institutions; indifférence et passivité et lent déclin. C’est la violence qui est affligée aux pauvres, qui empoisonne les relations entre les hommes parce que leur peau ont des couleurs différentes. C’est la lente destruction d’un enfant par la faim, des écoles sans libres et des maisons chaleur en hiver. C’est briser l’esprit d’un homme en lui niant la chance d’être un père et un homme parmi d’autres hommes.

Nous apprenons, finalement, à regarder nos frères comme des étrangers, des hommes avec lesquels nous partageons une ville, mais pas une communauté; des hommes liés entre eux par un domicile commun, mais pas par un effort commun. Nous apprenons uniquement à partager une peur commune, un commun désir de se replier loin de l’autre, uniquement dans une pulsion commune de faire face aux désaccords avec force. Pour tout ça, il n’y a pas de réponses finales.

Nos vie sur terre sont trop courtes et le travail à accomplir trop grand pour laisser cet esprit encore se propager sur cette terre. Bien sûr, nous ne pouvons pas le vaincre avec un programme, ni avec une résolution. Mais nous pouvons peut-être nous souvenir, même si ce n’est que pour un instant, que ceux qui vivent avec nous sont nos frères, qu’ils partagent avec nous ces mêmes courts instants de vie; qu’ils cherchent, tout comme nous, rien d’autre que la chance de vivre leur vie avec résolution et bonheur, en obtenant ce qu’ils peuvent de satisfaction et d’accomplissement.

Le jour de l’assassinat de Martin Luther King, le 4 avril 1968, Robert F. Kennedy est dans un ghetto noir. Il y fait un ce discours qui apaise les ardeurs et n’est probablement pas étranger à l’absence d’émeutes.

http://www.americanrhetoric.com/speeches/rfkonmlkdeath.html

Lire l’article et voir les photos dans leur intégralité

Je profite de relire ce discours ci-dessus pour m’expliquer un peu. On me questionne parfois sur la légitimité de ne pas respecter la loi ou de prôner des actions des actions non-violentes de résistance civile comme le font actuellement bon nombre de professeurs d’écoles qui estiment que les « réformes » actuelles créées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants mais conduisent à son ouverture au secteur marchand.

Il est normal de se poser la question de la légitimité de telles actions.

La désobéissance civile (grèves, boycotts, non coopération) est une opposition aux lois en vigueur quand celles ci ne sont pas jugées démocratiques ou équitables par un groupe de citoyens.

Ce qui fait la 1ère légitimité de toute action de résistance civile, c’est le rapport de force créé par des moyens non-violents. (Ainsi les professeurs indiqués ci-dessus assurent toutes leurs heures et leur part d’enseignement même s’ils ne le font pas conformément aux indications gouvernementales, non seulement pour que les enfants n’en souffrent pas, mais plus pour qu’ils se retrouvent dans des situations équitables d’enseignement).

L’Etat (et c’est le cas pour le mouvement ci-dessus) riposte en utilisant son « monopole de la violence légitime » (armée, police, ou comme ici, sanctions disciplinaires ou économiques). Cela renforce l’idée que le pouvoir n’écoute pas les citoyens, pour contrebalancer cela, l’Etat va chercher à requalifier en « criminalisation » ces actions pacifiques (on l’a vu pour des grévistes comme les « Conti » alors que le patronat n’est pas lui conduit en justice, même quand ses actions ne paraissent pas légitimes).

Ce type d’actions permet au peuple d’accroître de son investissement dans la politique et la création de groupes sociaux créant du politique par leurs actions et leurs revendications : c’est l’intervention de la société civile. Cette intervention est prouvée : 53%, d’après une étude statistique, de ces mouvements fonctionnent contre 26% lorsqu’il s’agit d’actions violentes (ainsi certaines actions des « faucheurs volontaires » d’OGM relaxés, le tribunal ayant reconnu (parfois, puis contesté en instance supérieure) « l’état de nécessité ».

La différence fondamentale entre le délit de droit commun et l’action de résistance civile, est que le premier répond à la satisfaction d’intérêts égoïstes par un non respect la loi et qu’il n’est souvent pas assumé légalement (celui qui enfreint la loi cherchant à nier ou restreindre sa responsabilité). La seconde est un acte politique ultime qui oppose la légitimité à la légalité, elle a un intérêt collectif et assumée individuellement.

Toutefois ce principe de désobéissance civile ne peut être que marginal car sa légitimité ne proviendra que par le changement démocratique de la loi quand une partie suffisante du peuple suit le mouvement ou l’Histoire le valide, comme pour les actions de Martin Luther King contre la discrimination raciale, de La Rose Blanche dans l’Allemagne hitlérienne, le manifeste des 343 salopes en 1971 etc…

C’est pourquoi ce genre d’actions ne peut se faire que dans la lumière des projecteurs médiatiques (la répression étatique y contribuant au risque du résistant), comme pour « les déboulonneurs », (luttant contre l’invasion urbaine publicitaire ).

Mais des actions violentes ou dans une éthique opposée peuvent aussi utiliser la désobéissance civile (comme les manifestants anti-IVG)

C’est donc à chaque citoyen d’apprécier cette légitimité et de s’en saisir ou d’organiser un contre mouvement non-violent pour défendre ce qu’il pense être des intérêts démocratiques répondant aux Droits de l’Humain.

références prises aussi sur site Altermonde

♥ 🙂 ♥

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7 Réponses

  1. Résister à la violence
    En la laissant passer en nous
    Afin que nos actes soient portés par la paix.

  2. puisque tu termines avec les anti-IVG, honnêtement c’est grave que défendre la vie qui n’est pas encore légitimise de supprimer la vie qui est déjà, celle de médecins qui, chaque jour, aussi aident à la procréation, soignent des femmes tout au long de la gestation, de l’enfantement, mettent au monde des enfants pour l’essentiel de leurs activités, et concèdent à la pratique de l’IVG souvent parce que la majorité de leurs collègues ne veulent pas être l’instrument de la démocratie et du libre choix, mais préfèrent appliquer une clause de conscience, légitime elle aussi, quitte à favoriser des inégalités d’accès à ce choix…
    par la violence, le remède est souvent pire que le mal…
    mais heureusement par exemple que des soldats mais aussi des résistants civils ont libéré l’Europe du nazisme….

    oui parfois la violence porte le nom de combat contre le mal
    et souvent celle de vengeance … comme la peine de mort par exemple…

    tant de colère de voir supprimée la vie, de voir aussi des mamans se contraignant à ce choix, par découragement, pression, et manque de soutien…

    au fond, hein, on y revient toujours: de l’amour, que diable (:oP) de l’amour!!

    • Oui Mamalilou et comme je l’écrivais tout mouvement non-violente repose sur le soutien du peuple, c’est donc à chaque citoyen, à NOUS d’apprécier cette légitimité et de s’en saisir ou d’organiser un contre mouvement non-violent pour défendre ce qu’il pense être des intérêts démocratiques répondant aux Droits de l’Humain.

      je t’embrasse

      frédéric 🙂

  3. …S’engager dans la résistance non-violente… tout acteur (serviteur) potentiel d’un contre mouvement non violent se devrait de réfléchir sur quelques points essentiels : une aide, un service, une résistance non-violente pour être efficace se conduit avec un coeur aimant et un mental intelligent. C’est un élan intérieur qui génère l’influx actif et non pas un état émotionnel créateur d’activités débordantes et d’agitations. L’abnégation pure et l’oubli de soi sont l’essence même de l’esprit de résistance engagée au service du plus grand nombre… pour cette action il cpnvient de n’accorder aucune pensée de « grandeur » ou de « petitesse » envers ce que l’on fait, ni à un besoin de « ralliement » médiatique ou autre… sauf si l’on désire inconsciemment voir l’action et soi-même sombrer dans le magma des ambitions personnelles, de la belle image ou de la prise de pouvoir, sur ceux-là même dont on a souhaité stimuler les forces de résistance… Attention aux contre-pouvoirs qui glissent insensiblement vers d’autres formes de pouvoir…

    • Oui chère Muttifree, c’est pourquoi Gandhi basait son action sur l’éthique : Satyagraha
      Quant à la tentation du pouvoir elle menace tout le monde du président d’un pays à celui d’une petite association locale,car même si les effets sont différents, les causes sont les mêmes : l »ego !

      je t’embrasse

      frédéric 🙂

  4. actuellement une des meilleures formes de resistance non violente, contre ce capitalisme mortifère c’est pour moi la consom’action

    nos achats sont nos bulletins de vote

    consommer autrement, ne plus acheter tous ces objets inutiles que la pub nous vente
    aller sur les marchés de petits producteurs plutot que dans la grande distribution , eviter si possible d’y mettre les pieds,
    passer par les Amap, acheter bio et équitable…. et en dehors des grandes surfaces

    qui a d’autres idées ?

    pour être consom’acteur et non plus con—sommateur.

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