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La réalisation

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Suivant le bouddhisme la cause de toute la souffrance est dans la mauvaise compréhension de ce que nous sommes réellement et pourtant nous avons tous les mêmes besoins universels de chercher à ne pas souffrir.

« Que nous soyons blancs, jaunes ou noirs, quelle que soit notre classe sociale et quel que soit notre âge, nous avons tous, êtres humains et même les animaux, et jusqu’au plus petit insecte, le sentiment que nous sommes un «moi ».

Si nous ne comprenons pas la nature de ce moi, nous savons pourtant tous ce qu’il désire: éviter la souffrance et obtenir le bonheur; nous nous en sentons le droit, et nous l’avons. »

Tenzin Gyamtso

Ne pas vouloir souffrir, ne suffit donc pas à ne pas souffrir.
En fait ces deux points sont liés, car il est nécessaire de d’abord comprendre la nature de notre être pour ne pas souffrir dans cette vie. Comprendre ce que nous sommes c’est accepter de vivre dans l’insécurité et accepter la non permanence de notre moi, de l’image que nous avons de nous-même et de ce qui nous entoure.

« La notion de sécurité est fondée sur le sentiment qu’il y a quelque chose en nous de permanent, quelque chose qui survit à travers toutes les époques et les changements de la vie. Nous luttons pour assurer de la permancence, la continuité et la sûreté de ce noyau persistant, de ce centre et de cette âme de notre être que nous appelons « je ». en fait, nous ne comprenons pas qu’aucune sécurité n’est possible si nous ne réalisons pas que ce « je » n’existe pas. »

Alan W. Watts

De même que le Bouddha a enseigné des milliers de sortes de méditation, nous pouvons dire que les moyens qui sont à notre disposition pour sortir de la souffrance semblent aussi nombreux qu’il y a d’êtres vivants et de leurs conceptions propres du bonheur.

« Donc si la base de notre motivation est la même – éviter la souffrance, obtenir le bonheur -, nos moyens humains de l’accomplir sont multiples.
Sont aussi multiples dans leur apparence les bonheurs que nous recherchons, mais leur base est la même. »

Tenzin Gyamtso

Alors la question que l’on peut se poser quotidiennement lors du choix de la voix spirituelle à emprunter, puis lors de l’exercice de celle ci :

« Comment savoir si on a atteint la plus haute réalisation? »

Lama Tarthang Tulkou

En fait il ne semble pas y avoir de réponse toute prête à ce genre de question. Il ne s’agit pas d’atteindre un état précis avec le risque de passer à côté ou de le dépasser. La réponse est intime

« La vraie clarté ne peut être reconnue que par l’expérience intérieure. On comprend tout simplement. »

Yongey Mingyour Rimpoché

Néanmoins un des moyens de reconnaître ce niveau de conscience différent sera justement dans la façon de considérer le « moi » vis à vis des autres.

« Lorsqu’une telle expérience commence à se produire, le sentiment de différence entre « moi » et « autrui » est remplacé par un autre, plus léger et plus fluide, d’identification avec les autres et avec le monde qui nous entoure. On commence alors à comprendre que le monde n’est peut être pas un endroit si effrayant; que les ennemis ne sont pas des ennemis, mais des gens comme nous, désirant à tout prix le bonheur et cherchant le meilleur moyen de l’obtenir. »

Yongey Mingyour Rimpoché

Dans la façon d’être et d’agir cela se manifeste par le sentiment d’être « juste » au sens de poser l’acte « qu’il faut » et non plus des actes en réaction par rapport à ce que nous vivons, ou simplement pour nous défendre.

« Quand on est libre, on ne (se) demande pas ce qu’il faut faire ou ne pas faire. La  libération, c’est la connaissance parfaite de la vérité, non obscurcie par des jugements de bien ou de mal.
Une fois que nous sommes éveillés, nous participons continuellement à la perfection d’être. »

Lama Tarthang Tulkou

Il ne s’agit donc pas d’être conforme à une doctrine mais de se sentir dans le courant de la vie.

« Il n’y a pas de méditant, pas d’objet à méditer.
Il n’y a pas de signes d’accomplissement,
pas d’étapes ni de voie à parcourir,
pas de sagesse ultime,
pas de corps de Bouddha.
Aussi le nirvana n’existe-t-il pas.
Tout cela n’est que mots, façons de dire »

Milarépa

Et être dans le courant de la vie c’est accepter celle-ci, sans lutter contre, et  en même temps sans fatalisme ou « à quoi bonisme » non plus. C’est accepter son insécurité, ses changements, son impermanence, son interdépendance.
Ce n’est donc pas d’être dans un état supérieur mais d’être en capacité de tisser d’autres liens avec la vie, les êtres, les situations.

« Nous avons à établir simplement un lien avec les choses qui surgissent dans les différentes situations de la vie »

Chögyam Trungpa

🙂

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28 Réponses

  1. Voila de quoi se sentir plus léger…Après avoir éteint l’eau, le feu, le gaz à tous les étages!!! 🙂

  2. « Ce n’est donc pas d’être dans un état supérieur mais d’être en capacité de tisser d’autres liens avec la vie, les êtres, les situations. »

    « Nous avons à établir simplement un lien avec les choses qui surgissent dans les différentes situations de la vie »

    Que dire de plus ! … le chemin est tout simple, tellement « ordinaire » que la pensée trop souvent, refuse cette simplicité….
    Mutti qui t’embrasse 😉

  3. —> Bonjour, cher Frédéric,

    Que se passe-t-il quand ce lien ne se réalise pas ? Comment se fait-il que la non-réalisation de ce lien ne puisse un jour voir le jour ? Mais, au fond, est-elle vraiment nécessaire pour se sentir « heureux », alors même que cette notion d’être « heureux » n’a pas besoin d’existence pour être ?

    Bien chaleureusement, Jack qui te souhaite une belle journée dans la joie et la paix du coeur.

    • Cher Jack, c’est une question fondamentale que tu poses.
      Je pense que ce lien avec la vie, peut toujours voir le jour
      Mais Il faut, il me semble, d’abord faire la différence entre les petits bonheurs & la grande félicité, tous deux peuvent être nommés bonheur, mais l’un dépend d’élements extérieurs, l’autre jaillit de l’intérieur.

      belle journée à toi aussi

      Frédéric 🙂

  4. —> Bonjour, cher Frédéric,

    Que se passe-t-il quand ce lien ne se réalise pas ? Comment se fait-il que la non-réalisation de ce lien ne puisse un jour voir le jour ? Mais, au fond, cette réalisation est-elle vraiment nécessaire pour se sentir “heureux”, alors même que cette notion d’être “heureux” n’a pas besoin d’existence pour être ?

    Bien chaleureusement, Jack qui te souhaite une belle journée dans la joie et la paix du coeur.

  5. Comprendre qui on est vraiment … Vaste travail ! Nécessite me semble-t-il de sortir des injonctions et alors ne plus être ce que l’on croit que les autres veulent qu’on soit …
    Je suis parfois surprise de la manière dont certains me voient. Et j’aime écouter ces regards.
    Ah ! ‘être capable de tisser des liens, seul, on n’y arrive pas. Me semble-t-il.
    Poéteusement

    • ben « la manière dont certains me voient » c’est nous, aussi 😉
      Amicalement, « MP »

    • Bien sûr qu’on a besoin des autres pour être soi, pour vivre, c’est toute l’impermanence, et la nécessité de la compassion et de l’amour

      « On éprouve dans son corps une représentation de soi qui fait que l’on se sent ou non « en sécurité ». Le « bébé préverbal » se regarde d’abord dans le regard des autres. Et cette image de soi dans le regard de l’autre provoque un sentiment qui s’imprègne organiquement dans le cerveau. Aujourd’hui, grâce aux neurosciences, on peut voir ce sentiment par imagerie.

      On constate que tous nos enfants, à l’âge de 10 mois, quel que soit le niveau socioculturel de leurs parents, ont acquis un style affectif. Pour la plupart, il s’agit d’un « sentiment de soi “sécure” ». Grâce à cette confiance en soi primordiale, ils multiplient les interactions. Faciles à aimer, faciles à aider, ce sont eux qui ont le moins besoin des autres. Mais beaucoup d’autres ont acquis un « attachement “insécure” ». Parce que la mère est malheureuse – son histoire, son mari, la société, la guerre… –, elle ne les sécurise pas.

      A ce moment-là, ces enfants s’adaptent au malaise de leur figure d’attachement par un « attachement glacé » : ils se sécurisent par des comportements autocentrés, n’ont pas d’élan vers les autres. Certains vivent un « attachement ambivalent », c’est-à-dire qu’ils ne sont bien que si leur figure d’attachement – homme ou femme – est là. Si elle s’en va, ils paniquent. Quand elle revient, ils se jettent dans ses bras, la mordent et lui tapent dessus parce qu’en partant, elle les a fait souffrir.

      Enfin, quelques enfants sont complètement désorganisés. Ils seront difficiles à socialiser, et nous adultes, parce que nous ne les comprenons pas, nous les aimerons mal et nous les aiderons mal alors que c’est eux qui en ont le plus besoin. L’aventure sociale commence par cette tragédie et cette injustice. »
      Boris Cyrulnik

  6. Finalement il n’y a rien à faire? :–)))) seulement ….Être dans l’instant présent .
    Amitié

    • ahahaha 😆
      Ne pas oublier le 10ème précepte :
      Ne pas se méprendre
      Ne rien faire c’est un peu tomber dans un nihilisme aquoiboniste ou naivement positiviste
      non, il y a à aller dans le sens de la vie, et cela il faut le faire ! 🙂

      Je t’embrasse chère Anne-Marie 🙂

  7. merci pour cet enrichissement encore une fois dans le renouveau des enseignements…
    encore encore et encore, réentendre, avec le coeur, avec tout ce qui n’était pas présent la fois d’avant…
    réaliser pleinement… rajouter des fils…élargir le faisceau…

  8. La réponse est intime..
    et toujours en mouvement.

    Comme un regard..
    Il n’y a rien à » faire « pour regarder
    et pourtant on s’aperçois de tout ce qui était en mouvement le jour où on perd la vue.

  9. Une phrase surtout m’a frappée (doucement!): Il ne s’agit pas d’atteindre un état précis avec le risque de passer à côté ou de le dépasser. On se demande longtemps si on est rendu ou si ça arrivera, et puis arrive un moment où on arrête de se le demander pour simplement continuer!
    Merci Frédéric!

    • oui tout simplement vivre
      mais pas se laisser vivre
      mais vivre, complètement

      je t’embrasse chère Michelle au bel anagramme 😉

    • quand on ne se le demande plus c’est qu’on y est 🙂
      Bonne journée Michelle 🙂

      • c’est en effet une forte probabilité 🙂
        l’autre probabilité sinon c’est qu’on est à mille lieux d’y être et qu’on en prend même pas conscience 😀
        le malaise, c’est quand on est en chemin, sans prendre conscience que le chemin est justement cette réalisation ! 🙂

        je t’embrasse

        Frédéric 🙂

  10. Et si le bonheur que je veux atteindre me fait souffrir à tout les jours ?

    • sujet difficile
      j’ai l’impression que tu parles de bonheur, ce qui pour moi signifie « être pleinement dans l’instant, ouvert à la vie et aux autres » et ensuite quand tu parles de l’atteindre, tu parles d’un bonheur imaginé et donc imaginaire, qui ne peut pas être le bonheur pour moi, puisque toujours situé ailleurs
      entraînant en effet souvent plus de souffrances que de satisfactions

      je n’ai pas de réponse, mais je me dis qu’une telle phrase (est ce réellement une question, malgré le ❓ de la fin ?) est une chance de s’interroger sur ce qu’on vit, ce qu’on fuit, ce qu’on projette in eternam

      chaleureusement

      frédéric ♥

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