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Conscientiser ses actes

COURANT

Lorsque mes filles étaient petites je leur avais confié un secret : « Commencer, faire, finir. »

Je leur expliquais que si peu de personnes commençaient vraiment quelque chose, rares étaient celles qui la faisaient dans la durée et exceptionnelles celles qui la finissaient. De la même manière lorsque j’étais directeur de centre de vacances j’essayais de faire passer aux animateurs comme aux jeunes qu’une activité ne démarrait pas au début du jeu et ne se terminait pas avec sa fin., mais qu’elle prenait son origine dans la préparation (recherche de matériel, de salle, de cartes pour l’itinéraire, etc…) et se terminait dans le rangement et l’évaluation de ce qui s’était passé.

Dans la pratique du zen nous avons cette même conscience, qui est une implication totale et ouverte du corps et de l’esprit dans la réalisation de l’acte en cours.

Cela est d’autant plus important pour moi actuellement, que souffrant d’une maladie neuro-musculaire je fatigue très vite. Or agir en état de présence permet d’économiser son « énergie ». En effet quand nous pratiquons plusieurs actes en même temps (par exemple faire la cuisine tout en pensant à l’achat d’un futur aspirateur) fait que notre énergie est répartie entre plusieurs actes et prends beaucoup plus de vitalité. Tandis que si je sais me centrer sur un acte en cours, aussi modeste soit-il, cela me permet d’y mettre la juste intention d’une manière tout à fait « économique » pour mon corps.

Un autre avantage d’agir avec soin et présence c’est que cela nous libère l’esprit et nous apprend à ne pas souffrir de choix non faits. Souvent nous sommes éprouvés face à certains choix et ce d’autant plus que nous les reportons sans cesse. Nous portons ce tourment du  « choix à faire, non fait » avec nous dans tous nos autres réalisations qu’il vient troubler. Décider de faire et faire, c’est se libérer l’esprit, c’est apprendre avec plaisir à prendre des décisions et les mettre en oeuvre, sachant qu’il est plus facile in fine, d’assumer un acte non adéquat que de garder dans le mental une hésitation à agir.

Essayez chaque jour pour un nouvel acte, ou pour plusieurs dans la journée, que cela devienne une pratique courante, pour se laver les dents, préparer le repas, manger, écrire, pédaler, conduire (pas la peine d’insister ici sur le gain en sécurité pour cette activité, pratiquée d’une manière consciente ! 😉 ) …

Sentez pour tous ces actes, le moment de la décision, le début de l’acte, l’énergie exacte  dont le corps a besoin pour le mettre en oeuvre, la satisfaction de ce qui est accompli.

Quand je travaillais sur des chantiers du bâtiment, ou la pression des plannings était importante, où il fallait toujours faire des choix entre deux urgences, un de mes patrons me disait toujours « ce qui est fait n’est plus à faire », ce truisme était très sage, et de nombreuses fois m’a libéré l’esprit, car pendant que j’agissais, mon esprit était dégagé des autres choix, sachant que je n’aurai pas à revenir sur celui-ci et qu’il apporterait de la satisfaction au moins à un client, plutôt que de les mécontenter tous.

De la même manière que la méditation nous amène à être ici et maintenant, freinant petit à petit notre production mentale & nos émotions perturbatrices, l’acte conscientisé libère notre tête & notre coeur de ce qui nous encombre et nous fatigue tout au long de notre journée, tout au long de notre vie.

🙂

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36 Réponses

  1. Hello Frédéric, cela faisait quelques jours que je n’étais pas passée par ici et je dois dire que lire tes mots-ci m’a procurée énormément de plaisir.
    J’ai souri, la phrase « Ce qui est fait n’est plus à faire » me rappelle quelques années ma jeunesse mais aussi la même phrase assénée à mes enfants, à bout de force que j’étais, de rabâcher chaque heure et chaque jour les mêmes mots « Ranger votre chambre » 🙂
    ‘Ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même’ ? Oui mais alors ? Si nous sommes sollicité(e) de toutes parts avec des travaux à faire (je pense aux travailleurs acharnés) comment peuvent-ils être zen, exécuter leurs tâches correctement, les finir aussi sans penser que d’autres tâches tout aussi importantes les attendent ! Ne souffrent-ils pas de leur choix ? Juste un questionnement farfelu comme j’en ai régulièrement 🙂
    Excuse-moi d’être moins présente mais je prépare mon déménagement et mon emménagement et là, si je commence un carton, il me faut le terminer sinon je ne te dis pas le souk qu’il y aurait 🙂
    Passe un excellent dimanche

    • Chère Moun, tu soulèves un pb qui m’est cher, ou pourrais je dire qui m’était cher ?
      Etre zen pour moi est être dans l’action de tout son corps / esprit tout en restant détendu et ouvert, ce n’est donc pas (pour moi) être cool et au repos 😉
      Le fait d’être très pris, je connais, ou j’ai connu, à me donner de tout mon corps, maintenant celui ci me le rend bien, il a su m’arrêter de force, moi qui ne l’écoutais guère (guerre ?)
      j’ai pourtant un exemple qui peut illustrer une réponse à la question que tu poses
      à l’époque je travaillais dans le bâtiment, sur un très gros chantier (j’ai eu plusieurs vies professionnelles très différentes 😆 )
      une grosse entreprise qui devait nous fournir un matériau précis est passée en liquidation judiciaire. Tous les GROS chantiers de France (et sûrement d’ailleurs) les appelait pour réclamer un peu de matériau pour continuer leur chantier, en fait le représentant de l’entreprise téléphonait et proposait un deal de se voir qqs jours, mais il se faisait recevoir sur les roses chaque chef de chantier lui demandant d’être livré en urgence
      d’une manière naïve j’ai accepté de le recevoir pendant qqs jours, pendant ces 2/3 jours nous avons repris tous les plannings de livraisons en fonction des possibilités de l’entreprise et nos possibilités de modification de nos propres plannings en fonction de ses livraisons
      au bout de 3 jours tout était réglé et plus tard les nouveaux délais tenus
      je lui demandais après pourquoi il avait choisi de venir sur notre chantier, en fait il me repondit que nous avions été les seuls à accepter son deal de prendre le temps, dans l’urgence, de tout revoir, et qu’il préférait passer du temps à satisfaire UN client plutôt que de saupoudrer ses réponses à tous ses clients sans être capables d’en satisfaire un seuls

      autre exemple, cette histoire métaphore ICI

      Bon le monde du capitalisme ultralibéral actuel ne favorise pas la sérénité, mais à chacun de voir comment il peut faire pour y faire sa part

      Et quand on fait sa part, quand on est dans une action faite et finie, on peut se sentir bien, même s’il reste encore plein de choses urgentes à faire
      mais au fait … quand ne restera-t-il plus rien d’urgent à faire ? 😆

      chaleureusement

      Frédéric 🙂

  2. merci.

  3. Bonjour , la méditation est importante

  4. —> Bonjour, cher Frédéric,

    Je ne t’apprends rien en te disant que c’est dans l’instant que se fondent toutes les couleurs de la joie et que le présent s’ouvre comme un coffre rempli de prodigues. Qu’en chacun d’eux resplendit la bonté d’être, il est donc nécessaire d’en savourer la lumière pour que nous puissions à notre tour illuminer ceux qui nous entourent par notre souci d’être maintenant…

    Bien chaleureusement, Jack qui te souhaite un bon dimanche, et dans la joie et la paix du coeur.

  5. quelle belle sagesse! moi qui suis plus instinctive que sage, je crois que j’ai cette sagesse instinctivement et n’ai jamais ni regrets ni traces d’hésitations restantes

    • attention , ne pas avoir de regrets ne veut pas dire qu’on soit dans l’instant 😆

      J’apprécie particulièrement ton autodérision et ton gros nez rouge, il me touche bcp 🙂
      c’est très zen 😀

      Frédéric 🙂

  6. c’est vrai que l’on dépasse de l’énergie à vouloir faire ou penser 36 choses à la fois, et au bout du compte on n’est pas satisfait car c’est souvent « ni fait ni à faire » !
    Merci
    Philippe

  7. la démonstration en direct c’est « dépense » que j’ai voulu dire….

  8. quel lapsus Philippe 🙂
    comme celui de Jack et de son coffre rempli de ..
    prodig(u)es 😉

    Belle journée à tous

    • Mais, très chère cousine, que le coffre de Jack s’ouvre sur un trésor de prodigues, me semble cohérent car dans l’instant on peut se dépenser entièrement 😆

      je t’embrasse

      Frédéric 🙂

  9. J’avoue que bien que j’aie de la ténacité de la préparation au peaufinement d’un texte, d’un poème… j’en manque beaucoup dans les tâches ménagères,
    fastidieuses, toujours à refaire, et dans ce qui en général m’apporte peu de joie. Pourtant quand je m’y mets, après avoir reculé ce moment pendant longtemps, j’y trouve un certain bonheur… soulagement? Comme les enfants, ce qui ne m’amuse pas me rebute profondément! Merci pour ce rappel… qui se rapporte aussi, d’ailleurs, à beaucoup d’actions accomplies dans une pure joie.

    • c’est vrai qu’il faut manger aussi tous les jours chère Michelle, devrais je penser que certains jours tu ne le fais pas car c’est fastidieux et répétitif ? 😆

      bon moi c’est pareil, sur le ménage, j’ai encore bcp à apprendre pour atteindre l’éveil du plumeau
      j’ai par contre, souvent le satori de la cuisine, c’est déjà pas si mal (satori que n’obtiennent pas toujours ceux qui mangent ce que je fais 😆 )

      Frédéric 🙂

      • Hum! Là il s’agit de mon péché mignon. Non, aucun problème pour manger, ni pour cuisiner d’ailleurs, je ne fais pas dans la gastronomie, mais j’aime bien couper des légumes pour une bonne soupe, par exemple, et aussi faire l’épicerie!

  10.  » faire des choix entre deux urgences  »
    Voilà ce que j’ai cru pouvoir gérer jusqu’à l’épuisement..
    Mécaniquement j’étais arrivée à faire toujours plusieurs choses à la fois sautant le présent dans l’espoir si vain de le retrouver une fois l’urgence passée ..
    La vie m’a fait ce cadeau de tout arrêter pour qu’enfin je mesure la chance que j’ai de ne plus pouvoir faire qu’une chose à la fois .
    Il est urgent de  » se rencontrer ».
    Merci par ce texte de nous y aider .

    • Le Yi-King dit de suivre le chemin de moindre résistance. Ce conseil m’a souvent servi.

      • on voit la même chose dans certains arts martiaux comme l’Aïki do, c’est une très bonne chose

        • Ce que j’ai appris à l’Aïkido, c’est d’utiliser la force (le mouvement) de l’adversaire pour le mettre à terre. Je n’avais jamais pensé ça en terme de moindre résistance, mais ça me paraît en effet évident. Comme utiliser l’énergie de la colère pour faire calmement quelque chose de juste.

      • J’ai écrit le chemin, mais il s’agit plutôt de la ligne de moindre résistance. Par exemple, j’ai quelque chose à dire à quelqu’un, je choisis le moment, quitte à attendre un peu, le bon moment où il sera tout ouïe.

    • je peux écrire la même chose, mot à mot 😉

      je t’embrasse chère Lise, soeur de cheminement 8)

      Frédéric 🙂

  11. Alors là, je comprends tout ! Même mon esprit de synthèse y trouve son compte. Faire une chose à la fois, c’est reposant. Je pratique bien, ça. Une chose bien faite, finie et efficacement menée. A la suivante !
    Et je m’octroie des temps de repos où je ne fais RIEN. Merveilleux. (bon, j’ai commencé quand mon dos m’a immobilisée, j’avoue 🙂 et je continue)

    Par ailleurs, quand tu parles d’acte conscientisé, cela m’évoque tous les « méta  » que je manipule un peu (métacognition, métalangage) . La façon de faire que tu décris est aidante. Se fixer sur la tâche empêche bien des égarements. On retrouve du Boris C là dedans ! Et la résilience va aussi passer par là, même si cela n’est qu’un élément.

    En te lisant, je croise avec quelques ilots de connaissances que j’ai, et ces liens qui se font sont très intéressants. Ce qui fait que je ne suis pas totalement en terre inconnue !

    Amicalement

    MP

  12. Merci, Frédéric, de ta visite sur mon blog, tu es toujours le bienvenu !
    J’aime bien ton article, oui, j’avoue aussi personnellement, qu’il m’est parfois et même souvent très difficile d’être au moment présent, de mon esprit émergent d’autres idées pour me distraire. C’est un travail ardu et de tous les jours d’essayer de conscientiser ses actes, mais je garde espoir.
    Dis-moi, as tu un article sur ton blog, ayant comme sujet le lâcher prise ?
    Merci pour nous avoir fait partager cet article qui ne laisse personne, je crois, indifférent !
    Au plaisir de te lire à nouveau !
    Amicalement,
    Marie

  13. bsr, cela rejoint la pensée de Thich Naht Hahn, j’ai parlé souvent sur mon blog de l’attention, de l’action en pleine conscience, c’est important ! merci d’en parler et bonne soirée – witney

  14. crâmer ses casseroles en voulant faire plusieurs choses à la fois …..être à l’ usine et penser aux enfants, à la maison . Rentrée à la maison et ne pas penser à l’ usine mais, sauter à droite à gauche , chiffon, lessive, repassage, cuisine, courses, devoirs etc, etc ….oui, j’ connais ! maintenant suis trop zen . me suis découverte grande parresseuse à la retraite…..quel bonheur !
    Merci pour tes articles que je découvre .

    • Merci Boutoucoat
      Quel plaisir en effet de prendre du temps pour soi, d’être dans l’instant, de ne pas sombrer dans le toujours plus à faire, de choisir l’indispensable, le nécessaire
      Mais si la paresse est une bonne chose car elle est une utilisation juste de l’énergie, on ne peut pas dire que le zen soit paresse au sens de ne rien faire 😉
      au contraire, il est action sereine, mais il est lié à l’agir

      chaleureusement et au plaisir de t’accueillir ici 🙂

      frédéric 🙂

  15. […] y a à faire, et ne pas penser au reste, ce qui est fait n’étant plus à faire et on en est libéré. Mais cela ne parait pas simple à tout le […]

  16. […] forçat, mais plutôt d’avoir de la constance dans ce que l’on fait, d’avoir le courage d’aller au bout, de commencer, de faire mais aussi de finir. C’est en fait de faire un pas après […]

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