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La neurothéologie : recherche de l’origine des religions dans le cerveau humain

religion

« Depuis quelques années, des chercheurs ont entrepris d’aller fouiller dans les méandres du cerveau pour y déceler des mécanismes mentaux archaïques qui pousseraient à croire à l’existence des dieux.

Une expérience montre que dans une salle où thé et café sont mis à la libre disposition de chacun, les buveurs de thé se sentant observés par un poster représentant deux grands yeux ouverts, laissent de l’argent deux fois et demi plus souvent que lorsque le poster représente un bouquet de fleurs !
Il existerait donc, une tendance forte à se comporter de façon plus morale quand on se sent observé. Même si les personnes savent bien que ces yeux ne sont que du papier et de l’encre. Melissa Bateson raccorde ce résultat avec un des aspects de la religion, un mécanisme de ce genre (« attention, on te regarde de là-haut ! ») que les religions cherchent à imposer leurs codes de bonne conduite.

Depuis quelques années se mènent des recherches destinées à montrer que le cerveau humain serait « programmé pour croire ». C’est ainsi qu’est née la neurothéologie au milieu des années 1990.
Andrew Newberg (université de Pennsylvanie) a eu l’idée de scanner le cerveau de personnes en train de pratiquer la méditation transcendantale. L’imagerie cérébrale montre que l’extase mystique est associée à une chute d’activité d’une zone précise du cortex pariétal. Or cette zone est justement l’aire cérébrale responsable de l’orientation dans l’espace. L’inhibition de cette aire entraîne donc un sentiment d’indifférenciation entre le soi et le non-soi.
De là à penser que l’on avait découvert le « centre cérébral de la religion », au même titre qu’il existe un centre du plaisir ou du langage, le pas fut vite franchi.
Cependant, les choses ne sont pas si simples. Tout d’abord, des expérimentations similaires ont été faites , par Mario Beauregard, (université de Montréal), sur des sœurs carmélites en train de méditer. Les résultats contredisent les expériences précédentes : « L’expérience mystique mobilise plusieurs régions du cerveau et non un centre unique ».

De surcroît, le fait que des zones cérébrales soient activées lors d’expériences mystiques ne signifie en rien que le cerveau soit programmé pour croire.
Si on joue du saxophone ou lit un album de Tintin, des centres cérébraux vont être activés quelque part dans le cerveau ; mais cela ne signifie nullement que jouer du saxophone ou lire une BD soit « programmé » ou qu’il existe des centres spécialement dévolus à ces activités.

Pour l’anthropologue David Sloan Wilson, la tendance irrépressible des humains à se coaliser autour de divinités correspond à un comportement sélectionné par l’évolution dans un but adaptatif. Il considère la religion comme un mécanisme de « sélection de groupe », c’est-à-dire comme un comportement sélectionné au cours de l’évolution pour favoriser la coopération entre individus et rendre le groupe plus viable.
Comparant plusieurs religions de par le monde, il en déduit que plus les communautés encouragent les valeurs communes, la fraternité, les comportements moraux, plus grande est la chance de survie de la communauté.
Cependant, cela n’explique pas pourquoi il faudrait passer par des croyances et des rites si bizarres – l’existence d’esprits invisibles, de mythologies souvent abracadabrantes, des rituels, prières et messes collectives – afin de créer de la solidarité. Après tout, des comportements « moraux » ont été programmés chez d’autres espèces animales par des mécanismes plus simples et directs : l’attachement, l’instinct maternel, l’altruisme, la peur, la hiérarchie.

Pour comprendre comment les humains en sont venus à croire à l’existence d’entités invisibles auxquelles ils vouent un culte, les psychologues évolutionnistes avancent une autre hypothèse.
Selon Paul Bloom, la croyance en l’existence des « âmes » est un fait universel, qui apparaît très tôt dans l’enfance. Cette croyance est un dérivé accidentel d’un mécanisme simple : nous nous percevons nous-mêmes comme des êtres dotés d’un esprit – c’est-à-dire d’une volonté, de désirs, de pensées – indépendants de notre corps. Il est donc naturel de transposer à d’autres humains ces caractéristiques, mais aussi à des animaux ou des forces invisibles. Penser que le Soleil, le tonnerre, les étoiles sont des êtres vivants animés d’une volonté propre est une croyance spontanée des enfants.
Deborah Keleman s’appuie sur ce constat (que Jean Piaget avait fait bien avant lui avec son « animisme infantile ») pour soutenir que les enfants sont spontanément « théistes ».

Les croyances religieuses s’expliqueraient donc comme le sous-produit d’un mécanisme mental courant. De même, quand il nous arrive malheur, ce mécanisme causal nous fait attribuer ce qui nous arrive à une volonté extérieure. Ce serait aussi une tendance spontanée que de se tourner vers cette cause invisible pour lui demander de l’aide ou de demander pardon lorsque l’on souffre. A la cause naturelle, on superpose une cause surnaturelle.
Sur ce point, la psychologie évolutionniste rejoint une hypothèse avancée par Sigmund Freud qui ramène le besoin de croire à une régression psychologique de l’adulte vers les émotions de l’enfance. La soumission des hommes vis-à-vis de Dieu est comparable à l’attitude du petit enfant vis-à-vis de ses parents. Face aux épreuves de la vie, il se sent démuni et en appelle à une figure paternelle idéale, censée lui apporter soutien et affection. »

Tiré d’un article de Jean-François Dortierdu Magazine Sciences Humaines

🙂

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30 Réponses

  1. —> Bonjour, cher Lung Ta,

    Si les hommes ont besoin de croire naturellement,
    c’est que leur sentiment de culpabilité est
    profondément ancré dans leurs gênes.
    Et quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.
    Donc laissons toute croyance s’occuper d’elle-même
    et préférons passer notre ciel à faire du bien sur la terre…

    Belle journée à toi, chaleureusement, Jack.

    • Jack, pourquoi la culpabilité serait-elle ancrée dans les gênes ?????
      serait-ce une boutade ? 😉
      belle journée

    • Je me demande cher Jack, si la culpabilité n’est pas plutôt un outil de soumission utilisé par les institutions qui se créent sur nos croyances
      Quant à faire du bien autour de nous, qui dirait le contraire, encore que faire le bien ne soit pas si simple car s’agit de notre vision du bien ou de répondre à des demandes ?
      mais l’authenticité, l’écoute, l’ouverture, le partage, de soi même et avec les autres, permet petit à petit, chacun à notre niveau, d’avancer dans cette sérénité que tu décris

      très chaleureusement

      Frédéric 🙂

      • —> Bonjour, cher Lung Ta,

        Avec mon si et ton si, nous prouvons que nous sommes ignorants de ce qui est, ce qui me fait dire que nous poursuivons notre chemin dans un certain brouillard au risque de trébucher ?

        Belle journée, très chaleureusement, Jack

  2. ce qui me pose plus question, ce n’est pas tant la quête de l’humain à croire en des entités qui lui seraient supérieures que ce besoin que l’on a pu avoir ou puisse avoir de revêtir ces croyances de tout un panel de cérémoniaux et masques divers. Pour sauter du coq à l’âne comme je sais si bien faire, j’évoquerais le film que j’ai regardé hier à la télé, (les Diablesses)
    et pourtant je ne regarde JAMAIS la télé 😉 mais déjà la bande annonce avait réveillé des réminiscences dans mon vécu, – enfin peu importe je vais tenter d’aller à l’essentiel de ce que je voudrais dire,
    d’abord : oui, notre attitude change lorsqu’on se sent ou se croit observé, parce qu’il nous est insupportable de ne pas donner une bonne image de nous, d’ailleurs je crois qu’une grande partie de nos comportements consiste à nourrir cette image que l’on veut donner et qui est de toute manière un besoin vital (le besoin d’être vu et reconnu, à n’importe quel prix)
    Et c’est sur ces comportements que s’est construit le pouvoir de certaines institutions : aptitude à nous maîtriser, à nous contraindre, à nous surveiller, à ne pas dire non, dès lors qu’il s’agit d’être reconnu et d’appartenir à un certain groupe.
    le fait de croire en quelqu’un ou en quelque chose entraîne presque automatiquement un certain nombre de rites qui à un moment donné annihilent notre libre arbitre
    ce que tu cites à la fin de Freud expliquerait d’ailleurs pourquoi la plupart des religions joue tellement sur notre culpabilité (qu’elle soit justifiée ou non) et sur les notions de punition/récompense comme quand on est enfant
    Bonne journée à toi Frédéric

    • —> Bonjour, chère Ambre,

      Il me semble que pour la majorité des hommes s’il n’y avait pas ce sentiment de culpabilité profondément ancré en eux, ils vogueraient perpétuellement et en toute liberté dans leurs égarements…
      Les lois n’existent-elles pas dans ce sens afin que les hommes viennent à vivre dans le respect des autres ?
      Quand la paix est en soi, aucune culpabilité n’a besoin d’être et aucune loi n’a besoin d’exister, donc aucune croyance est nécessaire puisque seule la paix est, mais ce n’est pas pour tous les hommes que la paix est naturellement ancrée dans les gênes.

      Bien chaleureusement, Jack qui vous souhaite une douce continuation

    • Les rituels sont une façon de rassembler les personnes qui ont les mêmes croyances, ils apportent donc , ma chère cousine 😉 , un sentiment de connexion, de reconnaissance, d’appartenance.

      J’avais vu ce film sur le programme de la TV, mais je n’ai pas regardé.

      Pour ce qui est de la bonne image de soi que l’on veut donner, et de toute l’énergie qu’on y met jusqu’à s’épuiser, oui je suis d’accord, et certainement, le 1er à en souffrir. Cela fait partie des fondements de la pratique bouddhiste que de s’en rendre compte (et d’agir pour que cela soit autrement :mrgreen: )

      oui la culpabilité comme je le disais dans mon commentaire à Jack, est un outil de soumission des institutions, et par peur de la perte de la reconnaissance dans le rituel partagé (l’excommunication, le banissement) nous sommes prêts à payer cher, payer de nous mêmes 😦

      je t’embrasse et te souhaite une belle fin de semaine

      Frédéric 🙂

  3. Il en faut du temps pour se déconditionner de notre surmoi comme dirait Freud, les interdits intériorisés parentaux, de la société, de la religion qui s’en est servi, oui. Et de notre animisme, héritage de la petite enfance, comme le monde tourne autour de nous…Tout un travail de lâchers !!!

  4. —> Bonjour, chère Ambre,

    Il me semble que pour la majorité des hommes s’il n’y avait pas ce sentiment de culpabilité profondément ancré en eux, ils vogueraient perpétuellement et en toute liberté dans leurs égarements…
    Les lois n’existent-elles pas dans ce sens afin que les hommes viennent à vivre dans le respect des autres ?
    Quand la paix est en soi, aucune culpabilité n’a besoin d’être et aucune loi n’a besoin d’exister, donc aucune croyance est nécessaire puisque seule la paix est, mais ce n’est pas pour tous les hommes que la paix est naturellement ancrée dans les gênes.

    Bien chaleureusement, Jack qui vous souhaite une douce continuation.

  5. Je suis en train de lire « Bonheur de la méditation  » de Yongey Mingyour Rinpotché » et je découvre à chaque page exactement ce que je cherchais depuis si longtemps : les réponses de quelqu’un qui est allé sur le terrain, si je peux m’exprimer ainsi (en fait tous le font et l’ont fait) . Rinpotché s’est beaucoup interessé aux travaux des occidentaux sur l’anatomie et la physiologie du cerveau , et il participe très activement à des expériences où l’on enregistre l’activité cerébrale pendant les états de méditation. Il rapproche ces résultats de sa propre expérience méditative et conclut que tout converge – science et bouddhisme. Moi-même très portée à ne croire que ce que je peux toucher, je suis rassurée (si j’avais besoin de l’être) et vraiment très intéressée par le récit de Rinpotché qui n’hésite pas à raconter ses dificultés personnelles – il était un enfant et un adolescent tourmenté par des crises d’angoisse – et il explique très clairement comment la méditation l’a guéri de cette affliction qui aurait nécessité, en occident, un traitement médicamenteux très lourd.
    Il me reste à lire un peu plus de la moitié du livre, qui explique, un peu plus loin, cvomment méditer. J’extrais (au hasard !) cette citation :
     » La bonne nouvelle est qu’une bizarrerie biologique dans la structure de notre cerveau nous permet de passer outre un grand nombre de prédispositions génétiques ».

  6. « Devant Dieu nous ne sommes pas face au prologement divin de notre être mais devant une altérité radicale qui nous appelle à une rencontre et un dialogue. Nous ne sommes pas invités à le rejoindre en nous fondant en lui ,comme dans notre élément premier et originel, mais en nous situant en face de lui dans la liberté d’une réponse personnelle. »

    Michel Rondet s.j

    • bon pourquoi pas, encore que pour moi, chère Bérangère, c’est cette notion d’altérité qui fait que j’ai du mal ! 😯

      chaleureusement

      Frédéric 🙂

  7. 😉 :-)… soudain me saisit comme une très très légère sensation de culpabilisation…. sans fondement bien entendu !

    Si loin, si proche, Mutti t’embrasse.

    • Que ne pouvons-nous être autre et autrement que dans ces pauvres conditions « d’être matériel » soumis aux états du mental, aux affections du désir, aux mouvements de passion, aux réactions des sens, au jeu fort limité de la raison en ce monde de dualité extrême, aux variations des sentiments et du sens « moral » que fabrique la pensée…

      Que ne pouvons-nous cesser de « jouer » avec les pensées, les idées, les mots, les grandes phrases… nous prenant pour ce qui jaillit de la tête… ou d’où l’on ne sait où…

      Que ne pouvons-nous cesser de croire, ou de ne pas croire, programmés ou non pour quelque devenir insoupçonnable…

      Que serons-nous lorsque toutes les questions se seront échappées de ce très étrange principe de circulation intellectuelle ?

      En quel espace de notre conscience d’être se situe le besoin, le désir, de connaissance ?

      Sommes-nous certains, « d’être » ? …

      Peut-être est-ce tout simplement là, en ce doute,
      que réside nos croyances,
      que se maintient l’espérance…
      de ne pas être « Rien »,
      d’avoir un Père, une Mère…
      d’être un Fils ou un Bouddha …

  8. Excellent article. Il importe en effet de compléter l’approche traditionnelle (philosophique, etc …) du phénomène religieux, par une approche psycho-neuro-physio-génético- éducative.
    Avant de conclure que « l’expérience mystique mobilise plusieurs régions du cerveau et non un centre unique, le Canadien Mario BEAUREGARD, neurophysiologiste croyant, financé par la Fondation chrétienne Templeton, avait d’abord espéré trouver dans le lobe pariétal droit l’ « antenne » que Dieu y aurait placée pour recevoir sa Révélation. En vain, évidemment.

    L’anthropologue Davis Sloan WILSON a raison de voir dans la religion un mécanisme évolutif de « sélection de groupe » en vue de sa survie.
    Deborah KELEMAN et Paul BLOOM ont compris, après Jean PIAGET, que l’enfant est animiste : il attribue une volonté et une intention à ce qui l’entoure. C’est logique : déjà, par anthropomorphisme, les premiers hominidés pensaient pouvoir se protéger des forces de la nature par des sacrifices offerts aux « puissances » qui en étaient responsables à leurs yeux.

    Mais aucun de ces auteurs n’évoque la condition sine qua non pour que la foi apparaisse : avoir reçu une éducation religieuse, confortée ensuite par un milieu croyant.
    Les enfants de parents incroyants en témoignent a contrario.
    Déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc aussi, depuis toujours comme mécanisme de défense, la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il rationnellement qualifié d’ « authentique, épuré, présence Opérante du Tout-Autre », etc …

    Par ailleurs, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (centres de la peur, et donc pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …

    L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.
    On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale …

    Pourquoi la soumission est-elle commune à toutes les religions, surtout dans l’islam ?
    Comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’a pu survivre que parce que l’évolution animale avait pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu …).
    Cela expliquerait que toutes les religions aient réussi aussi longtemps (mais de moins en moins sous nos latitudes) à imposer la soumission à un dieu et à des textes « sacrés », et que les sectes réussissent à exploiter la « quête de sens »…

    Il va de soi que les neurosciences ne démontreront jamais l’inexistence de Dieu (toute inexistence est indémontrable), mais elles tendent à démontrer son existence imaginaire et don illusoire. La foi restera pourtant toujours un droit légitime, d’autant plus respectable, à mes yeux, si cette option a été choisie aussi librement que possible, sur base d’une information minimale, objective et non prosélyte, permettant de croire ou de ne pas croire.
    Mais on en est encore loin …

    Michel THYS

    • Merci Michel pour cette longue et très interessante réponse

      Tu as raison de clarifier d’où parlent les chercheurs, et la célèbre fondation Templeton indique déjà en général les objectifs de la recherche, merci de cette précision.

      Il est certain que les études en cours ne peuvent pas prouver l’existence de Dieu dans le cerveau humain, qu’y a t il à prouver ??? Comme le dit Richard Dawkins :
      « ce qui importe, ce n’est pas si Dieu est réfutable (il ne l’est pas) mais si son existence est probable. » or toute expérience sur le cerveau ne prouvera jamais sa probabilité mais éventuellement seulement que la croyance en Dieu est une réalité ou un besoin du corps.

      Sinon au delà de Sloan WILSON et de ses hypothèses de la religion comme mécanisme évolutif de « sélection de groupe » , toujours le même Richard Dawkins (qui a écrit la BIBLE 😆 de l’athéisme) donne plusieurs hypothèses pour montrer en effet que la religion, soit directement, soit indirectement a pu continuer d’exister et de prédominer car elle apporte des avantages sur la continuité des espèces, mais encore une fois cela ne prouve en rien l’existence d’un Dieu et cela ne l’absout pas de tous ses défauts majeurs

      Je suis plus circonspect par contre par rapport à ce que tu évoques sur la nécessité d’avoir reçu une éducation religieuse et/ou vivre dans un milieu croyant pour devenir soi même croyant. cela est peut être juste sur la durée d’une génération, mais au delà les croyances peuvent se construire en fonction de cette projection enfantine animiste
      Néanmoins je suis d’accord avec ce que tu écris, et les recherches que tu évoques, que l’éducation religieuse et/ou le contexte croyant ancre des possibilités de croyances en l’enfant, mais cela peut aussi déclencher l’inverse par réaction 😉

      Par ailleurs je pense que ce penchant , ces croyances, venait aussi renforcer le côté « artiste et poète » de l’humain, que je pressens comme faisant partie de ces capacités (mais je serais bien incapable de développer directement son utilité dans la sélection des espèces, encore qu’il soit possible de montrer (ce qui a été fait par des études, mais c’est un autre sujet) comment la compassion (et peut être est elle aussi proche dans sa sensibilité de ce côté artistique) fait partie des bases de l’humain, car nécessaire à sa survie de groupe)

      Par la sédantarisation de l’humain, est apparu les classes sociales et la prise de pouvoir, les croyances se sont institutionalisées pour asseoir le pouvoir d’une certaine partie de la population (les prêtres) et c’est en ce la que les croyances religieuses sont devenues sources de prises de pouvoir de l’humain sur l’humain (et sur la nature, cet humain ne se situant plus dans la nature, mais au dessus d’elle).

      Pour revenir à l’éducation, il est certain qu’il serait plus intelligent d’apprendre à apprendre toute sa vie, que de chercher à faire rentrer dans ds moules.
      Comme je crois en cette capacité, cette aspiration, à la transcendance chez l’humain, nous avons essayé de faire passer à nos enfants, ce sentiment d’humanitude (comme l’appelle Jacquard) au delà des religions pour leur laisser ensuite la possibilité adulte ou même éventuellement ados (?) de faire leurs choix
      Mais il faut bien avouer que si leurs choix sont différents ils sont au mieux agnostique mais plus athée 😉

      La lecture de Dawkins sur la soumission / religion est en effet très intéressante, j’aurais peut être l’occasion d’y revenir ici, un jour
      il est vrai que parler d’athéisme sur un blog spirituel (qui parle de l’esprit en l’humain) peut paraître surprenant voir choquant 😉 d’ailleurs les stats de visites baissent toujours les jours où il y a de tels billets 😉
      mais je ne parle que de mon cheminement, mes interrogations, mes doutes, mes hypothèses
      pas de certitudes 🙂 mais de qui (m’)aide à se sentir plus ouvert sur le monde et les êtres vivants

      chaleureusement

      Frédéric 🙂

  9. Je ne suis pas sûre que ce qui me vient à l’esprit en lisant ces derniers commentaires ne soit pas « hors-sujet », néanmoins ce qui m’apparaît est que toute affirmation est réductrice : Dieu existe, Dieu n’existe pas (et, partant, toutes les « démonstrations » qui s’ensuivent et toutes les opinions et recherches scientifiques qu’on pourra avancer). Réductrice de « réalité » (terme quasi sulfureux !). La croyance et la non-croyance se donnent la main pour asservir ou libérer, au même degré, et elles sont interchangeables, comme le montrent de nombreuses personnes qui ont choisi la foi malgré une enfance ‘athée », ou l’inverse : professer « Ni Dieu ni Maître », ce qui revient strictement au même en terme de soumission à une croyance.
    Il reste finalement ce besoin aussi vieux, je suppose, que l’humanité, d’interroger les étoiles et de croire (ou l’inverse !) en quelque chose de plus grand que nous. Serait-ce, confusément, l’intuition que nous sommes plus que ce que nous savons de nous ?

    • Deux choses dans ce que tu dis, il me semble petite Mifa 😆 et très certainement scarabée 😆

      Pour la croyance en la transcendance, je pense en effet que c’est qq chose qui suit l’humain dans son évolution ou l’inverse
      que cette transcendance se trouve au delà des mots, pour certain elle peut passer par la religion , pour d’autres par d’autres moyens non religieux

      Par contre il me semble qu’il est difficile d’opposer croyance / non-croyance, car cette dernière exsite-t-elle chez l’humain ? Je n’en suis pas sûr, je crois que nous vivons tous dans des mondes de croyances, mais que certains ont la faculté de les voir comme croyances, que certaines sont plus limitantes que d’autres qui sont plus des aides pour développer plus de solidarité, de soutien, de compassion, d’amour, de joie, de sagesse
      Mais on ne peut pas mettre dans le même panier croyant en un dieu créateur et athée, il me semble que les principes de vie qui en découlent sont complètement différents
      mais être athée ne veut pas dire qu’on soit « éveillé », l’égo peut jouer encore fortement des tours, voir conduire à des conduites dictatoriales, mais elles ne s’appuiront pas sur le dogme de l’athéisme
      en tout cas c’est ce que je crois 😉

      je t’embrasse ma grande 😀

      Frédéric 🙂

  10. O.K., mon petit (autant que j’en profite…pour une fois !!! 😉
    Croyance et non-croyance sont fondamentalement identiques, dans les deux cas il y a croyance dans un système : c’est ce que je voulais dire. J’ai connu un militant pro-tibétain, grand admirateur du Dalaï Lama, qui n’était pas du tout bouddhiste. Mon père, athée, se disait raciste et anti-juif, mais il a sauvé pas mal de juifs pendant la guerre et plus tard hébergé gratuitement une jeune étudiante noire qui ne trouvait pas à se loger. Ce que je voulais remarquer, c’est que des croyances non déistes peuvent conduire aux mêmes comportements qu’une foi (déiste ou pas ). J’ai des amis cocos qui ont plus de générosité que je n’en aurai jamais… On ne peut guère généraliser, si l’on songe aux « grenouilles de bénitier »… C’est l’humain qui vit et agit. En revanche, on peut s’enfermer dans un système qui devient très réducteur (ni dieu ni maître) : c’est là que foi et non-foi sont identiques dans leurs effets. Évidemment, la solution est d’éviter l’enfermement… pratiquer l’ouverture, avec un critère : le bien de tous. (scuse, tu connais et pratiques déjà…)

  11. Bonjour Frédéric,
    Je viens seulement de lire ta réponse à mon commentaire.
    Il est exact que la croyance ne résulte pas nécessairement d’une éducation religieuse, même si c’est le plus souvent le cas. Il y a en effet des ados qui, par réaction à une éducation athée ressentie comme dogmatique voire intolérante, se tournent vers des influences religieuses.
    Chacun cherche à donner un sens à son existence, et je ne peux que regretter que l’humanisme laïque, pourtant capable de de développer l' »humanitude » et de donner un sens à l’existence qui ne soit pas aliénant, soit si peu connu. C’est que cet humanisme répugne à tout prosélytisme et est évidemment occulté par les religions et ceux qui les soutiennent politiquement. C’est pourquoi, pour tendre vers un meilleur « vivre ensemble », je suis partisan d’un système éducatif pluraliste qui proposerait à tous une double information minimale, progressive, objective et non prosélyte, d’une part sur le « fait religieux » (les différentes religions, ce qu’elles ont en commun) ET d’autre part sur le « fait laïque » (la laïcité philosophique, ses principes de libre examen, d’ouverture et d’acceptation de la différente enrichissante de l’autre, ses valeurs humanistes, ses options, ses objectifs, la spiritualité laïque, etc …). Le bouddhisme, que je connais mal, me semble une voie alternative très intéressante.
    Nous aurons peut-être l’occasion d’échanger nos points de vue à propos de la spiritualité laïque, de la transcendance humaine, horizontale, plutôt que verticale.

    • Présenter le fait religieux, ou / et une histoire des religions, me semble en effet qq chose de très positif, mais il faut un sacré comité des sages pour parler de cela
      un de mes petits fils demande « Dieu existe ou pas ? »
      facile apparemment à répondre
      mais quand on sait que le grand père de l’autre côté est croyant / pratiquant dans une des religions monothéistes, et que je souhaite ouvrir le petit fils à la réflexion mais pas le mettre en porte à faux (à 5 ans) devant son autre branche parentale
      j’en ai fait une BD pour lui
      donc j’imagine la difficulté pour un enseignement national
      Pour l’humanisme laïque peut être qu’il est trop représenté par certains hommes politiques un peu trop radicaux et qu’il manque de Jacquard ?

      Pour le bouddhisme c’est une voie ouverte, mais certains peuvent AUSSI très bien la fermer
      le principal avantage par rapport aux autres religions, c’est qu’elle n’est pas une religion révélée, et donc la parole transmise peut être mise en cause puisqu’elle ‘nest pas divine, le Bouddha lui même dans ses derniers mots a dit (de mémoire) « ne croyez rien de ce que je vous dis, expérimentez le »

      c’est pourquoi certains disent que c’est plus une philosophie qu’une religion mais pour avoir rencontré aussi le bouddhisme dans des régions reculées de l’Himalaya par exemple, je peux dire qu’il est réellement vécu comme une religion (quasi révélée) et je pense que c’est pareil avec le zen au Japon et les temples qui sont des charges qui se transmettent financièrement d’une manière héréditaire, un peu comme les charges notariales chez nous 😉

      chaleureusement

      frédéric

  12. @ Frédéric.
    Ma réponse est partie trop vite !
    Je voulais ajouter que si l’animisme de l’enfance subsiste parfois à l’âge adulte, il me semble que les croyants, a fortiori les créationnistes, ne peuvent pas concevoir que l’univers pourrait avoir toujours existé, avec une infinité de big bangs et big crunshs, et que l’origine et l’évolution des êtres vivants aient pu avoir eu lieu sans l’intervention d’un « grand architecte de l’univers » ou d’un dieu. Ils ne semblent pas se rendre compte que cette attitude anthropomorphique est pour le moins suspecte d’être une une simplification sécurisante et illusoire.
    Il est vrai qu’à notre échelle moins que centenaire, il est difficile et même impossible, de se représenter une durée aussi longue des millions d’années et l’influence qu’elle a eue sur l’évolution, par complexifications, adaptations, mutations successives et aléatoires, au fil des bouleversements climatiques ( qui expliquent d’ailleurs l’absence de « chaînons manquants).

    Bien amicalement.
    Michel

  13. Mes petits enfants aussi, éduqués laïquement, entendent certains de leurs condisciples leur parler de « Dieu » et, chacun à leur heure, ils me demandent un jour : « C’est qui ce dieu » dont j’entends parler ?
    Heureusement, leurs grands-parents paternels, bien que catholiques, respectent l’éducation des parents. D’autres hélas, mais c’est heureusement rare, profitent de l’absence des parents pour obliger les enfants à prier à table, et même pour les faire baptiser … ! Bonjour les inévitables « retombées » … !
    Hélas, quand les autres grands-parents sont musulmans ou juifs, le prosélytisme est parfois plus problématique.
    Bien évidemment, il faut préserver le libre choix ultérieur des convictions futures des enfants. Mais faut-il pour autant s’abstenir de dire ce que l’on pense ?
    L’agnosticisme ne risque-t-il pas d’être perçu par eux comme la peur de s’engager ou d’oser dire ce que l’on pense ? Je pense qu’il faut dire aux enfants que les uns pensent ceci, les autres cela, que c’est le bon droit de chacun, et que chaque enfant décidera plus tard, en connaissance de cause et aussi librement que possible. Cela dit, je leur explique pourquoi je suis athée et donc pas croyant : je leur dit d’abord qu’à mon avis, croire en un dieu, c’est une manière simple de répondre à ce qui fait peur ou est inconnu, et à ce que la science n’a pas encore découvert, et que cela dépend surtout de ce que les parents disent à leurs enfants. Mais j’insiste sur le fait que si des parents croient en « Dieu », c’est évidemment leur droit et qu’il faut le respecter.
    Ensuite, s’ils sont encore attentifs, ou alors plus tard, à l’occasion, j’embraye sur le créationnisme : soit une « puissance supérieure » qui a tout créé (mais alors qui l’a créée, elle ?), soit une réaction biochimique à la suite de la chute d’un gros météorite qui, sur notre seule planète, a produit la première cellule, devenue ensuite capable de se reproduire, puis, en d’autres millions d’années, une évolution qui a aboutit à l’être humain, qui n’a pas fini d’évoluer. Un enfant de six ou sept ans est tout à fait capable de comprendre qu’à la suite de nouvelles conditions climatiques, des poissons ont dû sortir de l’eau, que leurs nageoires sont devenues des pattes, etc … Et même que – en simplifiant – ,dans la ventre de leur mère, l’embryon « récapitule » les étapes de l’évolution. De toute manière, cette « influence intellectuelle » me paraît plus honnête que celle, affective et donc non raisonnée, d’une éducation religieuse, heureusement en perte de vitesse, du moins sous nos latitudes.
    Bien à vous,
    Michel

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