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Zen et taoïsme – Bouddhisme et modernité

bouddhasouriants

Alors qu’on parle d’occidentaliser le bouddhisme, que des démarches très riches se font dans ce sens (Un Zen Occidental, Shambhala, Rigpa…) on peut regarder brièvement ce qui s’est passé en Chine lorsque le bouddhisme y fut introduit.

« Les cadres culturels, sociaux & mentaux de la Chine étaient radicalement différents de ceux de l’Inde, berceau originel du bouddhisme. Dans le processus d’acculturation, cette tradition y a pris une coloration bien particulière : le Zen, souvent vu comme un taoïsme recouvert d’un vernis philosophique bouddhique. »

Eric Rommeluère

En effet le Zen est une voie qui trouve son origine dans la culture chinoise, imprégné autant de l’enseignement du Bouddha que de celui de Lao Tseu.
Pour appuyer cela, une légende dit même que Lao Tseu, âgé, renonça à une vie sociale pour partir dans un lieu de retraite, d’où il disparu après avoir écrit le Tao Te King (Livre de la voie et de la vertu). On a jamais su où il partit et quand il mourut. Et c’est là que cette légende naît, qu’il  serait parti pour l’Inde pour y enseigner en tant que Bouddha.

L’histoire officielle dit que bouddhisme a été introduit en Chine par le moine indien Bodhidharma plus ou moins en 520 après JC.  Mais en fait le Bouddhisme était déjà connu en Chine depuis plus d’un siècle en particulier grâce au moine indien Kumarajva .

La création de l’école Tch’an par Boddhidharma, correspondrait plutôt à la concrétisation de la rencontre du bouddhisme et du taoïsme. Le Sutra de Vimalakirti par exemple, déjà traduit en chinois, était conforme aux préceptes taoïstes tel que l’Eveil ( Satori ) compatible avec la vie de tous les jours. Dans ce sûtra, c’est un laïque, Vimalakirti, qui enseigne aux disciples du Bouddha,  la Bodhichitta et répond par le silence, d’une manière tout à fait taoïste ou zen, à la question de la nature de la réalité.

Tao (do » en japonais, qu’on retrouve dans toutes les voies : Ju-do, AïkiDo, Karaté do …) est la Voie. C’est l’art d’harmoniser ce qui paraît opposé. Pour Lao Tseu dans son Tao Te King , le Tao n’est pas exprimable, et il faut s’extraire des passions pour en voir son essence, mais lorsqu’on est soumis aux passions, on le voit encore, mais sous une forme limitée.
Mais ces deux choses ont une même origine et reçoivent des noms différents.
Ce que Yongey Mingyour Rimpoché dit :

« L’esprit naturel est capable d’engendrer n’importe quoi, même l’ignorance de sa propre nature. Chaque fois que nous éprouvons de la peur, de la jalousie, du désir ou toute autre émotion qui contribue à notre sensation de vulnérabilité nous devrions nous donner une gentille tape dans le dos, car nous venons de faire l’expérience de la nature illimitée de l’esprit. Les pensées telles que « je suis laid », « je suis stupide » etc. ne sont rien d’autre qu’une sorte de boue neuronale qui obscurcit temporairement les qualités lumineuses de la nature de bouddha ou de l’esprit dans son état naturel. »

C’est toute la voie taoïste pour harmoniser ce qui paraît opposé : Ne rien faire (wu wei) et c’est  avec ce principe actif, car il n’est pas « laisser faire », mais « lâcher prise » dans la vie quotidienne, qu’on voit bien le lien entre le Taoïsme et le bouddhisme qui va devenir le TChan (Zen).

« Dans le zen, « école de l’esprit du Bouddha », le sage cherche à se conformer au cours des choses, à se rendre disponible et finalement à demeurer « sans idée ». »

Eric Rommeluère

Comme les maître chinois du passé on adapté à leur philosophie de la vie quotidienne, le bouddhisme, pour en faire cette magnifique voie qu’est le Zen, n’avons nous pas actuellement, plus qu’à occidentaliser le bouddhisme, à le mettre en lien dans la forme, avec la modernité actuelle, avec notre contexte de crises économique, écologique, humaine sans précédent , comme le propose Jean-Louis Duclos (lire l’article en entier) :

 » les bouddhistes devront se frotter, et le plus concrètement, possible à toutes les « déconnexions » et autres « intermédiations » qui obscurcissent notre vision des choses et nous aliènent. Identifier, prendre conscience, démonter, proposer une solution : tels sont les objectifs.

Il s’agira d’agir dans le concret : en premier se former, se doter d’outils pratiques pour retrouver suffisamment d’autonomie et de liberté d’action dans la vie de tous les jours et dans tous les domaines, pour pouvoir mener une vie pleinement consciente.

🙂

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17 Réponses

  1. —> Bonjour, cher Lung Ta,

    Il est certainement plus judicieux d’entrer dans la maison que de rester sur le seuil. A l’intérieur, l’on peut apprendre à faire la vaisselle, à y vivre l’humilité tandis que sur le seuil l’on ne peut que la contempler…

    Bien chaleureusement, Jack qui te souhaite une journée emplie de joie et de paix.

  2. Tiens donc ! Il semble que nous soyons « branchés » sur les mêmes fréquences… hihihi ! Il me souvient d’une profonde lecture de la parole de Tenzin Wanggyal (les prodiges de l’esprit naturel)… en lesquelles l’analogie de l’émergence des pensées avec ce jeu étrange qui consiste à frapper avec un marteau sur la tête des grenouilles qui apparaissent (je ne sais plus le nom de ce jeu)… en bref je me suis trouvée moi-même extrêmement (et joyeusement… quelle découverte !) frappée… ainsi lorsque tu cites Yongey Mingyour qui explique que nombre de pensées ne sont que la boue neuronale… le rappel du marteau me ramène un sourire reconnaissant puisque depuis lors à chaque émotion ou sentiment à l’apparence « boueuse » je m’empresse de bien la (ou le) regarder en face et de lui dire : » mais que viens-tu faire là, pas besoin de t’exciter comme ça et de venir me titiller et me déranger… Je t’ai vu mais tu n’as rien à faire ici ! »…
    C’est une sorte de « vade retro satanas » mais sans la peur du « diable », sans la peur ni la culpabilisation de voir surgir ces inutiles théâtralisations… Tout se termine dans un grand rire… Que d’énergie en toutes ces choses… de l’esprit…

  3. une grande différence: le bouddhisme fut introduit dans 1 chine qui etait comme une grosse bonbonne close, tandis que le bouddhisme arrive dans un occident totalement « poreux », par l’effet des médias .

    • Oui c’est pourquoi que plutôt qu’occidentaliser il peut s’agir de « moderniser », car cela peut être utile pour toutes les cultures

      • Je n’avais pas lu ceci avant de réponde plus bas. Moderniser quoi, au juste ??? Les quatre nobles vérités ??? :-))))

  4. J’ai une phrase de type de celles que cite Mingyour Rinpoché, et qui me sert à « boucher les trous », quand je ne trouve pas de réponse à la question du moment. C’est une manière de décrocher, de me moquer de moi, de m’ôter aussi tout jugement négatif sur moi-même puisque la phrase en question est comme un jugement définitif et sans appel, et un jeu – et me permet de sourire !
    Je suis moins sûre que fabriquer un bouddhisme à l’occidentale soit approprié. Après tout, les maîtres qui nous enseignent font eux-mêmes ce travail d’adaptation à l’Occident, sans perdre de vue l’authenticité de l’enseignement du Bouddha : ils enseignent souvent en anglais, voire en français, relient leurs exemples à notre vie quotidienne, vivent eux-même dans notre pays – ou d’autres pays occidentaux – et ils sont tout à fait capables d’identifier nos névroses culturelles. Un bouddhisme de plus est-il indispensable ???

    • Un bouddhisme de plus est-il indispensable ???
      c’est la question qu’ont du se poser les Indiens face aux Tibétains ou aux Chinois il y a bien longtemps ? :mrgreen:

      • Ben oui, justement… Et de l’eau a coulé sous les ponts, depuis. Et Chogyam Trungpa a déjà fait un pas important. Et de toutes façons il me semble que ça fonctionne , alors pourquoi vouloir à tout prix occidentaliser ?

  5. Maître Dongen disait :

    « Apprendre le zen, c’est nous trouver
    nous trouver, c’est nous oublier,
    nous oublier, c’est trouver la nature de Bouddha,
    notre nature originelle. »

  6. Je n’arrive toujours pas à faire la différence entre le bouddhisme et la taoisme :s !!

    • Bonjour, le taoisme n a pas grand chose à voir avec le bouddhisme, pour répondre à la question de l intervenant précédent : il n admet pas, en tout cas n enseigne pas le principe de la réincarnation ni ceux de l impermanence, de l interdépendance et de la vacuité .
      Franchement, ces deux philosophies n ont que peu de points communs si ce n est leur sagesse et en cela, elles se completent .

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